Jean-François Pignon, Les chevaux de la foi

Jean-François Pignon,
Les chevaux de la foi

Christian Geniller

Jean-François Pignon est l’un des plus célèbres dresseurs de chevaux au monde. Il a inventé la discipline du travail en liberté et s’est produit sur tous les continents dans des spectacles de renommée internationale : de France jusqu’en Chine en passant par l’invitation de la princesse Stéphanie au festival international du cirque de Monte-Carlo et par les 90 ans de reine Elisabeth II. Il participe au film Danse avec lui, avec Mathilde Seigner et Sami Frey en  2007. Puis il produit, réalise et joue le film de sa propre vie dans Gazelle(2014) , nom de son premier cheval. Il anime des stages de dressage de chevaux. C’est sa conversion à Dieu en  2000 qui va bouleverser sa vie avec les chevaux et avec les hommes.

Près de Nîmes, dans la campagne, un petit chemin de terre nous conduit jusqu’au chalet en bois de Jean-François Pignon. Son épouse Sylvie nous reçoit chaleureusement à l’entrée avec ses deux jolis petits chiens. D’emblée, nous parlons avec simplicité de leur passion. Jean-François est un homme affable et authentique qui va nous raconter son histoire.

Comment vous est venue votre passion pour les chevaux ?
À l’âge de 7 ans, j’ai commencé à dresser un agneau en liberté. J’étais guidé par l’envie de travailler cet animal. J’imitais sa mère, j’utilisais son langage. Et quand mon père m’a offert Gazelle, je voulais reproduire cette relation. En me laissant bercer par mes pensées intuitives, sans le vouloir et petit à petit, j’ai inventé la discipline du travail en liberté avec les chevaux qui est aujourd’hui plus répandue. En 1991, vers mes 20 ans, je me suis rendu compte de l’impact auprès du public et du monde professionnel. Les journalistes m’ont mis en avant comme une star. J’ai changé et je suis rentré en rivalité avec mon frère. De l’agneau, je suis passé à Gazelle et de Gazelle à l’orgueil.

Est-ce que ce sont les chevaux qui vous ont conduit vers Dieu ?
Par Gazelle est venue la découverte du cheval puis du métier d’artiste équestre et enfin ma croyance en Dieu. Un ami fauconnier m’apprend qu’il est devenu croyant. Je me suis un peu moqué au début, mais le plan de Dieu s’est orchestré. Un jour, Gazelle était malade, presque condamnée et cet ami était là pour m’aider. Il a prié pour elle. Là, j’ai senti quelque chose, des larmes sont venues. Gazelle s’est rétablie deux jours plus tard. Alors j’ai commencé par faire de petites prières. Dans mes stages, je lance une prière du cœur au début quand nous sommes en cercle. Puis la lecture de la Bible m’a aidé. Je me suis réconcilié avec mon frère. Un virage incroyable dans ma vie.

Aujourd’hui, quelle relation avez-vous avec vos chevaux ?
Si l’homme a été créé dominant sur les animaux, il est important de ne pas surjouer cette domination. Ne faisons pas d’abus de pouvoir. Ma domination naturelle avec le cheval s’ajuste sur le respect de Dieu et du cheval. Pour le dressage, un oui est un oui et un non est un non. Il faut aimer tous les chevaux, pas seulement ceux qui travaillent bien. À chaque lecture de la Bible, j’avais en parallèle une épreuve dans ma vie pour progresser. Une anecdote : un jour on m’a confié deux chevaux. Un que je trouvais magnifique, un autre que je trouvais laid. Le magnifique progressait rapidement, l’autre non. Le cheval est un scanner sur pattes, il sent notre intériorité beaucoup plus que l’humain. Je comprends qu’il me faut mieux l’aimer. Alors j’imagine que le cheval m’est envoyé par Picasso. Je n’aime pas trop ses peintures. Je m’aide à l’aimer et, en trouvant de l’amour pour lui, je vois qu’il rattrape en deux jours le niveau de l’autre. Le pire, je crois, est de sentir ce manque d’amour. Chez l’humain, c’est pareil, même si le scanner est selon moi moins au point ! Ce jour-là, j’ai mesuré combien Dieu pouvait m’accompagner à aider les chevaux, mais aussi les humains.

Avec les chevaux, vous devez exiger le respect, mais dans l’Amour

Que vous enseignent les chevaux, et que les hommes n’ont pas ?
Les chevaux n’en ont rien à faire que je m’appelle J-F. Pignon, célèbre artiste équestre. J’arrive comme un petit homme devant eux. Le cheval me prend comme monsieur Personne. Et une méthode sans un bon état d’esprit d’amour ne vaut rien. Nous avons d’ailleurs l’idée d’un documentaire qui se déroulerait en Patagonie où j’arriverais au milieu des chevaux sauvages.

(…)

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 78 à 81

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