Espérer, c’est aimer au présent – Monseigneur DAUCOURT

Extrait de l’article, revue Reflets n°6

Espérer, c’est aimer au présent

Interview de Monseigneur Gérard DAUCOURT

 Monseigneur DAUCOURT est évêque de Nanterre depuis juin 2002.Il fut ordonné prêtre  en 1966. Très vite, il a cumulé de grandes responsabilités dans le domaine de l’unité des chrétiens. C’est un homme de dialogue œuvrant pour l’œcuménisme. Il est  déterminé dans ses engagements, n’hésitant pas à exprimer son point de vue dans des lettres ouvertes (sur la violence, l’excommunication etc…).

C’est aussi  un homme de terrain apprécié pour cela, proche des faibles et deshandicapés. Il est évêque accompagnateur de la Fédération internationale des Communautés de l’Arche de Jean Vanier.

Il nous a reçus avec simplicité et  sincérité dans son bureau de l’évêché.

Monseigneur Daucourt

 

Avez-vous eu, depuis,  des « crises de foi »? Avez-vous eu des doutes sur vous, sur l’Eglise?  Ou jamais ?

 Oh oui, souvent! Mais ce ne sont pas réellement des « crises de foi ». Je me pose des questions par rapport à certains aspects du message chrétien. Par exemple, je n’ai pas de réponse précise du message chrétien sur ce que nous sommes vraiment après le passage de la mort. Au moment des décès, par exemple, je me demande où sont allées les personnes décédées, si elles me voient. C’est ce genre de questions que je me pose,  mais je n’ai jamais eu de doute.

A partir du moment où j’ai découvert le Christ, je n’ai jamais eu de doute sur son existence. Je dis souvent aux jeunes que, même si, par malheur, je devenais le plus grand pécheur du monde, je ne dirais jamais que le Christ n’existe pas, car il ne m’a jamais déçu. C’est une certitude qui n’empêche pas des questionnements. J’ai eu des questionnements sur ma manière d’être prêtre ou de  remplir des missions qu’on voulait me confier, mais pour le reste, non.

 Quelle est votre conviction la plus fondamentale ?

La réponse me vient spontanément : je suis sûr qu’il y a quelque chose de bon en tout être humain et que je ne dois jamais dire qu’avec celui-là ou celle-là, il n’y a plus rien à faire. Ce point me paraît  capital parce que, sans cette conviction, on se juge les uns les autres. On se croit supérieur et on exclut certains êtres humains. On n’a plus alors d’espérance pour eux. J’essaie de me dire ça dans toute situation à laquelle je dois faire face. Cela me vient de l’Evangile, car le Christ, à mes yeux, n’a jamais condamné personne, a toujours espéré, fait confiance.

 Lire la suite … Revue Reflets n°6 pages 67 à 75