A quoi sert un chemin spirituel? réponse de Lytta Basset

Lytta Basset est professeure de théologie protestante à l’Université de Neuchâtel (Suisse) et directrice de la revue internationale de théologie et de spiritualité, La Chair et le Souffle.www.2.unine.ch/lytta.basset

Lytta Basset réponds aux questions du dossier ” A quoi sert un chemin spirituel? “

Lyta Bassetcrédit photo: Stéphane Ouzounof

Qu’est ce qu’une voie?

Une voie? Je ne peux répondre que de mon point de vue qui est chrétien, parce que c’est ma tradition. Ce qui m’inspire, c’est la parole de Jésus dans l’Evangile de Jean : “moi, je suis le chemin, la vérité et la vie”. Dans les évangiles, quand Jésus dit “moi je suis”, je crois que cela signifie: je désire que vous preniez conscience de ce ” moi je suis” qui demeure en chacun-e d’entre vous. C’est comme si Jésus disait: ” moi je suis un peu avant vous, juste un peu en avant sur le chemin”.

Si nous revenons à “moi je suis le chemin, la vérité, et la vie”, je dirai que chaque être humain porte en soi, en quelque sorte, ce qui va le pousser sur son “chemin” propre et le conduire vers “une vie” féconde. D’un point de vue chrétien, c’est l’Autre, le grand A à travers les petits a, qui va lui révéler par où passe ce chemin: par une découverte de sa “vérité”.

Ce “chemin” me conduit vers la “vérité” qui parle en moi et m’achemine vers la “vie”. La vie comme Jésus la comprend, c’est la vie en abondance: non pas celle de l’au-delà mais celle de notre monde, la vie relationnelle intense, féconde, où on a de la joie à être en relation les uns les autres quand on perçoit la Présence qui nous habite individuellement, et qui se tient entre nous, dans l’entre-deux. Ainsi, on voit bien qu’il faut se déplacer, sortir de soi pour pouvoir avancer vers qui on est profondément, vers ce qui parle vrai au profond de soi, et que cette voie nous conduit vers une vie infiniment plus vivante  que ce dont on se contente trop souvent.

Mais c’est un chemin exigeant, “rocailleux” disait Jésus : il passe par un travail de vérité que tout le monde n’est pas prêt à faire; beaucoup ne veulent pas se mettre en route. Mais qui risque rien n’a rien. Personnellement, jusqu’à 33 ans, j’étais incapable de bouger.

C’est toujours quelque chose d’important qui met en route?

Pour moi, ce fut une crise dans ma famille d’origine comme il y en a partout dans les familles. Il a fallu cet effondrement. A partir de là, j’ai dû aller à la recherche de cette vérité qui est en moi …

 

Lire la suite…Revue Reflets n°9 – pages 18 et 19