Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ?

                                                                                   par Maxime Mocquant

Le 8 décembre dernier se déroulait à Paris une marche pour le climat, la dernière de l’année 2019. Les participants étaient majoritairement des jeunes, confirmant ce qui se passe depuis le 18 août 2018, quand Greta Thunberg, 16 ans à cette époque, s’assoit seule, devant le Parlement suédois, initiant une grève scolaire qui va se répandre sur toute la planète.

Cela va faire deux ans maintenant que des jeunes se prennent en main et pratiquent, partout dans le monde, les Fridays for Future, un mouvement qui prône la grève de l’école le vendredi. Quand ces jeunes sont interrogés sur leurs motivations, la réponse est souvent la même : à quoi ça sert d’aller en cours si on n’a pas d’avenir ?

Aux USA, d’après une étude réalisée par The Washington Post et la Kaiser Family Foundation, un adolescent sur quatre a déjà participé à une manifestation. 70 % d’entre eux estiment que le dérèglement climatique « causera du mal » à l’ensemble de leur génération. En France, le magazine féminin Tapage a fait une étude sur sa communauté (des femmes de 15 à 30 ans) : 96 % d’entre elles n’ont pas confiance dans les mesures des autorités nationales en faveur du climat, 7 % sont engagées dans une association, et 70 % pensent que l’engagement passe avant tout par le partage sur les réseaux sociaux et par la volonté d’éveiller les consciences.

À quoi ça sert d’aller en cours si on n’a pas d’avenir ?

En septembre 2018, l’appel des 700 scientifiques français, à réduire d’urgence l’émission de gaz à effet de serre et à passer de l’incantatoire à l’acte, a provoqué une vraie prise de conscience chez les jeunes et les pousse à se détourner des administrations et des associations, qui ne font pas avancer ce processus. Durant l’été 2019 a eu lieu en Alsace un camp Climat, organisé par différentes O.N.G., pour se former à la « désobéissance civile ».
Plus de la moitié des participants étaient âgés de 18 à 30 ans. Sixtine Dano, 22 ans, un pilier de l’association Action non violente Cop 21, revendique la désobéissance civile afin de forcer le gouvernement à agir pour le climat en sortant – entre autres – des énergies fossiles. Avec d’autres membres de l’association, elle décroche et emporte les portraits d’Emmanuel Macron des mairies. Son objectif était fixé à 125 portraits pour le G7 qui s’est tenu fin août 2019 à Biarritz.

Les mouvements Youth for Climate et Extinction Rebellion prônent aussi la désobéissance civile. Anaïs Darenes, responsable projet et plaidoyer au sein de l’association REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) explique que chacun doit pouvoir mener sa bataille militante sur son front. Elle constate une individualisation du rapport avec la politique et, par là même, une individualisation des actions à mener pour défendre le climat. D’ailleurs, le REFEDD pense à changer de nom, car le développement durable implique une croissance, même si celle-ci est plus équitable. Ils se battent contre les notions de croissance et finance vertes.

Greta Thunberg est devenue en moins de deux ans l’égérie d’un mouvement mondial et le porte-drapeau d’une « génération Climat ». Elle est adolescente, atteinte du syndrome d’Asperger.

 

Pour lire l’article en entier, REFLETS n °35 pages 20 à 21