Une initiative originale : les tiny houses

Actu migrants
Une initiative originale : les tiny houses

L’association Quatorze propose le concept IMBY (In my backyard, in your backyard). Il s’agit d’installer dans votre jardin une maisonnette de moins de 20 m², la tiny house, pour accueillir deux personnes réfugiées. La tiny house est montée gratuitement en quelques jours grâce à un chantier participatif. À la fin du contrat, l’hôte peut :
• soit renouveler l’accueil avec de nouvelles personnes,
• soit rendre la tiny house qui sera remontée ailleurs,
• soit acheter la tiny house.
La fabrication et l’installation des tiny houses sont l’occasion de formations qualifiantes ouvertes à tous. Ainsi l’association Quatorze assure une formation professionnelle aux réfugiés intéressés par l’éco-construction et le travail du bois.

Mettre une tiny house dans son jardin
 c’est créer du lien avec un ou deux réfugiés
en favorisant leur insertion sociale.

Ces tiny houses sont des constructions innovantes. Elles sont démontables. L’assemblage est préparé en atelier, selon des méthodes inspirées de la menuiserie japonaise. Elles fonctionnent en autonomie énergétique. Le bardage est en bois brûlé, évitant les traitements extérieurs du bois. L’association Quatorze est spécialisée dans l’architecture sociale et solidaire si bien que ces « maisons » correspondent à un développement favorable à l’environnement : consommation d’eau réduite, WC écologiques, électricité photovoltaïque.
La maisonnette installée dans le jardin d’une famille de Montreuil suscite une vive curiosité.

 (…)

Nous invitons les lecteurs à nous faire part des actions concrètes en faveur des migrants auxquelles ils participent ou qu’ils connaissent.
Envoyer à : redaction@revue-reflets.org

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 27 page 18

Les deux morts, Christian Roesch

Les deux morts

Christian Roesch

Qui n’a pas peur de la mort ?
Il est normal que, face à l’inconnu, nous soyons anxieux. Cependant, ne pas la redouter est possible. Nous avons de nombreux exemples de héros et de saints qui étaient sereins à cet instant. Quid de l’homme ordinaire, vous ? moi ? Quelles sont les conditions – autres que l’inconscience – pour y arriver ?
Parmi ceux qui ont approché la mort de près à cause de maladies graves ou d’accidents, certains ont aperçu que c’était un passage. Ils ne l’ont pas franchi, mais pour eux désormais, ce n’est plus totalement l’inconnu. Beaucoup d’entre eux, et j’en fais partie, ont ressenti l’amour qui nous attend. Parce que nous avons goûté à cet amour, la mort cesse d’être terrifiante. Il est le même que celui qui nous baignait avant l’incarnation. La différence est dans sa perception car elle est enrichie de l’expérience terrestre.

C’est un passage. Dès qu’il est franchi, arrive le moment du bilan. Qu’avons-nous fait de notre vie terrestre ?
Ce bilan peut être comparé à un examen de passage, à l’image d’un examen scolaire : celui qui a « bien travaillé » peut se présenter assez serein. Que signifie « avoir bien travaillé » dans une existence ? Il est assez facile de répondre : avoir tenté d’être meilleur, en dépassant parfois nos comportements égoïstes. Avons-nous allégé la terre et nous-mêmes par nos actes d’amour ? Ou l’avons-nous alourdie comme nous-mêmes par nos réactions égocentriques ?
La suite n’est pas identique. L’amour divin implique la justesse. Nous comprenons facilement que les « premiers de la classe » ne soient pas, après le passage, au même endroit que ceux qui ont juste la moyenne et que ceux qui en sont loin. Allégé ou alourdi ne donne pas la même hauteur. Nous comprenons cela si nous croyons à la Vie éternelle.
Pour ceux qui n’y croient pas et qui n’ont pas essayé d’être meilleurs, ce qui arrive alors est peut-être conforme à leur point de vue : c’est la fin de la vie et par conséquent, la mort de l’âme. C’est bien plus grave que la mort physique, c’est ce que l’Apocalypse de saint Jean appelle la seconde mort.
Songeons que l’âme est née au début de la Vie, éclatement du feu du big bang ; elle a traversé les phases de transformation de l’univers en gaz, puis en atomes devenant étoiles remodelées constamment. La science sait que les atomes ont été formés dans des étoiles voici quelques milliards d’années. Presque toute la table de Mendeleïev, depuis l’hélium et l’hydrogène jusqu’aux atomes les plus récents, s’est construite dans une aventure palpitante. Imaginons que notre âme ait assisté, voire participé à ce jeu de construction de l’univers. Puis le système solaire fut prêt avec son équilibre de planètes jusqu’à ce que la Terre soit mûre pour accueillir la vie matérialisée. D’abord la vie minérale puis la vie végétale et animale, et enfin la vie humaine accueillant une âme ayant évolué en parallèle. L’homme primitif d’abord : de l’australopithèque à Homo sapiens puis à l’homme moderne. Et aujourd’hui, des âmes sont dignes de s’incorporer dans un corps d’homme du XXIe siècle dans une situation particulière du monde. Songeons à tout ce que l’âme incarnée dans notre corps a traversé pour arriver à un nom et un prénom, à une personne unique. Cette unicité nous rend capables aujourd’hui de commencer à donner consciemment de l’amour tellement cette âme est prête. Mutation de l’homme créé à l’homme créateur. En donnant, en nous donnant, nous prenons les attributs de Dieu. Ainsi nous commençons à retourner à Dieu consciemment. Celui qui était, celui qui est, celui qui sera. L’âme de chacun est un miracle puisqu’elle est le fruit d’une activité incessante si ancienne, si prodigieuse. Chaque âme est tellement précieuse, riche de tout ce passé et riche du potentiel de devenir Dieu, réunie aux autres âmes. Née de Dieu, éloignée de Dieu pour prendre conscience d’elle-même et retour à Dieu riche de ce parcours. Naître dans le monde moderne signifie une certaine maturité pour progresser en conscience en aidant les âmes autour de nous, quel que soit leur stade d’évolution.

Mais notre âme est fragile
car elle a acquis
le pouvoir de se détruire

La mort de l’âme ! La seconde mort est la fin de cette aventure inimaginable. Tuer son âme est le plus grand crime possible. Tuer cette Vie éternelle…

(…)

Pour lire l’article en entier, Reflets  n°27 pages 34 à 35

Yves Duteil, Respect : la voix de nos différences

Yves Duteil,
Respect : la voix de nos différences

Nous avons rencontré Yves Duteil chez lui. En présence de son épouse Noëlle, nous avons partagé un moment chaleureux autour d’un thé à la menthe, devant un feu de cheminée. La spiritualité a été au cœur de notre échange après avoir écouté son nouveau CD, Respect, sorti le 12 janvier dernier.

Que  représente la spiritualité pour vous ?
Je crois que la pensée a un aspect biologique porté par notre cerveau, notre chair, et que l’âme est au-dessus de cela, dans le registre du sentiment, de l’émotion, qui reste encore un mystère. C’est dans cette part de mystère que je puise ma spiritualité. Dans l’intangible souveraineté de l’âme.

Avez-vous la foi ?
J’ai découvert que j’avais la foi quand Noëlle est tombée malade et que je me suis surpris à prier. Je me suis dit alors que j’avais peut-être encore un pouvoir, même si prier reste aussi un mystère. La prière s’envole, emportée par un vent inconnu. Et elle doit sans doute se poser quelque part, germer, fleurir, fructifier, à l’image du pollen. Un jour, on voit notre rêve et notre prière s’exaucer.

Vous avez rencontré aussi le bouddhisme. Quelle place a-t-il dans votre vie ?
Je ressens le bouddhisme comme une science de l’esprit. Elle est le fruit de l’expérience de penseurs qui ont essayé de modéliser spirituellement la vie et la mort sans en avoir peur parce que nous, occidentaux, nous la redoutons tellement qu’on l’occulte, nous faisons comme si elle n’existait pas. Les bouddhistes tibétains, au contraire, consacrent leur vie à essayer de mourir heureux. Cela m’a beaucoup intéressé, car comme l’a dit Gandhi, on peut commencer par changer en soi le changement que l’on veut voir dans le monde… Il faut du courage pour arriver à changer quelque chose en soi, pour se remettre en question, mieux se connaître, accepter de ne pas être parfait. Cette évolution est possible pour avancer vers une humanité plus assumée, plus consciente. Nos convictions les plus solides dans bien des domaines sont ébranlées par « quelque chose » d’inédit, non pas une crise mais un changement d’ère, une mutation de l’humanité dont la nature nous échappe encore pour l’instant.

Vous parlez souvent de la douceur. Qu’est-ce pour vous ?
Je vis la douceur comme une force intime. Et j’ai envie d’y associer la fragilité. Il ne vient à l’idée de personne de dire que la fragilité du cristal est un défaut. J’aspire à la loi du plus vulnérable parce que notre rôle est de nous protéger les uns les autres et non de nous agresser. Pour l’humanité, la plus grande évolution, ce serait de se recentrer sur l’humain. Et cette pensée bienveillante, d’humanisme, d’ouverture, de tolérance se résume en un mot : respect. C’était important à nos yeux que cet album s’appelle ainsi parce que le respect concrétise ces valeurs cardinales. C’est à la fois une ouverture et un refus. On s’affiche les deux paumes ouvertes, mais on établit aussi une distance.

(…)

Vous avez été confronté à ce problème de fragilité face à l’approche de la mort. Avez-vous tiré quelque chose de votre expérience et de celle de votre épouse ?
Aujourd’hui les progrès de la médecine nous permettent d’espérer, de survivre. Je m’incline avec respect devant la médecine qui nous a sauvés tous les deux.

(…)

Effleurer la mort est une leçon de vie extraordinaire. Se sentir en danger c’est aussi comprendre ce qui donne tout son prix au fait d’être en vie. J’ai du mal à croire à l’immortalité de l’homme parce qu’il lui manquerait alors l’impérieuse nécessité de réaliser quelque chose avant de quitter ce monde. La maladie nous fait toucher du doigt à quel point la vie est précieuse. Elle nous donne aussi une raison d’être. Pour nous-mêmes mais aussi pour nos proches. Si la nature nous a faits tous différents c’est peut-être parce que nous avons chacun quelque chose d’unique à apporter et qu’il n’appartient qu’à nous de le découvrir. Se poser la question, c’est déjà mettre des priorités dans sa vie. Célèbre ou anonyme, chacun peut être un pas de ce chemin.

(…)

Respect
C’est la voix de nos différences
Nos peaux, nos races et nos croyances
Qui se réchauffent au même feu
En regardant vers d’autres cieux…

Cet album respire la bienveillance, le respect de l’autre.
Respect est aussi, à présent, un spectacle qui tourne sur les scènes de France, d’Europe et du Québec.

ET SI LA CLÉ ÉTAIT AILLEURS ?
Yves DUTEIL, éd. Médiaspaul

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 27 pages 66 à 71