Nos qualités nous rendent heureux, Dagpo Rimpoché

Nos qualités nous rendent heureux

Dagpo Rimpoché

Né en 1932 au Tibet, le vénérable Dagpo Rimpoché a été reconnu par le XIIIe dalaï-lama comme la réincarnation du très grand maître Dagpo Lama Rimpoché. Il donne des conférences et des enseignements sur le bouddhisme depuis 1978, et il a fondé des centres d’étude et de pratique dans de nombreux pays d’Occident et d’Asie. Son centre principal en Europe, l’institut Ganden Ling, se trouve près de Paris, à Veneux-les- Sablons, où Reflets l’a rencontré.

Comment en êtes-vous arrivé à enseigner le bouddhisme ?
J’ai travaillé en France pendant trois ans avec des amis « tibétologues ». Lorsque les Tibétains sont arrivés en Inde en 1959 comme réfugiés, beaucoup de maîtres, dont moi-même, ont été invités en Occident. Un grand nombre de personnes étaient attirées par le bouddhisme tibétain et me posaient des questions. Mais moi, je ne m’occupais pas trop de cette partie-là. Je laissais cela à d’autres lamas invités à cet effet. Ces personnes semblaient touchées par l’enseignement, mais je pensais que c’était de la simple curiosité et que ça n’allait pas durer. Et puis j’ai remarqué que ceux qui suivaient un enseignement devenaient plus heureux, plus détendus. Alors j’ai réfléchi et pensant que le bouddhisme avait peut-être quelque chose à apporter à l’Occident, en 1977 j’ai décidé d’enseigner. De plus mes propres maîtres m’y encourageaient depuis un certain temps.
Je l’ai fait à deux conditions : sans rétribution, parce que l’enseignement de Bouddha n’a pas de prix, et en me donnant un an pour voir le résultat. J’ai commencé avec une trentaine de personnes. Je travaillais en même temps et je les rencontrais une soirée par semaine. À la fin de l’année scolaire, nous nous sommes réunis pour faire le bilan. J’ai été très surpris, ils étaient tous très heureux. J’ai donc continué.

De quoi manque l’Occident ?
En Occident, vous étudiez beaucoup. Vous êtes très instruits. Vous voulez toujours avancer. Dans votre culture, on ne parle pas du tout d’observer son esprit. Dans le bouddhisme, on travaille sur son propre esprit pour qu’il devienne plus souple, plus large. Ça donne du recul, alors on est moins stressé. En Occident, il n’y a pas beaucoup de conseils pour améliorer son esprit. On ne l’apprend pas aux enfants. Autrefois oui, quand il y avait l’enseignement religieux. C’est dans ce domaine-là que le bouddhisme a quelque chose à apporter. La science est de plus en plus développée, mais il n’y a aucune contradiction entre la science et le bouddhisme.

(…)

Le but de la perfection, c’est l’aide ?
En tant que bouddhiste, l’objectif est de devenir un bouddha dans un but altruiste. C’est pour devenir quelqu’un capable d’aider le plus de personnes possible. Pour cela, il faut progressivement éliminer ses défauts et développer ses qualités au maximum. Quand on a complété ce travail, on est devenu quelqu’un, qu’on appelle dans le bouddhisme, un bouddha, qui a toutes les qualités et les forces nécessaires pour venir en aide à tout être qui existe. Cela prend du temps. Il faut des vies et des vies.

Qu’est-ce qui vous apparaît le plus important dans votre accomplissement ?
J’ai étudié l’enseignement de Bouddha, qui est immense. J’ai appris des choses à propos de mon esprit, sa nature, ses qualités, ses défauts et à y travailler. J’essaye de transmettre cela aux personnes intéressées, d’aider les étudiants, les personnes en difficulté qui me demandent conseil, les personnes âgées. Les études philosophiques bouddhistes m’ont beaucoup protégé de nombreux risques dans ma vie. Aussi m’ont-elles fait énormément progresser. C’est ce qu’on a appris qui permet de s’améliorer.
Sa traductrice, également son élève, nous livre quelques mots : Malgré son grand âge, il continue à enseigner beaucoup. Nous lui sommes très reconnaissants. Je ne peux pas parler de ses qualités parce qu’il est extrêmement modeste… sa sagesse, sa compassion et l’énorme patience dont il fait preuve pour supporter nos défauts. Malgré notre lenteur à progresser, il continue à nous aider à nous améliorer.

(…)

Pour lire l’article en entier, Reflets  n° 28 pages 66 à 69

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