Caracol : l’habitat multiculturel

Caracol : l’habitat multiculturel

Marie-Dominique Mutarelli

Caracol, en espagnol, signifie « escargot », un symbole de l’habitat souple et autonome.
Caracol est aussi une association sans but lucratif qui tente d’offrir des solutions à des adversités du quotidien devenues habituelles : pour les uns, des difficultés d’accès à un logement décent, tandis que dans des villes au marché locatif tendu, de nombreux logements demeurent vacants en raison des contraintes et désagréments auxquels sont confrontés les propriétaires. L’association Caracol réunit les intérêts de tous ces acteurs dans le cadre d’occupations temporaires à but d’habitat, associant au sein de ses colocations de nouveaux arrivants – dont le statut de réfugié est souvent synonyme de galère pour obtenir un logement – et des habitants de la ville installés de longue date. Seule condition : avoir envie de vivre autrement, de cohabiter avec des personnes aux cultures et parcours différents. Un bâtiment vide devient alors un catalyseur de projets communs. L’association se place comme un intermédiaire entre des futurs résidents de toutes cultures, des propriétaires de lieux vides variés et les acteurs publics de la politique de la ville.

Une solution gagnant-gagnant

La vocation de cette association est de donner à un bien immobilier vacant, avant changement d’utilisation ou démolition, un usage nouveau par la création d’une colocation mixte et solidaire entre personnes réfugiées et françaises. Elle propose aux propriétaires des solutions sur mesure qui s’adaptent aux besoins du lieu, occupation temporaire avant préfiguration ou gestion intercalaire, installation pérenne d’une colocation ou conseil pour changement d’usage du tertiaire à l’habitat.
La gestion d’un bien vide représente un coût important : gardiennage, entretien, risques de squat, avec le temps passé à la prise en compte de ces problématiques. L’association propose donc aux propriétaires d’assurer l’entretien et la gestion de leur bien, plutôt que d’avoir à en assumer les frais d’entretien, de gardiennage et sécurité, les assurances, taxes et impôts… Le bien est géré, entretenu, transformé et remis au propriétaire en temps voulu et aux conditions prévues par la convention établie préalablement.
Les raisons sont nombreuses de faire occuper son logement et de lui trouver un nouvel emploi pour un temps fixé à l’avance : l’occupation temporaire par des personnes dont c’est la résidence principale reste la solution de gardiennage la plus économique ; le bâti est entretenu et préservé et les coûts de maintenance/ entretien sont rationalisés. Si c’est nécessaire, Caracol prend en charge les travaux de remise aux normes des bâtiments afin de fournir un lieu de vie décent aux résidents (isolation, électricité, chauffage…). Les résidents s’acquittent quant à eux d’un certain nombre d’obligations, dont celle de maintenir en état ou de chauffer le bâtiment. Autre avantage : les propriétaires peuvent faire défiscaliser la mise à disposition de leur bien immobilier vacant à hauteur de 66 % des loyers qu’ils auraient perçus dans le marché privé.

Un environnement social préservé

L’existence d’un bâtiment vide donne une image dégradée du quartier. L’occupation temporaire du lieu par un collectif permet d’insuffler un nouveau dynamisme, et pour le ou la propriétaire, de redonner à sa propriété de la valeur avant une éventuelle revente ou un changement d’usage.
Le succès des espaces de vie ainsi proposés réside dans les efforts des responsables à développer le sentiment de « communauté ». Car scientifiquement, il est prouvé que des solutions adoptées collectivement sont plus efficaces et inventives que celles prises individuellement. Dans ce concept d’habitat temporaire, une intégration efficace dans le quartier est également recherchée grâce à la convivialité et à l’entraide.

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Pour lire l’article en entier REFLETS n°35 pages 17 à 19