Le 15 mars 2012,
parution du numéro 3
L'écriture souriante
L’aventure de l’écriture inspirée s’amplifie. Quel jeu incroyable d’essayer de traiter de l’actualité en s’efforçant de ne pas juger. Imaginez: quand nous recevons l’information d’une catastrophe, nous classons immédiatement et inconsciemment les victimes et les bourreaux. Les victimes sont faciles à identifier. Par exemple dans le cas d’une catastrophe » naturelle » les humains morts ou disparus ou qui ont tout perdu…
Les bourreaux : les éléments naturels, ou Dieu (qui réglerait des comptes) ou le diable (qui s’amuserait à déclencher la zizanie) ou …les responsables des dérèglements climatiques. Là, nous avons des grands nombres de responsables à accuser.
Si bien que nous avons toujours deux camps. Et dans nos têtes, ces deux camps se font toujours la guerre. Plaignons les victimes et vengeons les! » Salauds de profiteurs et pauvres gens ». Notre petit discours intérieur se déroule ainsi presque à notre insu. Parfois si nous abordons le sujet avec des amis , les bourreaux peuvent changer et même s’intervertir avec les victimes mais le système reste identique : nous avons deux camps.
Si nous interprétons les évènements selon ces deux camps , c’est qu’ils sont ancrés dans notre subconscient et ils font partie des mécanismes de souffrance pour se sentir exister. Ca va se fonctionner même pour un accident à l’autre bout du monde? Bien sûr, cet évènement sert à alimenter le mécanisme de notre personnalité.
L’écriture que nous recherchons est au dessus de ce système. Il faut d’abord le voir à l’ oeuvre : Quelle émotion me déclenche cette information? je peux voir alors les deux camps et reconnaitre quels tendances ils évoquent pour moi dans cet instant. ma mort me fait peur? je suis le dominateur qui écrase, je suis le fétu de paille balloté par le vent? Une fois identifié , je peux m’apaiser . Puis examiner l’évènement plus tranquille, plus détaché, plus neutre.
Dans le N° 3 de REFLETS, l’équipe de rédaction a progressé dans cette lecture
Peut-être y serez-vous sensibles?
Je vous signale certaines rencontres à lire: celle avec Jean Vanier, fondateur de l’Arche.
Un être de foi magnifique.
Ou Michel Jonasz, que nous avons entrainé sur ce terrain.
Ou Jean Ziegler, si dévoué à la cause des pays pauvres.
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Christian Roesch