CONSTRUIRE LE COUPLE – Père Denis SONET

Le père Denis Sonet nous a reçus dans son modeste appartement où trônent des piles de livres et des cartons remplis de DVD dont il est l’auteur. A 86 ans, le père Denis SONET est un  homme qui  reste un passionné, tourné totalement vers les autres et plus particulièrement vers les couples. Sa vocation au service de la famille, il la doit à quelques couples de sa paroisse, issus de la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne), qui lui ont jadis demandé aide. Il met actuellement tranquillement en place sa relève afin que tout ce travail, cette pédagogie pour les couples, accumulée depuis de nombreuses années, ne se perde pas et surtout, dit-il, « s’amplifie encore ». Combien de couples à la dérive n’a-t-il pas  réconciliés depuis tant d’années !

Portraits FC PERE DENIS SONNET

Pourriez-vous développer les 4 piliers du couple auxquels vous faites souvent référence ?

Ce sont les piliers de toute une construction à réaliser, le couple conjugal. Une construction aux exigences semblables à celles que demande la construction d’un chalet de montagne. Le chalet de l’amour, ce n’est pas du ” tout-fait ”, du clefs en main. Il est à faire.

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Il faut d’abord faire des plans ; faire son plan de vol ! Certains couples se marient parce qu’ils s’aiment, mais sans projet commun. Mariés, ils s’apercevront alors qu’ils ont des idées différentes sur l’argent, les enfants, l’ouverture du foyer, parce qu’ils n’ont pas jugé bon d’en parler auparavant.

 Pour faire un chalet, il faut aussi voir un notaire et un bailleur de fonds : s’engager pour la totalité de l’œuvre. Pas question de dire : faisons la cave, on verra ensuite si on poursuit le travail. Il faut le crier : il n’y a pas de couple sans engagement !

 Pour  faire un chalet, il faut ensuite  un terrain. Dans le cas de l’amour, ce terrain existe, c’est celui des parents. Mais il importe de le viabiliser. Viabiliser le terrain des parents, c’est garder ce qui nous a paru bon, et laisser de côté ce qui a pu nous faire souffrir pour ne pas le projeter sur nos enfants.

 Il faut maintenant faire les fondations. Les fondations, le socle du chalet de l’amour, c’est l’amour de soi, car si on ne s’aime pas, on ne peut pas aimer l’autre! C’est sur ce socle que l’on va bâtir les quatre piliers du couple !

Le premier, très important, c’est la communication. Elle jaillit du manque : l’enfant a parlé la première fois quand il a eu besoin : «  maman, j’ai faim ! ». Le conjoint qui ne partage pas, c’est celui qui vit dans sa bulle, en autosatisfaction. Mais, attention ! La communication, ce n’est pas une discussion théorique, spéculative sur la crise financière ou l’Afghanistan ! C’est l’expression d’un ressenti.  Quand vous lisez ces lignes, vous éprouvez scepticisme, intérêt, culpabilité, espérance, tendresse… Si vous ne pouvez pas mettre un mot sur ces sentiments, que pouvez-vous dire d’intéressant  à l’autre ? Les préparations au mariage ne donnent pas une formation satisfaisante à cette vraie communication.

 Le deuxième pilier, c’est la tendresse. Les gens, dans l’ensemble, sont gentils ! Mais à quoi sert cette gentillesse si elle n’est pas exprimée ?…

Pour lire la suite…. Revue Reflets n°7 pages 32 à 35