Tous les articles par Anita

ÊTRE LIBRE UNE RÉVOLUTION INTÉRIEURE !

Après des études en lettres modernes, Jean-Luc Kopp, outre son métier d’enseignant auprès de jeunes en rupture scolaire, s’est consacré à la psychanalyse verbale, puis à la psychanalyse corporelle. Il est à ce jour le président de l’Institut français de psychanalyse corporelle, www.psychanalysecorporelle.org

Longtemps, j’ai cru que j’étais libre ; je me trompais et je ne le savais pas. Comme tout un chacun, je pensais qu’être libre consistait à se défaire de toute contrainte et à décider de sa vie. Subir un papa violent, autoritaire m’a très tôt conditionné à tout mettre en œuvre pour avoir le choix, ne sélectionner que ce qui me plaisait. Devenir professeur de lettres, puis psychanalyste verbal m’a convaincu que je contrôlais ma vie, que je parvenais enfin à exister, à obtenir une reconnaissance, de la valeur. Il est vrai que les élèves difficiles dont je m’occupais ainsi que mes patients m’obligeaient à ne rien laisser au hasard. J’avais beau être sur le qui-vive en permanence, pour autant, je cessais de m’identifier au personnage du « petit con » dans lequel mon père me cantonnait. Le choix professionnel me permettait de croire que n’avoir ni Dieu ni maître représentait le summum de la liberté.

Pourtant j’aidais de travers, j’aimais de travers, mais je l’ignorais. Deux événements déroutants m’ont ouvert les yeux. Le premier, alors que je saisissais l’un de mes élèves à la gorge parce qu’il me narguait en terrorisant les plus faibles, me  permit de voir défiler un à un tous les moments où mon père m’imposait ses débordements violents, ses humiliations verbales. Moi qui croyais m’être affranchi de ce despote familial, je lui ressemblais : contre mon gré, j’étais mu par la même violence intérieure qui m’avait blessé et que je refusais. Rude désillusion : mes études, mes préparations de cours étaient un leurre. Cette réalité scolaire particulière mettait au défi ma revendication de liberté et de maîtrise.

Un second tsunami me fut nécessaire : la naissance de mon fils Arnaud qui s’éteignit au bout de quinze jours. Je devais me soumettre à l’évidence : je ne contrôlais rien. Plus question de m’appuyer sur ma petite personne, sur mes prétendues qualités de prof ou de psy. Tout volait en éclats. Je n’étais plus rien.

À l’évidence, ces épreuves étaient nécessaires pour que je puisse enfin apercevoir combien, alors que je me pensais libre et autonome, j’étais esclave de mes croyances. Le choix était simple : me résigner et nourrir une révolte contre tout et tous. Ou consentir à ces événements non choisis, et peu à peu me laisser enseigner par eux. Je ne savais pas aimer, pas plus mon fils défunt que ma propre personne, ou autrui à travers mes élèves ou mes patients. Il me fallait apprendre à aimer ma fragilité, ma vulnérabilité. Faute de quoi, je me condamnais à entretenir la conviction que je n’étais pas aimé, que j’étais sans valeur.

Mon ascension intérieure, initiée par de fracassantes épreuves extérieures, se prolongea grâce à la découverte de la psychanalyse corporelle. Mon parcours en psychanalyse verbale m’avait conduit, en définitive, à me fuir, à éviter de me rencontrer en intimité ; cette autre forme de psychanalyse m’offrit enfin la grâce de rencontrer un petit Jean-Luc sacrément abîmé. Jusque-là, j’avais peur de la souffrance et je me contentais de me la représenter. Désormais, il s’agissait de la revivre, de la prendre à bras-le-corps, de la ressentir dans toute son horreur. Conversion du regard et du cœur exigée et garantie.

Accepter ce qui a été  constitue le seul acte de
liberté possible

 

Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages47 à 49

L’ARDENTE RECHERCHE DE LA LIBERTÉ

La liberté est. Elle a cela de commun avec Dieu qu’elle
exclut le pluriel
(Victor Hugo)

 

Père Philippe Dautais

Philippe Dautais, prêtre orthodoxe (Patriarcat de Roumanie) est le fondateur et co-responsable avec son épouse Elianthe du centre Sainte-Croix en Dordogne où il anime des sessions et retraites depuis trente-deux ans. Il enseigne notamment  une pratique de la voie spirituelle chrétienne dans l’héritage de la tradition philocalique et hésychaste.Délégué à l’œcuménisme pour la région Sud-Ouest par l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), il est impliqué depuis dix-huit ans dans le dialogue inter-religieux. Il est l’auteur de : Le chemin de l’homme selon la Bible, aux éditions Desclée de Brouwer ; Si tu veux entrer dans la vie  et Eros et liberté, clés pour une mutation spirituelle, aux éditions Nouvelle Cité.
www.centresaintecroix.net

La question de la liberté a été de tout temps au centre de la réflexion des philosophes et de la tradition chrétienne. Le devenir de l’être humain s’articule autour de cette dimension axiale. Être en vie est une chose, devenir vivant en est une autre. Être riche de potentialités est une chose, les actualiser et les valoriser en est une autre. Être disposé à la relation est une chose, aimer en est une autre. Ce qui nous arrive est une chose, ce que nous en faisons en est une autre. Par notre liberté, nous sommes l’auteur de notre devenir, lequel n’est pas écrit d’avance. Chacun est porteur d’un élan vital qu’il peut ordonner vers la fraternité, vers un accomplissement ou le dilapider dans des dérivatifs illusoires ou pire mortifères. La liberté est cette possibilité de faire advenir à partir de ce qui est, de participer à l’élaboration de notre trajectoire existentielle. Elle qualifie chez l’être humain sa capacité de décision puis de transformation ainsi que sa possibilité de s’affranchir des conditionnements et des déterminismes. Selon la tradition spirituelle, nous ne sommes pas des êtres libres car nous sommes sous l’injonction de nos mémoires, de notre passé, sous l’influence des conditionnements socio-culturels et/ou religieux voire idéologiques, mais en capacité de nous libérer. La liberté n’est pas une réalité acquise, elle est en perspective. Pour saint Irénée de Lyon, au IIe siècle de notre ère, l’homme est, en vertu de sa liberté, responsable de sa destinée, « cause pour lui-même de son devenir », « artisan de son destin éternel » 1. Inachevé, incomplet, il est en voie d’humanisation.
1. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre IV, 4/3 et 19/1.

Les processus d’humanisation et de libération  vont de pair et s’appliquent sur deux registres : la  libération de l’emprise des conditionnements et  l’intégration consciente des énergies de vie.
Cette façon d’envisager la liberté est loin d’être  partagée par tous. La plupart des individus se  pensent libres. Au nom de la liberté, ils posent  des actes, engagent des processus, s’inscrivent  dans des spirales qui peuvent être mortifères. La  liberté est revendiquée et même érigée comme  une valeur absolue notamment par l’économie  libérale. Mais lorsque nous parlons de liberté, de  quoi parlons-nous ? Ne doit-on pas articuler la  liberté et la responsabilité, la liberté et la fraternité,  la liberté et la justice ou l’égalité ?

QU’APPELONS-NOUS LIBERTÉ ?

La liberté est une valeur fondamentale pour l’homme et pour les sociétés. Chaque être humain y aspire. Dans nos sociétés occidentales, elle s’affirme comme liberté d’expression, de  mouvement et fondamentalement comme liberté  de conscience. L’histoire a montré que cette liberté conquise de haute lutte est en adéquation avec le respect de la dignité humaine. Chacun doit être respecté dans sa liberté. Ce mot cependant recouvre plusieurs façons de la concevoir. Il est important de s’y arrêter pour sortir de certaines confusions voire d’illusions. Trois degrés de liberté peuvent être discernés :

La licence

Dans son usage courant, la liberté se confond  avec l’autonomie individualiste selon laquelle je peux faire ce que je veux, comme je veux, quand je veux, si je veux. Je peux gérer ma vie à ma guise en toute indépendance, donc je suis libre. La liberté est alors vécue comme l’expression de la volonté propre. Elle caractérise l’autonomie de  l’être biologique convertie en liberté du citoyen qui a des droits. « Le droit à », considéré comme  un dû, est la revendication première de l’individu.
On tend, dans nos sociétés occidentales, à tout ordonner à cette disposition, c’est dire au primat de l’individu sur la collectivité, est-ce à dire au primat de l’ego voire même de l’égocentrisme dont la vertu est de tout ramener au Moi triomphant ?

La liberté ne peut être dissociée du sens de la responsabilité

Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, il n’est fait mention  qu’une seule fois des devoirs, à l’article 29 :« L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible. » Cette déclaration établit une égalité des droits qui est fondamentale pour que soient respectés chaque homme et chaque femme. Ces droits soulignent surtout ce  en quoi la société est au service de l’individu, le devoir de l’individu envers la société est noté  de manière elliptique. Cette déclaration a pour  vocation de favoriser « le vivre ensemble ». Or, le  quotidien nous montre que l’usage des libertés et  des droits peuvent s’y opposer : lorsqu’au nom de  la liberté d’expression, on se permet de bafouer  les valeurs de l’autre jusqu’au blasphème, nous  participons à la fragmentation de la société et  introduisons un caractère conflictuel contraire à  la construction du « vivre ensemble » ; lorsqu’au  nom de la liberté, on se permet d’exploiter l’autre,  d’asservir des populations à la production pour  une plus grande rentabilité, la liberté devient  contraire à la fraternité.

Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages 42 à 44

 

LIBERTÉ : DE QUOI PARLE-T-ON ?

 


Christian Roesch

Maintenant entré dans cette tranche d’âge qu’est la vieillesse, le concept de liberté m’apparaît plus simple, comme si j’en avais fait presque le tour. Plus jeune, je n’en voyais qu’une partie, celle qui émerge au-dehors. Frais émoulu de la faculté, avec le droit de vote, des conquêtes féminines, la liberté pour ce jeune adulte signifie la liberté individuelle de faire ce qu’il a envie : s’installer où il veut, voter pour qui il veut, épouser qui il veut. La liberté est celle du vouloir.

Pourtant assez rapidement, il s’aperçoit que cette liberté est entravée par la société, même si les limites sont constamment repoussées (le mariage homosexuel, par exemple). Obligations, contraintes, sanctions délimitent le cadre hors duquel il est difficile de subsister. Chaque nation, et à l’intérieur chaque groupe (social, professionnel, familial, etc.), définit l’espace de liberté. La lutte sociale et politique pour la liberté consiste à déplacer les bornes précédentes.

Puis la crise de la quarantaine met en relief chez cet homme les souffrances personnelles, amenant à un travail sur soi dans la voie Artas 1. Quelle surprise de découvrir que les ressentiments – même sociétaux – proviennent de notre histoire personnelle ! Explication : à l’âge de 30 ans, il est un ardent défenseur de la liberté vaccinale, actif au sein de la Ligue Pour la Liberté des Vaccinations. Sa soif de liberté concernant la gestion de sa santé et cet engagement associatif proviennent des problèmes vécus dans la toute petite enfance.

À cette époque, le vaccin DTTAB se fait dans les huit jours après la naissance, avant la sortie de la  maternité. Le bébé se sent arraché de sa mère quand on l’emmène pour cette piqûre qui a lieu au milieu  du dos. L’effet conjugué de la douleur et de la peur  le fait cambrer comme les bébés atteints de tétanos  ombilical. Il a l’impression qu’on va le tuer. Étrange  ce sentiment, jusqu’à ce qu’il découvre, grâce à la  psychanalyse corporelle 2, qu’il a été sujet d’une tentative d’avortement par aiguilles l’atteignant précisément dans le dos 3. Depuis, l’idée de vaccin est associée à celle de tentative de meurtre. Et puis encore plus surprenant, ce travail sur le passé lui permet de s’apercevoir que chaque décision, même minime, est conditionnée par son histoire. Du choix de la couleur de sa voiture à sa répulsion pour les navets, ou encore au plaisir de manger des carottes, tout est analogie avec des moments-clés de son histoire, depuis la naissance
jusqu’à l’adolescence. Rien n’y échappe : ni le bulletin de vote ni le choix du conjoint.

1. www.artas.org
2. Bernard Montaud, Laisse parler ton corps, éd. Eyrolles.

Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages 40 et 41

Les pollutions environnementales

Dominique Eraud est spécialisée  en médecines « écologiques »  dites aussi alternatives  (acupuncture, phytothérapie,  nutritionniste). Membre fondateur  des colloques Écomédecines,  elle est la fondatrice et présidente  de la CNMSE (Coordination  Nationale Médicale Santé Environnement). Très sensible aux  maladies environnementales qui  se développent de plus en plus, elle propose ici de nous alerter sur les différentes pollutions qui en sont responsables.

TOUT D’ABORD QUELQUES CHIFFRES…

Les maladies environnementales, émergentes ou liées  à notre civilisation, représentent :
− 84 % des dépenses de santé ;
− 24 millions de personnes ;
− 92 % des affections de longue durée.

Mes études de médecine ne m’ont pas appris à  questionner les patients sur leur lieu d’habitation  par exemple. Vivre à proximité d’un incinérateur,  d’une antenne-relais ou d’une centrale nucléaire  a des incidences sur notre santé. Ces polluants  dérangent les réactions biochimiques habituelles en  les accélérant, en les ralentissant ou en les bloquant.

Il me paraît par conséquent indispensable de créer  des consultations de « médecine environnementale »  pour identifier les patients qui en sont atteints et que  ceux-ci soient reconnus et indemnisés comme tels.

Selon la conférence d’Helsinki de 1994, la définition  de la santé environnementale se définit ainsi :
« La santé environnementale comprend les aspects  de la santé humaine (y compris la qualité de la vie)  qui sont déterminés par les facteurs physiques,  chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et  esthétiques de notre environnement. »

IL EXISTE PLUSIEURS TYPES   DE POLLUTIONS 

La pollution par les ondes

Antennes-relais téléphoniques, téléphones portables,  irradiations nucléaires, médecine nucléaire… : des  études, l’une publiée dans la revue JAM 1 (juin 2012),  l’autre dans The Lancet 2 (août 2012) rappellent que  « le risque faible est un risque réel, qui augmente avec  la multiplication des examens irradiants. »
La question à se poser est celle du bénéfice par  rapport au risque : il est préférable d’éviter les  radiographies dont l’utilité est discutable car ces  examens répétés déclenchent des inflammations qui  seront le lit du cancer.
Il existe des remèdes en homéopathie et  phytothérapie qui minimisent les effets secondaires :  iodum, radium bromatum, uranium nitricum ; le  gingko biloba, l’argile verte, le miso, les algues, etc.

La pollution par les médicaments

Les antibiotiques, en particulier, agissent aussi en  détruisant la flore intestinale et en modifiant la  sécrétion biliaire, qu’il s’agisse de ceux prescrits  ou de ceux contenus dans les aliments comme  la viande, les œufs, les laitages. Alors se pose la  question de l’alimentation des animaux !! L’industrie  pharmaceutique contribue à cette pollution par la  fabrication de médicaments à base de pétrochimie,  entraînant la pollution de l’air et de l’eau et par  le déversement des déchets des hôpitaux et des  cliniques.
Il reste la problématique des médicaments périmés  ou non-utilisés, et n’oublions pas nos propres  déchets : urines, selles, etc.

La pollution par les métaux

Certains métaux lourds comme le cadmium, le  plomb, le mercure et d’autres comme le nickel,  le chrome, l’aluminium sont des polluants  fréquemment présents dans notre environnement :  gaz d’échappement, fumée de tabac, aliments, eau, vaccins, amalgames dentaires… ; il existe là aussi  quelques remèdes pour les neutraliser et pour libérer  l’organisme de ces métaux, comme des drainages à  base de jus de bouleau, d’argile verte, d’artichaut,  de radis noir ou encore grâce au Bol d’Air Jacquier,  appareil qui empêche le monoxyde de carbone de  pénétrer dans l’organisme.

 Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages 36 à 38

Qu’est-ce que la liberté pour un chrétien ?

Dominique Rey Évêque de Fréjus-Toulon

 

Titulaire d’un doctorat en économie fiscale, Dominique Rey exerce une activité professionnelle au ministère des Finances avant de suivre des cours à l’Institut catholique de Paris où il obtient une licence en théologie et un diplôme en droit canonique. En 1984, il est ordonné prêtre à Notre-Dame par le cardinal Lustiger pour le diocèse de Paris et devient membre de la communauté de l’Emmanuel. Il deviendra évêque du diocèse de Fréjus-Toulon en 2000.

La liberté est une dimension remarquable de la dignité humaine. Elle est même, dit le Concile Vatican II, « le signe éminent de l’image de Dieu chez l’homme » [1], puisque l’homme et la femme ont été créés par Dieu à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,27).

L’homme a chaque jour la mission de réaliser ce qu’il est, d’affirmer sans cesse sa liberté, et c’est ce qui fait sa grandeur. Pour pénétrer le sens chrétien de la liberté humaine, je l’envisagerai à la lumière de la Parole de Dieu et de l’enseignement de Jésus-Christ, notre libérateur.

Liberté & licence

Quelle définition pouvons-nous donner à la liberté ? C’est la faculté naturelle pour l’homme de choisir, de disposer de lui-même sans dépendre des autres, de se consacrer à faire ceci ou autre chose, d’agir d’une manière ou d’une autre. Pour autant, la liberté n’est pas la licence, c’est-à-dire faire tout ce que l’on veut, sans limites.

La liberté en effet n’est pas un principe formel creux. Nous pouvons librement choisir le mal, en ratant ainsi notre vie ; et librement nous pouvons choisir le bien véritable, réalisant ainsi la vie dans son authenticité.

Bossuet disait avec raison et profondeur : « La liberté n’est pas la capacité de faire ce que l’on veut, mais de vouloir ce que l’on fait. » Car l’homme n’est pas qu’un sujet de droits : il a aussi des devoirs. Et les premiers devoirs qu’il doit respecter, ce sont ceux que Dieu lui a donnés, c’est-à-dire les dix Commandements.

Dimension chrétienne

Dans le christianisme, la liberté est accordée par Dieu à l’homme créé à son image pour que, dans l’obéissance à Dieu, cette liberté ne se refuse pas mais s’affirme. C’est une liberté blessée mais que le péché n’annule pas ; c’est une liberté rachetée par Jésus-Christ et animée par l’Esprit saint.

La liberté chrétienne est une liberté que l’homme reçoit comme un don de Dieu. Uni à son Seigneur, il peut faire fructifier sa liberté dans l’amour. « L’homme qui aime Dieu s’identifie par l’amour à sa volonté et à ses commandements. » (Max Müller) L’amour nous aide à accomplir plus facilement et plus joyeusement ce que Dieu attend de nous.

Le pendant de la liberté, c’est la responsabilité : parce qu’il est libre, l’homme est responsable de ses actions devant Dieu, devant lui-même et devant les autres. Dieu nous a créés libres, et il respecte notre liberté. Mais il nous demandera de rendre compte de notre bon usage ou de notre mésusage de ce don, comme à l’intendant de la parabole. Au bon serviteur, il sera dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ! »(Mt 25,23), et au mauvais qui gaspille les biens de son maître : « Rends compte de ta gestion, car tu ne pourras plus gérer mes biens. » (Lc 16,2).

L’esclavage du péché

Dieu a créé l’homme et la femme libres. Mais le péché nous a rendus esclaves. Jésus le dit très clairement : « En vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave. » (Jn 8,34). Et l’on peut voir comme le péché rend triste, parce qu’il est une forme d’esclavage qui oppresse, tandis que la liberté rend joyeux.

Que de fois pourtant sous le nom de la liberté se cache un esclavage opprimant ! La liberté est un don, un chemin et une conquête quotidienne. Être libre consiste à savoir se libérer de beaucoup d’attaches et de mettre ses propres dons au service des autres. La liberté capricieuse et arbitraire est en réalité un manque de liberté.

Dans l’exercice du libre choix, l’homme doit se libérer de menaces intérieures et extérieures qui jouent contre sa liberté. C’est ainsi que nous ne pouvons pas servir Dieu et l’argent (cf. Mt 6,24), car la cupidité est une idolâtrie. Les plaisirs peuvent exercer aussi une domination despotique. Pensons aussi à toutes les formes modernes  d’addiction : drogue, jeux, téléphone, pornographie… Plus l’homme cédera à ces pouvoirs, plus ils le rendront esclaves, l’humilieront et le dégraderont.

Le chrétien est appelé à se libérer de tout ce qui l’empêche de s’élever vers son Seigneur. Chaque année, à la Veillée pascale, la liturgie prévoit le renouvellement des promesses du baptême. À cette occasion, le prêtre demande aux fidèles : « Renoncez-vous au péché pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu ? » Une réponse libre et résolue est alors attendue de la part de tous les chrétiens.

La liberté des enfants de Dieu est déjà apparue dans le présent du chrétien, mais nous attendons sa plénitude glorieuse (cf. Rm 8,14). L’Esprit saint nous rachète quotidiennement du penchant à l’esclavage, car « là où est l’Esprit du Seigneur, là est le libérateur. » (2 Cor. 3,17). L’Esprit est en même temps principe de liberté, d’amour et d’unité dans la vie du chrétien, de la famille et de l’Église qui est le Corps du Christ.

  1. 1. Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 1965, § 17.

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 33  pages  54 à 57

LE DIALOGUE INTÉRIEUR, COMME UN TROU NOIR

 

Nous avions déjà rencontré Philippe Guillemant, ingénieur physicien au C.N.R.S., pour son intérêt pour la physique quantique qui l’a amené à la spiritualité [1]. Il mène une recherche fondamentale en physique de l’information visant à réviser notre conception classique de l’espace-temps [2]. Il nous a semblé alors évident pour ce dossier de lui demander le point de vue du scientifique sur le dialogue intérieur.

Qu’est-ce qu’un dialogue intérieur ? Ne serait-ce pas ce qu’on entend parfois qualifier de dialogue avec l’ange ou avec l’univers ? On pourrait décliner de nombreuses versions de ce « retour sur soi », dont certaines aux propriétés transcendantes que seule une certaine retenue nous conduit à ne pas présenter ainsi, préférant donc parler de dialogue essentiel ou peut-être inspirant, beaucoup plus acceptable dans un milieu intellectuel où la relation corrige la pensée.

Ne comptez pas sur moi pour vous parler d’un dialogue politiquement correct, qui ne pourrait faire l’objet à mon sens que d’une analyse plus ou moins stérile à force de tourner sans fin autour du pot, comme s’il était un trou noir dans lequel personne n’ose entrer.

Une partie de l’univers est un monde imaginaire
où tous les miracles sont possibles

Sauf que les trous noirs, on n’y entre pas comme ça ; ils nous attirent inexorablement à plus ou moins long terme. Je vais moi-même accélérer votre entraînement dans celui qui fait déboucher dans l’autre moitié de l’univers, ce monde imaginaire où tous les miracles sont possibles. Laissez de côté vos réserves et ouvrez-vous à ce que la science physique nous enseigne.

Si vous demandez à un scientifique de base, armé de la meilleure volonté du monde, de bien vouloir donner son avis sur le dialogue intérieur version transcendante, cette méthode de « reliance » à soi qui pourrait favoriser une sorte de « magie de la vie » reposant sur les hasards porteurs de chance ou les synchronicités, sa réponse toute faite sera de qualifier cela de pensée magique, mettant en jeu deux sortes de croyances illusoires :

  • l’illusion que notre cerveau pourrait recevoir des informations de « l’univers », qui seraient susceptibles de nous orienter vers des intentions réalisables ; ou mieux encore,
  • l’illusion que nous pourrions émettre des informations à destination de « l’univers » ou de son « grand mécanicien », afin qu’il oriente le cours des évènements vers la réalisation de nos intentions.

S’agissant ainsi d’attribuer à l’état de conscience issu du dialogue des capacités extraordinaires couramment agitées par le « nouvel âge niais », ce scientifique s’empressera de corriger une telle croyance en l’attribuant catégoriquement à différents types de biais cognitifs qui nous font dévier de la pensée rationnelle. Comme il existe bien une multitude de tels biais, il aura sans aucun doute raison, mais la question reste de savoir si ces biais couvrent bien 100 % des cas de réenchantement du vécu à l’issue d’un tel dialogue. Or les personnes qui, tout comme moi, ont expérimenté dans la foulée des synchronicités en cascade et excessivement improbables savent d’expérience que de tels biais ne peuvent en aucun cas couvrir l’ensemble du phénomène.

Nos intentions, issues d’un dialogue intérieur,
sont capables de provoquer des effets dans notre futur

Maintenant, demandons à un physicien quantique à l’esprit ouvert d’analyser cette réponse réductionniste le plus honnêtement possible, à la lumière des progrès de la physique moderne. Il pourra aisément mettre en évidence que le scientifique de base s’enferme lui-même dans deux types de croyances devenues illusoires :

  • l’illusion que tout ce qui arrive est d’ordre matériel, et que nos états de conscience eux-mêmes sont issus d’interactions qui se produisent à l’intérieur du cerveau ; et pire encore,
  • l’illusion que tout ce qui arrive émane de la causalité, et qu’il ne serait donc pas possible de relier nos états de conscience à des évènements qui en sont matériellement totalement indépendants.

Notre physicien balayera donc cette interdiction, devenue pseudo-scientifique, qui est faite à la conscience d’avoir des fonctionnalités qui dépassent l’entendement de notre cerveau, en faisant référence au vide et à l’intrication. Il objectera d’une part que le vide étant plein d’informations, nul ne peut considérer la conscience comme réductible au cerveau matériel. Il objectera d’autre part que l’intrication quantique étant un phénomène extensible au niveau macroscopique, nul ne peut affirmer que des phénomènes indépendants au sens de la causalité, comme ici un état de conscience et des évènements extérieurs, ne sauraient être reliés d’une manière qui échappe à toute analyse réductionniste.

Il semblerait donc que nos deux camps soient finalement à égalité et qu’il soit bien difficile de départager l’adepte du dialogue transcendant et le rationaliste ordinaire, afin de déterminer lequel est le plus proche de la raison. Remarquons toutefois que cette indécision repose tout de même sur le refus de considérer les synchronicités comme des phénomènes scientifiquement recevables, sous le prétexte qu’ils sont beaucoup trop subjectifs. Car s’il s’avérait que ces phénomènes étaient au contraire reconnus comme inexpliqués, alors il faudrait bien considérer l’expérience de l’adepte au même titre qu’une expérience scientifique dont les résultats doivent absolument être pris en compte pour faire avancer la science.

Le dialogue intérieur aboutit à une véritable interaction
avec l’univers

Mais aujourd’hui, ce déni ne tient plus devant les découvertes de la physique. On oublie le plus souvent que la quantique n’a pas l’exclusivité des grands mystères de la physique dont l’interprétation ouvre à la spiritualité, loin de là. En ce qui me concerne, c’est plutôt l’étude de la physique du chaos qui m’y a largement ouvert en premier lieu, au point que je suis devenu par la suite l’auteur d’une théorie scientifique qui explique comment le dialogue intérieur aboutit à une véritable interaction avec l’univers. Il s’agit bien d’un véritable exercice transcendant de notre libre arbitre, mettant en jeu six dimensions supplémentaires de notre espace-temps qu’il est légitime de qualifier de dimensions intérieures.

Il est ainsi devenu rationnel de penser que nos intentions, pour peu qu’elles émergent réellement d’un dialogue intérieur, sont capables de provoquer des effets dans notre futur qui deviennent à leur tour les causes d’effets dans notre présent, lesquels se présentent sous la forme de coïncidences porteuses d’un sens qui a pour vertu de nous orienter sur notre chemin de vie.

Toutefois, l’inconfort ou la peur de penser hors norme freinera le lecteur qui découvrirait pour la première fois ce nouveau paradigme. Il lui restera beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir accepter une telle vérité, car bien d’autres illusions matérialistes sont à dégager avant de pouvoir simplement la mûrir :

  • l’illusion selon laquelle notre futur n’existerait pas encore, une croyance effectivement bien ancrée mais incompatible avec la théorie de la relativité, qui nous invite à penser que notre futur est déjà là ;
  • l’illusion selon laquelle tout ce qui nous arrive est déterminé mécaniquement, une croyance mécaniste persistante que la cosmologie et la physique quantique mettent pourtant à mal en nous parlant de multivers.

Mes propres travaux scientifiques me conduisent à proposer une version flexible du multivers qui contient les myriades de possibilités alternatives que nous avons de conduire notre vie, par l’exercice des deux propriétés fondamentales de la conscience que sont l’intention et l’attention.

Il s’ensuit qu’un retour sur soi réussi, grâce à un véritable dialogue intérieur, peut réellement faire émerger une intention correspondant à notre destinée idéale, celle qui nous est peut-être promise depuis fort longtemps, mais qui ne parvient pas à s’installer aussi longtemps que nous restons conditionnés par nos pensées, notre ego et nos émotions : ces automates fort utiles, mais qui finissent par nous plomber lorsque nous nous coupons de notre soi et de notre humanité.

Tout ce qui nous arrive dans la réalité extérieure
n’est en fin de compte que le reflet de notre vie intérieure

Il nous suffit alors de nous approprier cette intention, issue du dialogue intérieur, pour qu’elle tisse dans l’espace-temps les chemins vers la nouvelle destinée qui nous attend. Encore faudra-t-il que notre conscience soit capable de vivre le temps présent en prêtant attention à toutes les opportunités, en particulier ces fameux hasards qui portent avec eux toute la magie de la vie.

J’aurais tant à expliquer encore et encore pour démontrer la rationalité de cette magie qui n’est ni plus ni moins qu’une technologie de la conscience que nous découvrons à peine, tout comme un enfant au seuil de la puberté découvre à peine comment on fait les bébés.

La meilleure façon de la penser est de s’extraire de l’illusion même de notre réalité, cette véritable caverne de Platon dans laquelle notre cerveau nous enferme en nous faisant croire que la matière, l’espace et le temps existent réellement. Or la physique a accompli suffisamment de progrès pour qu’il soit possible d’affirmer aujourd’hui que le temps, l’espace et la matière n’existent pas et doivent être remplacés par la Vibration, l’Information et l’Énergie, c’est-à-dire la vie (V.I.E.).

Il en résulte que le dialogue intérieur, le vrai, devrait être compris comme le développement d’une faculté nous permettant de jouir de la vie, en ayant enfin compris que tout ce qui nous arrive dans la réalité extérieure n’est en fin de compte que le reflet de notre vie intérieure.

[1]. GUILLEMANT Philippe, « Le futur influence-t-il le présent ? », Reflets, n° 26, janvier 2018, p. 67.

[2]. GUILLEMANT Philippe, Le Pic de l’esprit, éd. Guy Trédaniel.