Un appel à humaniser l’accueil des personnes en situation d’exil

Un appel à humaniser  l’accueil des personnes  en situation d’exil

Marie-Dominique Mutarelli

Le Dr Xavier Emmanuelli, président-fondateur du Samusocial International, et le Dr Kamel Mohanna, président-fondateur d’Amel Association International, veulent alerter l’opinion publique, l’Europe et la communauté internationale sur l’urgence de trouver des solutions pérennes à la gestion des personnes en situation d’exil. Dans ce but, deux séminaires ont été organisés : le premier au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris, le 24 octobre 2017, le second à Athènes, les 5 et 6 décembre. Appelant à humaniser l’accueil et à sortir d’une gestion d’urgence des problématiques migratoires, ces rencontres visent à élaborer des recommandations pour un accueil plus digne et durable des populations déplacées.

Plus de deux cents représentants de la société civile, d’associations humanitaires, du monde de la recherche ont assisté à l’étape parisienne. Trente intervenants ont partagé leur expérience autour de quatre thématiques : cesser d’opposer « bons réfugiés » et « mauvais migrants » ; penser l’accueil des mineurs non accompagnés dans le respect des droits de l’enfant ; transformer l’organisation géographique des migrations ; proposer des recommandations pour l’accueil, le soin, l’intégration durable des personnes et lutter contre les amalgames.

Xavier Emmanuelli a tout d’abord rappelé la responsabilité de la France et de l’Europe dans les soubresauts géopolitiques qui sont à l’origine des grands flux migratoires : les guerres, – auxquelles les pays occidentaux prennent une part active, directe ou indirecte -, la mondialisation économique, un accès inégal à la santé et à la justice, le dérèglement climatique, la diffusion d’un mode de vie idéalisé. Mieux vaut en prendre conscience : il ne s’agit pas d’une « crise » passagère, mais d’un phénomène destiné à durer  plusieurs générations. Par sa politique actuelle de fermeture, l’Union européenne répond à ce défi planétaire par la négation des valeurs humanistes qui l’ont fondée : des mineurs isolés sont laissés hors de tout cadre juridique, éducatif, sanitaire ; les lieux de concentration des exclusions sont pérennisés, au Liban, en Turquie, en Grèce, en Libye. Or, seules des solutions durables et justes, dans le respect des droits humains, peuvent permettre d’y répondre efficacement.

Améliorer l’accueil passe par la déconstruction des représentations qui provoquent le rejet de l’étranger et compliquent l’intégration de ceux qui restent. La notion et les politiques d’intégration doivent être repensées, pour permettre à chacun de trouver sa place au profit d’un meilleur vivre-ensemble. En France, cela implique une augmentation des moyens alloués aux dispositifs d’intégration – l’apprentissage du français en particulier – ainsi qu’un renforcement des moyens d’évaluation. Un appel unanime a par ailleurs été lancé pour le respect inconditionnel des droits et intérêts supérieurs de l’enfant. Tous les intervenants ont insisté sur l’importance de multiplier les voies légales d’entrée sur le territoire européen et français pour mettre fin aux filières de passeurs. Tous ont relevé la nécessité d’une collaboration étroite de tous les acteurs économiques, sociaux et politiques, publics comme privés pour une meilleure efficacité des dispositifs.

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Pour lire l’article en entier Reflets n°26 page 18

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