LES REVOLTES DU MAGHREB:LE PRIX DU SANG VERSE

 

vendredi 15 juillet 2011
La situation semble s’enliser en Lybie. En Syrie la répression est féroce.
Cependant une activité de fond se produit dans les consciences.
En Lybie, la population est encore tribale. Par la révolution , elle accède à l’idée de la démocratie. Et celle-ci ne peut fonctionner correctement que sur une conscience individualisée : “Ce que je veux, moi”.
Les dictatures s’appuient sur les clans, les tribus, les familles.
Par les souffrances et le sang versé, les lybiens seront exigeants sur le fonctionnement de l’état à créer.
Ils espèrent la fin des magouilles, du népotisme, ils attendent la fin de la surveillance policière, ils attendent la liberté. Ils espèrent travailler avec des règles clairement définies.
En Syrie, ils iront encore plus loin. La population s’est rendue compte qu’elle ne pouvait pas compter sur l’occident. Ils ont été lâchés pour des causes stratégiques anciennes. De ce fait , ils seront encore plus exigeants sur le futur fonctionnement de l’état et l’indépendance économique.
C’est une évolution accélérée pour les pays du Maghreb :
– vers la fin du pouvoir des dictatures.
– vers la perte du pouvoir des religieux
– vers le début d’ états démocratiques , laïques.
Plus les régimes anciens  résistent, plus la population s’affermit dans de nouvelles convictions :
– plus jamais un gouvernement appuyé sur une tribu.
– plus jamais de dictateur.
– plus jamais les ressources de la nation confisquées par un clan.
L’ Islam va subir dans ces pays la même évolution que le christianisme a eu en Europe.
– plus de gouvernement religieux. La séparation du politique et du religieux s’affirmera. Nous assisterons peu à peu à la laïcisation effective de ces pays. La pratique religieuse deviendra une affaire de plus en plus personnelle.
Les signes extérieurs religieux (tenue vestimentaire, minarets, fêtes etc) perdront de leur force. La religion s’intériorise. Elle perd en nombre et gagne en qualité.
Les religions qui s’ appuient sur les groupes sociaux provoquent les antagonismes culturels.
L’évolution  vers la pratique personnelle mue par un désir profond d’amélioration rejoint l’universel et devient facteur de paix.
Je ne suis pas naïf. La perte des repères religieux va aussi – et majoritairement – dans la direction de l’athéisme puis du matérialisme où s’enferre l’ego.
N’est-ce pas la loi de l’évolution: A tout progrès spirituel s’oppose une régression de poids équivalent?
Si bien que la vie progresse à pas lents à l’échelle d’une existence humaine.