Ce qui relie toutes les religions, c’est “Je suis”

Originaire du Québec, francophone, Swami Muktananda a rencontré à l’âge de neuf ans, celui qui deviendra son Maître : Swami Chidananda. Moine à vingt ans, aujourd’hui il voyage en occident pour retransmettre un enseignement qui est autant emprunt du message de son Maître que de son éducation chrétienne. « Il n’y a qu’un seul Dieu » nous dit-il. « Il n’y a pas un Dieu des hindous, un Dieu des musulmans, un Dieu des juifs et un Dieu des chrétiens. Si bien que l’expérience intérieure prime sur les étiquettes. »
Swami Muktananda contribue à installer cet état d’être qui consiste à vivre « le maintenant » au quotidien, au milieu du monde .

Swami
… Je suis allé en Inde en 1986, entre temps j’avais commencé à bâtir l’entreprise, et cela jusqu’en 99 où je suis devenu moine. Là, j’ai remis l’entreprise à mon frère et à ma mère qui l’ont encore aujourd’hui. Swami Chidananda m’a nommé sannyasin le 14 novembre 1999, après 19 ans de pratique spirituelle, tout en étant dans le monde.

Dix neuf ans de relation avec votre maître ?

Ce n’est pas une relation avec un maître, mais toujours une relation avec Dieu où le maître est vu comme Dieu, disons, dans le sens intérieur du terme. C’est-à-dire qu’il y a d’abord une appréciation en soi-même de Dieu sous la forme d’une vie intérieure. Et pour éviter tout mouvement de jugement vis-à-vis de soi-même ou vis-à-vis d’autrui, on en perçoit une reconnaissance qu’en étant situé dans cette vie intérieure ; il y a Dieu et le maître est l’instrument de Dieu. En conséquence, ce n’est pas la personne qui est Dieu mais la vie intérieure. Et de ce fait, parce que le territoire égotique se manifeste beaucoup dans les mouvements de jugement, on apprend à trouver en soi cet aspect divin ou cette réalité intérieure divine lorsque l’on arrête ce mouvement de jugement à l’extérieur. Cela commence avec le maître si l’on veut, avec l’appréciation du fait de Dieu dans le maitre et ensuite partout et en tous. C’est pratique surtout quand on a un grand saint comme Swami Chidananda devant soi. C’est facile.

Qu’est-ce qui vous a touché chez lui ?

Swami Chidananda c’est Saint François d’Assise en chair et en os. J’ai même rencontré des moines franciscains qui aujourd’hui encore ont une photo de Swami Chadananda parce qu’il est une source d’inspiration pour eux. Il était une image vivante de Saint François, mais un Saint François hindou. Tous ceux qui l’ont rencontré peuvent en témoigner.

C’est son enseignement que vous retransmettez maintenant ?

Oui, mais ce n’est pas un enseignement qui lui appartient, c’est un enseignement ancien. C’est comme la prière simple de Saint François « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ». C’est son enseignement, oui.

…lire la totalité de l’article, Revue REFLETS n°11 pages 68 à 72
….