Décroissance : moins de biens, plus de lien…Utopie ou réalité? Maryline Hubaud

Alors que la réflexion politique globale tend à rechercher les moyens de relancer la croissance économique à tout prix, certains  politiques, philosophes, penseurs, sociologues, économistes, hommes de foi se tournent aujourd’hui vers  cette conception différente de l’évolution économique. Comment peut-elle prendre corps dans la société d’aujourd’hui ?

 La décroissance  issue de différents courants de pensée s’inscrit dans un principe de transversalité tant elle initie toutes les recherches et tous les courants de pensée ; certains sont réactionnaires, d’autres marient l’écologie et l’économie, d’autres enfin la philosophie et la spiritualité. La question est en effet de savoir si nous pouvons de façon raisonnable continuer à espérer consommer plus, alors que nous sommes de plus en plus nombreux à nous partager un gâteau de ressources épuisables?

La décroissance  dans le monde philosophique et spirituel aujourd’hui

 La décroissance reste un principe profondément ancré dans les réflexions spirituelles. Ivan Illich s’opposait à la croissance économique à cause des menaces qu’elle fait peser sur l’environnement, sur l’autonomie des individus et sur leur créativité, sur leur capacité d’intervention politique ; Jacques Ellul également théologien, prônait une sortie du système de croissance ne pouvant se faire que par une conversion spirituelle.

Les penseurs et les chercheurs aujourd’hui parlent d’une opportunité plus grande, d’évolution possible grâce à la crise,  ainsi Edgar Morin  participe en 2011 à l’institut bouddhiste Karma Ling à un  forum « une vision spirituelle de la crise » où, avec Pierre Rabhi,  ils portent des valeurs telles que l’écologie, l’humanisme, le partage, la responsabilité et la compassion.

Bernard Montaud, dans son livre « Bénie soit la crise » voit une opportunité pour l’homme d’aujourd’hui à être meilleur grâce à l’évolution que demande cette crise. L’humain du XXe siècle qui a tant possédé au point de  gaspiller, va chercher à mieux être plutôt que d’avoir plus. Il présente dans ce livre un certain nombre de solutions possibles dès aujourd’hui. Le partage des problèmes matériels mais aussi celui des problèmes de doute, de peur, de résistance en sont la clé de voûte. Il s’agit d’une véritable entraide spirituelle se prolongeant naturellement dans l’entraide matérielle…

 Lire la suite…revue Reflets n°8 – rubrique Société- pages 53 et 54

Une réflexion sur « Décroissance : moins de biens, plus de lien…Utopie ou réalité? Maryline Hubaud »

  1. Le processus est lancé et ne pourra plus s’arrêter……les “villes en transitions” en sont une des preuves, elles essaiment de par le monde. Des mouvements divers et variés de soutien, d’entraide se multiplient ! Aujourd’hui se passait un évènement de solidarité qui fleurissait sous toutes les latitudes avec “The Meal” le repas solidaire.
    Une amorce de prises de conscience ! Il n’y a pas que la consommation, il y a le partage !

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