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DEMISSION DU PAPE

 

Dimanche 24 février , le pape a récité le dernier angélus , depuis la fenêtre de son bureau  avant son départ le 28 février.

La foule massée sur la place Saint Pierre, l’a remercié  manifestant son affection par des applaudissements nourris.

 

Après l’annonce de sa démission , beaucoup de monde, en particulier le monde médiatique, autant religieux que profane,  s’est posé la question :

A-t-il raison ? A-t-il tort ?,

Quelle indécence de juger ainsi   le chef de l’Eglise ! Sur quels critères, sinon sur  une agitation sentimentale propice aux rumeurs

Il faudrait être à ce niveau de responsabilité pour  avoir une opinion  de quelque valeur.

Prenons le problème autrement . A l’endroit où chacun peut se sentir concerné.

 Qu’est ce qu’une vie accomplie ?  Qu’est ce qu’une fin de vie réussie ?

Sans risque,  nous pouvons dire une vie accomplie est une vie qui, au moins dans la deuxième partie de l’existence,  s’est donnée aux autres dans l’amour .  Une fin de vie est  réussie lorsque la perte des fonctions biologiques qui nous coupe du monde nous rapproche de Dieu.

Moins voir le visible , pour mieux voir l’invisible.

Moins entendre les bruits pour mieux entendre au-dedans.

Moins marcher pour mieux goûter l’immobilité.

Chaque perte est soit une souffrance , une déchéance  soit,  acceptée,  une porte qui prépare le grand passage vers l’au-delà.

Cet enseignement, un peu abrupt  tellement il est rapide,   provient –entre autres – du vécu de fin de vie de Gitta Mallasz. [1]

Quand commence la fin de vie ?

Quand nous n’avons plus la force de poursuivre l’œuvre , la tâche qui nous anime.

Dans le meilleur des cas, nous avons préparé un élève qui va  prendre notre suite  et  imprimera peu à peu sa patte.

 

A la lumière de cette approche bien trop succincte  car pour la comprendre nous devrions  examiner la place de chacun des sept âges de l’existence, qu’en est-il pour le Pape ?

Il nous dit très clairement où il en est : il n’a plus la force  de diriger l’Eglise.    Il est à l’heure de la fin de vie. L’heure d’entrer dans cette intimité avec Dieu.

IL l’annonce  sans détour : « Le Seigneur m’a appelé à « monter sur la montagne », à me consacrer encore plus à la prière et à la méditation, mais ceci ne signifie pas abandonner l’Eglise, au contraire », a-t-il dit, juste avant la récitation de la prière. « Si Dieu me demande cela c’est précisément pour que je puisse continuer à la servir dans ce même dévouement et ce même amour avec lesquels j’ai cherché à le faire jusqu’à maintenant, mais de manière plus adaptée à mon âge et à mes forces ».

Nous ne pouvons que lui souhaiter de  réussir cette dernière partie de l’existence.



[1] Lire: La vie et la mort de Gitta Mallasz.

Patricia et Bernard Montaud, Lydia Müller

Ed. DERVY