Colère populaire et gilets jaunes

Voici  dix-huit mois, Emmanuel Macron  a été élu sur un projet politique de citoyenneté, rapprochant les élus et les gens ordinaires. Pour preuve, son mouvement « En marche » a fait élire à la députation nombre de personnes issus d’associations citoyennes.

Que signifie un projet de citoyenneté ?

La citoyenneté entend la responsabilisation des citoyens et leur éducation dans ce sens.

  • Participation à la gestion locale (quartiers) et municipale.
  • Responsabilisation des dépenses énergétiques domestiques et locales
  • Responsabilisation des déchets et de la pollution
  • Responsabilisation de sa santé

Le projet sous-entendait des organismes capables de relayer les initiatives citoyennes (Rôle du CESE au plan national). Il sous-entendait une réorientation de l’économie vers une limitation de la croissance et une meilleure gestion des facteurs environnementaux (Ce qui justifiait la présence de Nicolas Hulot comme ministre d’état)

Sitôt au pouvoir la politique a été TOUT le contraire : elle a livré principalement des OBLIGATIONS.

Le but, conscient ou inconscient, au lieu de contribuer à faire des français des citoyens libres et responsables s’est révélé la volonté de les assujettir.

Assujettir veut dire soumettre à la volonté des dirigeants.

Quel est l’intérêt d’assujettir au lieu d’éduquer à la liberté, à la conscience ?

  • A imposer les choix qui discrètement favorisent les pouvoirs de domination. L’argent est l’ingrédient de base ; au dessus le pouvoir sur la pensée et au dessus la manipulation biologique.

Comment se met en place concrètement l’assujettissement ?

Par des obligations et leur corolaire les punitions.

  • Le modèle est l’obligation de rouler à 80 km/h. la nécessité était plus que discutable. Mais la contrainte habitue aux contraintes. Avec cette règle s’engouffre la cohorte répressive : radars embarqués confiés à des sociétés privées, idem pour le stationnement payant, amendes en hausse etc.
  • Et aussi taxations en tous genres, dont l’augmentation de la CSG.
  • Les onze vaccinations obligatoires, négation de la responsabilisation de la santé de ses enfants.

Toutes ces obligations n’étaient pas dans le programme du candidat Macron.

Elles aboutissent au contraire de ce que les votants espéraient. Elles sont la négation de la responsabilisation citoyenne, une atteinte à la liberté.
Elles désolidarisent les personnes portant atteinte à la fraternité. Elles augmentent le fossé entre riches et pauvres, à contrario de l’égalité.

Dix huit mois plus tard, c’est la révolte.

Ne peuvent s’en étonner que les politiques méconnaissant les lois de la biologie humaine, cyclique, pour l’individu comme pour la société.

  • La contrainte, au début est supportable
  • Puis devenant plus lourde, elle cherche une issue
  • Puis la goutte d’eau fait déborder le vase et trouve une issue
  • Elle se vide alors comme une chasse d’eau, emportant tout.

Résultat, il n’est pas possible qu’il n’y ait que des gilets jaunes gentils, désireux de jouer un rôle citoyen. Les plus contraints se libèrent avec force.

Comment peut-on imaginer que des jeunes sans avenir auxquels on n’arrête pas de dire «  L’humanité ! » ne se défoulent pas au risque de leur vie sans valeur ?

L’humanité – prétendue la plus développée- ne peut pas retourner en arrière sans douleur. La conscience tirera toujours en avant quelque soient les soubresauts de l’histoire. Les gouvernements totalitaires de gauche comme de droite cèdent tôt ou tard – mais à quel prix ! – devant le besoin de liberté, de fraternité, d’égalité.

Le consumérisme obligatoire, imposé, devra céder aussi devant la nécessité de partager, de protéger les faibles, de librement consentir à nos devoirs humains.

Par Christian Roesch

3 réflexions sur « Colère populaire et gilets jaunes »

  1. Le monde est assujetti aux pouvoirs de multinationales capitalistes (ça fait moins méchant de dire “libérales” !). Avec l’aide d’une publicité omniprésente, elles misent sur la croissance économique supposée réduire les inégalités et ravagent le monde… Le gouvernement Macron pouvait-il y échapper en mettant en place un “projet citoyen” comme vous le décrivez ?
    Ce projet, vous dites qu’il “sous-entendait une réorientation de l’économie vers une limitation de la croissance et une meilleure gestion des facteurs environnementaux” … Hahhh ?
    Alors, si vraiment il existe, ce projet reste à venir :-) … avec le bémol que les “facteurs environnementaux” (ressources naturelles…) ne se laissent pas “gérer” si facilement, nous devons plutôt nous adapter en produisant moins de déchets, moins de pollution (eau, air, sol…), en consommant moins d’énergie fossile et nucléaire et en limitant les dégats sur la biodiversité. Je suis d’accord avec vous, tout en créant du lien humain, chacun à son niveau de responsabilité sociale ou environnementale peut prendre sa part…
    Bien que parfois diabolisés, les “gilets jaunes” ont peut-être un peu réveillé les contradictions du pouvoir ?

  2. Cet écrit m’apparait d’une telle justesse qu’il ne peut être réalisé que grâce à l’inspiration.Une façon de voir le monde sans prendre parti et d’une grande cohérence.C’est ce que nous tentons toutes les semaines dans notre pratique de la méthode Reflets et chaque mois où l’auteur de ce texte,monsieur Christian Roesch nous accompagne vers ce meilleur!
    L’accompagnement à l’ecriture Reflets qui se déroule à Paris,développe nos intuitions et conduit à ce type d’écriture!

  3. Je partage totalement votre avis.Merci d’aider,peut-être,certains en comprendre un peu mieux,le mécontentement général.Plus de partage,que ce soit d’idées ou autres richesses plus matérielles,nous devrions tendre vers cela.Pouvoir participer à avancer tous ensemble en proposant ce qui nous paraît,individuellement, important sans attendre que l’on nous impose ce que nous n’avons pas choisi.Je lis avec plaisir votre revue.Merci encore!Maryse

Les commentaires sont fermés.