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Michaël LONSDALE -Prier toujours et partout

Chacun se souvient de son interprétation de frère Luc dans le film Des hommes et des dieux. Ce rôle était à la hauteur de sa foi. « J’apprends tout doucement à aimer mon prochain. » nous dit-il avec humilité. De plus en plus, malgré son âge, il met son métier, sa notoriété, sa voix au service du message christique. « J’ai à coeur de faire des spectacles où la spiritualité est présente dans l’art. »

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Vous avez été baptisé à 22 ans. D’où vient votre foi ? Quelle en a été l’origine ?
Des petites approches très délicates. J’habitais en Angleterre. Mon père était anglais. Nous parlions cette langue à la maison. Un jour, ma mère m’a offert un livre The life of Jésus. Je l’ai lu, il m’a beaucoup plu. Mon père était protestant, mais non pratiquant. Maman était en pension en Angleterre quand elle était enfant. Elle ne devait pas être très sage, car on lui disait : « Tu finiras en enfer ». Dès qu’elle a pu, elle a pris la poudre d’escampette… Mais elle n’avait aucune hostilité envers le Christ, au contraire. Ensuite, nous sommes partis au Maroc poursix mois en 1939 et nous y sommes restés dix ans, bloqués par les guerres. Là-bas, se sont produits plusieurs événements, dont une tentative de récupération par des adventistes. Ils m’avaient emmené à une réunion. J’ai dit quelque chose à propos de la foi. De retour à la maison, la responsable a dit à maman que j’avais dit quelque chose d’étrange pour mon âge. Après, cela s’est mal terminé parce qu’ils ont voulu m’emmener à un week-end et moi, cela me rasait. J’ai préféré rentrer à la maison. La responsable m’a poursuivi avec un rouleau à pâtisserie.

Plus tard, j’ai rencontré un musulman qui parlait de sa foi le soir dans les cafés. Cela m’a intéressé, je trouvais beau ce qu’il disait. Je me disais : « Pourtant, je ne vais pas devenir musulman. » C’est le moment où nous avons quitté le Maroc, et où je suis venu dans ma famille française. À Rabat, nous avions une amie qui m’emmenait le dimanche à la messe. J’aimais bien cela. Je ne comprenais pas grand-chose. Une anecdote illustre mon degré d’ignorance : le deuxième dimanche, je dis à cette amie : « Qui est ce monsieur à qui on dit tout le temps : allez, alléluia ? Pourquoi il ne s’en va-t-il pas ? ». Cette même femme, qui plus tard a habité à Paris, m’a initié à la peinture moderne. Ensuite, j’ai voulu être comédien. Elle m’a conseillé d’aller à l’atelier d’art sacré : « Là, tu vas rencontrer des prêtres et des artistes ». J’y suis allé courageusement. Un père dominicain, le père Régamey, a fait une conférence sur l’art et la foi. J’ai eu plaisir à l’écouter.

Il me dit : « Écoute, je ne peux pas te parler là parce que je suis très pressé, mais viens me voir au couvent Saint Jacques, rue de la Glacière et puis on verra ». Je n’ai pas raté ce rendez-vous. D’entrée, il m’a demandé ce que je cherchais. En bafouillant un peu, je lui ai répondu que je voulais faire de belles choses, artistiques, pures. Après m’avoir écouté pendant plus de vingt minutes, il m’a dit : « Je crois que c’est Dieu que tu cherches ». Eh bien, c’était cela. Il m’a amené jusqu’au baptême.

Dans une situation où vous êtes contrarié, avez-vous une pratique particulière pour transformer cet instant pour être bien ?
Oui, c’est mécanique chez moi. Chaque fois qu’il y a un problème, je prie. N’importe où, n’importe quand, je prie l’Esprit Saint, toujours. Il y a des moments où je suis contrarié : il arrive que des gens me fassent des histoires pas possibles. Alors, je prie, je demande à l’Esprit de m’aider. On se sent très pauvre, on ne sait pas quoi faire. D’autres fois, ça va : si je peux aider les gens, je le fais volontiers. Je prie n’importe quand, n’importe où, dans le métro…

Vous décrivez de multiples formes de prières qui sont toutes très touchantes.   Quelle est la fonction principale de la prière pour vous ?
Pour moi, c’est entrer en présence de Dieu, Lui dire tout ce qui se passe, Lui demander de l’aide, échanger, contempler. Parfois, je m’arrête dans la rue, je ne bouge pas. Je dis de petites phrases en invoquant Jésus, Marie, Joseph, tout simplement.

Avec l’âge, la prière prend-elle un nouveau sens pour vous ?
Plus je prie, plus je suis content. Je sais que c’est le levier de tellement de choses. Il a dit : « Priez, priez », Marie aussi. J’apprends tout doucement à aimer mon prochain. Ce n’est pas toujours facile. Il est des hommes tellement bruts, méchants, durs, blessés à mort. Pour raisonner ces malheureux, je prie devant eux, souvent même quand ils parlent, parce qu’il faut écouter. Aimer, c’est une grande demande du Seigneur, la plus lancinante : « Aime ton prochain comme toi-même ». J’enseigne aussi cela aux gens qui ne s’aiment pas. Dans la communauté de l’Emmanuel, j’ai été tellement troublé en entendant des réflexions telles que : « Ce type-là, il peut crever, je ne ferai rien. Il peut aller en enfer, je m’en fous ». Pascal Ide, un père de cette communauté, me dit : « Cherche un peu dans leur vie. Quand on est jeune, on a la vie devant soi, on rêve que l’on va faire des choses formidables. Et puis il n’y a rien. Ces gens déçus se persuadent qu’ils ne valent pas grand-chose, qu’ils sont nuls. Ils ne s’aiment plus. Quand on ne s’aime plus, on n’aime pas les autres, on les accuse d’être responsables de cette situation, ce sont des salauds. Leur dire : « Attention ! Tu ne t’aimes pas, tu ne te considères pas, tu ne t’aimes plus », cela les fait réfléchir. Il faut dire ces choses-là. Il faut aider chacun selon les besoins.

Lire la totalité de l’article…REFLETS n°16 pages 74 à 77

Colocation solidaire – Etienne Villemain

L’association Lazare propose des colocations entre personnes qui étaient à la rue et des jeunes volontaires bénévoles.

Il y a neuf ans, au cours d’une retraite que j’ai faite au Béatitudes, une soeur a invité les personnes à tirer le nom d’un saint devant l’autel. Au moment de me lever, j’ai eu cette parole dans le coeur :

« si c’est mère Teresa, tu te mets en colocation avec des personnes de la rue ».

www.lazare

contact@lazare.eu

 

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Je suis tombé sur mère Térésa, avec en dessous, cette phrase : « vous n’êtes pas appelés à réussir mais à être fidèles ». Je n’avais au préalable aucune raison de m’engager auprès de cette population. Le lendemain, j’ai cherché à concrétiser cet appel. Je suis entré en contact avec Martin, qu’un ami commun nous a présenté, et nous avons déménagé pour habiter avec Karim, Rabah et Yves. C’était à la fois tout simple et extraordinaire. La condition sine qua non qui avait été établie, c’était d’avoir chez nous la « Présence Réelle ». Tous les matins, nous récitions les Laudes, la prière de l’Église, puis nous avions un temps d’Adoration.

Cette expérience a été bouleversante pour tous, et nous avons souhaité la proposer plus largement. Nous avons commencé à chercher des nouveaux lieux et des jeunes volontaires prêts à quitter leur habitation pour venir vivre en colocation avec des personnes ayant connu la rue. Aujourd’hui, nous sommes environ 200 à Paris et plus de soixante en province à vivre cette expérience.

Quel est votre projet actuel ?
Je ne suis plus en colocation depuis mon mariage, en juin 2012. Avec mon épouse, nous habitons depuis quelques mois dans une maison qui a vocation à accueillir des personnes en difficulté. Nous débutons les gros travaux dans quelques semaines et espérons pouvoir recevoir les premiers habitants à l’automne 2015. Comme c’est une maison à la campagne, elle aura en premier lieu une vocation au ressourcement profond des personnes, au contact de la nature.

Quel est le but de cet accueil ?
Le projet consiste à avoir des appartements non mixtes où cohabitent généralement 8 personnes, dont la moitié avait un logement, et l’autre moitié qui n’en avait pas. Nous favorisons l’autogestion. Chacun a un service, chacun participe au loyer. Un soir par semaine, les gens dînent ensemble. La violence physique et verbale est interdite. La consommation d’alcool ou de drogue n’est pas non plus autorisée. Nous développons également des séjours, des weekends et des retraites, qui permettent aux gens de changer l’image qu’ils ont d’eux, et simplement de développer des liens d’amitié et d’avancer dans leur vie quotidienne.

Comment vous y prenez-vous ?
Nous voulons avant tout laisser l’Esprit Saint conduire les choses. Nous accueillons une personne, puis l’autre, puis la suivante. Nous tentons de prendre du temps pour chacun, sans entrer dans des calculs de statistique de taux de réinsertion, qui met la pression à tout le monde. Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre, mais pour accueillir les gens (bénévoles, personnes de la rue, responsables) en vue du développement intégral de ce qu’ils sont.

Comment résolvez-vous les difficultés de la vie communautaire ?

Lire la suite….Revue REFLETS n° 16  pages 37 et 38