LOGEMENT INDECENT

Habiter un logement décent semble un droit acquis.

Depuis la loi Quillot en 1982, qui a fait de l’habitation un droit fondamental.

Puis la loi Besson de 1990  qui garantit le droit au logement.

Enfin la loi Dalo de 2007 qui vise à garantir le droit au logement pour toute personne en situation précaire.

Or le Comité de suivi de l’application du droit au logement opposable s’ exclame dans le titre de son 4ème rapport qui vient de sortir:

“Monsieur le Président de la République, faisons appliquer la loi!”

Malgré les efforts depuis vingt ans, le comité estime que 3 millions de personnes n’ont pas de logement décent.

40 000 ménages ont été relogés en 3 ans depuis le début d’application de cette loi. Cependant dans les régions de pénurie immobilière, là où les besoins sont les plus grands (Ile de France, Bouches du Rhône, Var, Alpes maritimes) 27500 décisions de relogement prononcées par les tribunaux n’ont pas été appliquées à fin juin.

L’état est fautif. Il est sanctionné par une amende…qu’il verse à un organisme d’état! Comme s’il sortait l’argent d’une poche pour la faire rentrer dans l’autre.

L’état légifère depuis quelques années à tour de bras. Mais les lois sont-elles vraiment appliquées et applicables?

Donner un droit , c’est une bonne chose.

Donner les conditions concrètes de son application est indispensable. Sinon l’état se discrédite.

Dans le cas du logement, vers qui se tourner dans ce cas? Les associations caritatives comme la Fondation Abbé Pierre ont du pain sur la planche en ce début d’hiver pour suppléer la déficience de l’état.

3 réflexions sur « LOGEMENT INDECENT »

  1. Oui ce problème de logement est crucial, effectivement l’état se discrédite en se désengageant. J’aimerais que ce dossier reste ouvert et que l’on poursuive l’information et la réflexion pour trouver peut-être ensemble un moyen d’agir chacun à son niveau…
    Chaleureusement
    Brigitte

  2. Les lois posent entre autre les bases possibles d’une vie en communauté harmonieuse.
    Et il me semble qu’il est nécessaire de légiférer à chaque fois que notre conscience collective semble avoir besoin d’être éclairée, comme un archer qui ajuste la position de son bras pour que la prochaine flèche se rapproche un peu plus du centre de la cible.
    Il est heureux que ces lois concernant le droit au logement nous rappelle l’intention collective qui est la notre. En revanche ce qui m’apparait c’est qu’elle ne parle de l’indécence du logement que du coté des plus démunis…
    Nous faisons tous partie de la même humanité. Cependant nos conditions de vie quotidienne, le logement dans lequel nous vivons traduit, du plus pauvre au plus riche, beaucoup de formes différentes d’indécence. Ces indécences sont bien sur beaucoup plus visibles aux extrémités et particulièrement dans le bas de l’échelle. Elles réveillent notre bonne conscience, notre volonté de bien faire, notre dignité.
    Une loi sur le droit au logement pourrait prendre en compte les deux extrémités.
    Légiférer sur l’indécence qui existe à ces deux extrémités nécessiterait un vrai courage politique, un engagement politique d’une autre nature quand ce n’est plus que le MOI qui pilote.
    Une loi de cette nature amènerait peut-être chacun à se questionner sur son propre logement et sur les formes d’indécence qu’il contient.
    Je suis aussi obligé de reconnaitre que je suis d’accord avec Andrée, l’état se discrédite.
    Cela fait-il partie intégrante du jeu ?
    N’est-ce pas souvent par là qu’une prise de conscience individuelle se fait ?

  3. Bonjour, je voudrais que la revue puisse me donner un éclairage différent sur cette réalité du mal-logement. On voit beaucoup de choses, on lit plein d’articles sur le surenchérissement des loyers tant dans les grandes capitales que partout. Cela touche de plus en plus de gens. Pensez à ce qu’il faut fournir aux agences pour se loger ou faire loger son enfant étudiant dans une demi-cave insalubre à Paris. L’indécence est dans toute une attitude ou toute une acceptation des choses. L’Etat est loin d’être le seul à accuser. Il y a un énorme secteur privé qui s’enrichit sur toutes les transactions immobilières, c’est effrayant. Et puis bailleurs et locataires sont souvent en très mauvais termes, quand ils se connaissent: en termes de méfiances et de profit dans un non-respect mutuel. Je voudrais qu’on me donne un peu de hauteur face à tout cela, parce que l’humanité entière est concernée: hospitalité, accueil et respect de l’autre, enrichissement intérieur grâce à l’autre, sens profond de ce que sont les propriétés et les biens fonciers: comment les mettre au service dans une idée de responsabilité, sans se spolier soi ou sa famille? Beaucoup de choses à dire. Quelles sont les expériences d’habitat communautaire ou semi-collectif, inter générationnel et inter culturel qui existent et sont vécus positivement? Et à quelles conditions? Les collocations ne concernent plus seulement les jeunes étudiants. Vers quels nouveaux modes de vie solidaires va-t-on aujourd’hui? Avec quelles précautions et avec quels enthousiasmes?
    Bien à vous,
    Martine

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