La retraite, un saut merveilleux dans “l’univers créatif”-Richard Meyer

Richard MEYER est psychiatre (Strasbourg et Lausanne), psychanalyste, docteur en sciences humaines (Paris Sorbonne), académicien et auteur de quinze livres. Il a fondé et dirige l’Ecole Européenne de Psychothérapie Socio- et Somato-Analytique (EEPSSA) qui a formé plus de mille psychothérapeutes dans toute l’Europe. Il a participé aux principaux développements de la psychothérapie depuis l’antipsychiatrie jusqu’au transpersonnel, en passant par le psycho-corporel.

Nul ne nie la difficulté de ‘‘prendre’’ la retraite ou ‘‘d’être mis’’ à la retraite et les réajustements politiques, quant à l’âge où cela se fait, ajoutent à cette difficulté ou… bénédiction. En effet, tant qu’à faire, autant que ce soit positif, surtout lorsque l’espérance de vie s’allonge et promet encore une nouvelle vie.
En tant que psychiatre et psychanalyste, je voudrais inscrire ce changement de vie dans une perspective large et le référer au modèle du développement personnel fait de six étapes que j’ai développé, notre retraite favorisant le passage à la sixième étape, à l’univers créatif. Cette dernière étape nous renvoie à la première où nous commençons seul dans le ventre de la mère et dans le berceau.

La retraite créative

A la retraite, il s’agit de penser à soi, de prendre soin de soi sans négliger les autres puisqu’on a plus de temps. Il s’agit de retrouver ses hobbys de jeunesse, musique, arts et voyages, et de se greffer sur l’immense échange qu’offrent les TIC (technologies de l’information et de la communication) sans TOC (troubles obsessionnels compulsifs). On peut enfin se consacrer aux associations, ‘‘flashmobs’’, à la politique et surtout à la spiritualité. Voici une présentation de cet univers créatif qui prépare aussi à la mort.

La retraite : l’invitation à l’univers créatif

Voici qu’une catastrophe vient perturber la délicieuse stabilité affective ; il s’agit de la retraite et même la mort. La sécurité assise sur le groupe social et l’amour fondé sur le partenaire affectif ne résisteront pas à l’interrogation suscitée par la mort. Face à elle, chacun se retrouve seul, chacun doit trouver sa réponse à lui, chacun doit créer son attitude personnelle. La dynamique sociale et l’intensité amoureuse ont pu faire oublier l’échéance puis, un jour, elle s’impose. C’est, classiquement, à l’âge mûr, sans qu’il soit nécessaire de donner un âge plus précis, souvent à la retraite. C’est lors de l’individuation, comme l’appelle C.G. Jung.

…lire la totalité de l’article , REFLETS n°11 pages 24 à 28