Archives de catégorie : Extraits

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Les Roses Rouges Sur le Bitume

Une association pour soutenir la tâche de Roger McGowen

Quatre personnes ont donné naissance à cette association : Roger McGowen, Ronald Radford, Sanjy Ramboatiana et Bernard Montaud, d’où les quatre initiales de son nom : RRSB. Mais ce sont aussi les initiales de son nom complet : Les Roses Rouges Sur le Bitume, pour évoquer la délicatesse des actions de Roger, à travers les roses, et la dureté des conditions de vie en prison, à l’image du bitume.

Composée essentiellement de jeunes, l’association organise tout au long de l’année des activités dans différents groupes afin de récolter des fonds, envoyés ensuite à Roger pour l’aider dans ses actions au sein de la prison.

Des soirées utiles…

Ainsi, différentes soirées sont organisées :

  • les soirées ludiques au cours desquelles des jeux variés sont proposés aux participants comme le poker, la pétanque, etc. en échange d’une contribution financière;
  • les soirées concert : chaque été, Ronald Radford, guitariste, organise une tournée de concerts, dont les recettes sont intégralement reversées à l’association. C’est une manière de faire connaître Roger et RRSB, tout en passant un bon moment grâce au son de la guitare de Ron. Olé !
  • les soirées projection du film Roger McGowen, condamné à mort #889, réalisé par Nicolas Pallay (voir encadré). Ces soirées peuvent être publiques ou privées.

Des ventes…

En plus de ces soirées, l’association organise des ventes :

  • les cartes postales : certains membres de l’association créent des cartes reprenant des phrases ou citations de Roger issues de ses correspondances. Elles sont en vente sur le site de RRSB ;
  • les friperies et brocantes solidaires : objets et vêtements devenus inutiles sont vendus et les recettes reversées à l’association. C’est une manière d’aider Roger et les prisonniers de Huntsville, tout en donnant une nouvelle vie aux objets et vêtements.

Toutes ces actions pour financer cinq programmes

L’argent récolté grâce à ces actions en plus de dons directs également possibles permettent d’assurer la pérennité de cinq programmes actuellement en cours dans la prison de Huntsville :

  • la correspondance et le financement des timbres ;
  • les « B-Days » ;
  • les tables d’hygiène ;
  • le programme senior qui touche environ quarante prisonniers ;
  • le soutien financier à une cinquantaine de détenus.

RRSB : un soutien total

Du soutien financier au soutien affectif  et au sommet : le soutien spirituel

Le soutien de l’association va bien au-delà d’une simple aide financière, même si celle-ci est indispensable. Le groupe de jeunes adultes autour des quatre fondateurs est engagé à fond. Ainsi ils sont nourris. Roger rappelle avec malice cette sentence de sa grand-mère : « Tu ne peux toucher ton cœur mais le cœur peut te toucher. »

Ainsi, quelle que soit la distance entre l’Europe et l’Amérique, quel que soit l’enfermement dans une prison ou confinés pour cause de Covid-19, l’amour fait le lien. Se laissant toucher, aucun ne reste seul.

L’association se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire :

  • par courrier : 23 rue Alphonse de Lamartine, 01480 Beauregard, France ;
  • par mail : info@rogermcgowen-rrsb.org ;
  • par le site : https://www.rogermcgowen-rrsb.org

 

REFLETS n° 36 pages 48 et 49

L’e-sport : nouvelle conquête du numérique

L’e-sport : nouvelle conquête
du numérique

Christian Geniller

Jean-Paul est entraîneur de football en Auvergne-Rhône-Alpes depuis maintenant plus de quarante ans. En discutant ensemble sur l’évolution du sport dans notre société, il me fait part de sa stupéfaction sur un récent vécu. Par hasard il a surpris ses jeunes joueurs âgés de quatorze-quinze ans tous réunis autour d’une console jouant au jeu vidéo FIFA (du nom de la Fédération internationale de football), produit par EA sports, s’exprimant comme il ne l’avait jamais vu auparavant, même sur le terrain de football : « Ils étaient plus joyeux, plus enthousiastes, plus motivés que sur le gazon », me dit-il. Et il ajoute : « Mais où va-t-on ? Où va le monde ?

Comme Jean-Paul, nous sommes nombreux à ignorer la progression fulgurante de l’e-sport, le sport virtuel numérique.

Quand tout cela a-t-il démarré ?
Si l’histoire du jeu vidéo débute dans les années 1940, lorsque naît l’idée au sein des universités lors de recherches informatiques, les jeux vidéo ne sont connus du grand public qu’à partir des années 1970. L’essor du sport électronique – ou Esport, ou encore e-sport – commence à la fin des années 1980 avec les premiers jeux en réseau multi-joueurs, et à partir des années 1990 sur Internet. Au cours des années 2000 à 2010, l’e-sport acquiert de plus en plus de notoriété, et des tournois dotés de prix conséquents commencent à émerger sur la scène internationale. Selon la chaîne de télévision France 24 qui a consacré un reportage sur le sujet, le chiffre d’affaires de ce « phénomène » – reconnu comme véritable sport en 2016 par le CIO et en pourparlers pour intégrer le programme des futurs Jeux olympiques d’été – était d’un million de dollars en 2019, plus que la Formule 1. Avec 250 millions d’amateurs dans le monde, dont la moitié en Chine et aux USA, le nombre de spectateurs et téléspectateurs est impressionnant puisque 36 millions de personnes regardent la finale de la League of Legends en Corée du Sud, pays où tout a commencé, et où les joueurs, appelés gosu (maîtres), sont de véritables célébrités. En France, 7,3 millions de personnes âgées de plus de quinze ans ont déjà regardé une compétition e-sport, selon le dernier baromètre de France Esports et Médiamétrie. Axelle Lemaire, l’ex-secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation, avait annoncé des mesures visant à favoriser l’expansion en France de ce sport émergent qui compte à ce jour 25 % de son marché mondial en Asie.

Quelles conséquences pour nos jeunes, pour le sport, pour la société ?
Dans le domaine public, des assises de l’e-sport ont été organisées conjointement avec le ministère de l’Économie et des Finances et celui des Sports. Datant du printemps 2019, la réunion a établi une feuille de route pour 2025 incluant « le développement d’une pratique e-sportive responsable et socialement valorisée » ainsi que la création d’une filière de formation permettant de structurer ce nouveau sport. En France, la Tony Parker Adéquat Academy basée à Lyon a ouvert récemment un cursus e-sport en association avec la Team LDLC. L’argent devenu roi coule à flots chez les éditeurs et les équipes professionnelles, attirant de plus en plus de jeunes. Ces derniers rêvent du statut de star que leur confère ce nouveau sport. Le magazine L’Équipe du 9 novembre 2019 consacre pour la première fois sa une au double champion du monde sur dota 2, Sébastien Debs, vingt-sept ans. Dans une interview croisée avec sa maman Corine, il raconte avec beaucoup de transparence son histoire ; et comment, âgé de quatorze ans, il s’est réfugié dans les jeux vidéo pour oublier son départ brutal du Liban, suite à l’invasion israélienne de 2006, et son rapatriement chez son oncle à Bordeaux. Malgré des études de commerce, Sébastien travaille désormais comme gamer, nom donné au joueur de jeux vidéo. L’entraînement et la pression des résultats est tellement forte qu’il connaît un burnout en 2016 après six ans de carrière et explique se sentir déconcerté devant les sommes d’argent reçues. Même si Corine ne le voit pas comme un sportif mais plutôt comme un intellectuel, Sébastien revendique son statut. Dextérité, temps de réaction, vigilance et précision, réflexion et patience, coordination d’équipe, telles sont les qualités principales requises pour devenir un excellent joueur, bien éloignées des vertus d’endurance, de force, de puissance musculaire de la majorité des sports les plus pratiqués, comme le football, le basket, le tennis ou encore le cyclisme.

(…)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 36 pages 19 à21

Roger et ses proches amis…

Celui par qui tout a commencé :
Pierre Pradervand

Pierre a vécu plusieurs vies en une. Citoyen du monde, comme il se considère lui-même, il a vécu, travaillé et voyagé dans plus de quarante pays sur les cinq continents. Titulaire d’un doctorat en sociologie, il a œuvré pour le développement international durant vingt-cinq ans. Ses activités couvrent des métiers aussi variés que celui de chercheur, de coordinateur de programmes au développement, de journaliste, de consultant international et de formateur d’adultes. Il vit actuellement en Suisse où il anime notamment des séminaires sur la spiritualité au quotidien et le développement personnel, ateliers tous portés par l’énergie de  « Vivre autrement ».

Comment avez-vous rencontré Roger ?

Grâce à une de ses premières correspondantes, Lisbet Thew. En 1986, le département de Justice criminelle du Texas fixe une date précise pour son exécution, et Lisbet me contacte sur le conseil d’amis. Nous formons alors un comité de soutien informel ; chacun met quelques milliers de francs, et nous embauchons un avocat qui fera annuler la date d’exécution (mais pas sa peine de mort). C’est alors que je commence à correspondre avec Roger. Depuis, il est devenu un frère et un maître de vie.

Qu’est-ce qui vous a incité à publier deux livres basés sur les correspondances de Roger ?

Les lettres de Roger étaient  tellement extraordinaires que j’ai estimé que je devais les faire connaître au grand public. C’est la publication du premier livre qui, quelque part, lui a sauvé la vie, car les lecteurs ont été si touchés par son message qu’ils ont commencé à envoyer de l’argent pour sa défense. Depuis 2006, nous avons dépensé 735 000 euros environ, uniquement pour les frais d’avocat.

Vous le soutenez depuis vingt ans. Quels sont les moments marquants de vos rencontres ?

Ma première visite en 1998 en est un. Mais le moment le plus fort est évidemment l’annulation de sa condamnation à mort en 2012. Il a pu ainsi sortir du couloir de la mort et être transféré dans une prison « normale ».
Je me souviens que la nouvelle est tombée le 22 novembre 2012. Je devais rendre visite à Roger les 25 et 26 novembre. J’étais donc sur place au Texas, et en rentrant à l’hôtel, je trouve devant ma porte sur le sol un message de notre avocat, déposé par le service de messagerie de l’hôtel : « votre ami a eu sa peine de mort suspendue ». J’ai pu annoncer moi-même cette nouvelle incroyable à Roger. Ça a été extraordinaire ! Au parloir, je le voyais toujours à travers une grosse vitre. Il fallait nous voir tous les deux ce jour-là ! Nous avons tapé sur cette vitre avec une énorme explosion de joie. Pendant près de 10 000 jours, il est resté dans le couloir de la mort avec, chaque jour, le risque d’être exécuté. Cette décision de justice a été une telle délivrance.

Depuis sa sortie du couloir de la mort en 2016, avez-vous observé des changements chez lui ?

Les changements relèvent plutôt de son impact sur la prison de Wynne Unit, où il est en train de transformer l’énergie en profondeur.
Selon moi, la seule vérité qui libère est celle qui est ressentie dans le cœur. C’est ce que vit Roger aujourd’hui.

Quels sont les prochains enjeux du comité de soutien international que vous avez fondé avec votre épouse Elly en 2006 ?

L’enjeu n’est pas tant du côté du comité de soutien que de la nouvelle équipe de trois jeunes avocats que nous avons embauchés en janvier de cette année pour reprendre tout le dossier et tâcher de trouver le témoignage, ou la preuve manquante, pour le faire sortir de prison. C’est mon plus grand souhait, même si Roger a déjà atteint un sommet. Sa sortie est prévue en 2036, et il sera alors âgé de 72 ans, soit cinquante ans de prison pour un crime qu’il n’a jamais commis !

www.rogermcgowen.fr/comites-de-soutien

 

REFLETS 36 pages 37 à 39

AIDER donne du sens à la vie

AIDER donne du sens à la vie

À la rencontre des fondateurs de l’association
Les amis de Roger McGowen, Pascal et Béatrice Bernard

Pascal Bernard et Béatrice, son épouse, habités par un besoin de donner du sens à leur existence, entendent parler de Roger lors d’une conférence donnée par Pierre Pradervand. Pilotes de ligne tous les deux, Pascal accompagne ensuite Pierre Pradervand et Bernard Montaud à Houston, puis il commence à correspondre avec Roger par courrier. Béatrice continue avec lui. Ils créent l’association Les amis de Roger McGowen.
Désormais, ils lui rendent visite une fois par mois. « Pas une fois, à chacune de nos rencontres, nous ne sommes repartis sans avoir appris quelque chose de la vie. Nous sommes devenus amis, il nous appelle sa famille blanche, c’est notre frère noir. »

Comment définiriez-vous Roger ?
La particularité de Roger est qu’il ne donne jamais de leçon, il est la leçon. C’est la personne la plus humble que nous connaissons. Il n’a qu’un moteur dans la vie, aider autour de lui et remercier pour tout ce qui lui est donné. Roger est un homme riche, un homme juste, un doux au sens biblique, un puissant, un seigneur au service de l’amour. Il est très peu affecté par la méchanceté de certaines personnes qui l’entourent, car il sait que c’est toujours la marque d’une souffrance intérieure. Il cherche plutôt le sens de chaque situation difficile rencontrée et dès qu’il le trouve, il s’en libère. Ce n’est pas toujours facile pour lui, mais il ne renonce jamais quel que soit le temps que cela peut lui prendre. Quand c’est très difficile pour nous, nous pensons à lui et, comme le lui suggérait sa grand-mère, nous suivons notre boussole intérieure, c’est-à-dire notre cœur qui doit nous guider dans toutes les situations.

Quelles actions menez-vous pour lui venir en aide ?
Nous cherchons chaque mois à apporter du sens à ce que nous vivons et nous trouvons ensemble des actions qui nous élèvent, lui comme nous. C’est ainsi par exemple que, face à la douleur de Roger en arrivant dans sa nouvelle prison de Wynne Unit où il découvre des hommes condamnés à la prison à vie et oubliés de tous, il nous est apparu qu’il était sans aucun doute dans cet endroit pour soulager la souffrance de ces hommes. Nous avons alors commencé par aider quatre de ses amis, nous avons permis à l’un d’eux de sortir de prison en lui fournissant un avocat, nous avons amélioré le quotidien des trois autres et surtout nous leur avons, avec l’aide de Roger, redonné un peu d’attention. Par la suite, l’association Les Roses Rouges Sur le Bitume (RRSB) a repris le flambeau, faisant de ces actions son fer de lance.
Nous organisons des conférences, des « apéros- Roger », pour le faire connaître et nous récoltons des dons pour financer les avocats qui continuent de chercher à prouver son innocence.

Bien-sûr, le souhait le plus cher de Pascal et Béatrice
est de voir Roger libre.

Ainsi il pourra rayonner encore plus à l’extérieur des prisons, et continuer à aider les détenus qu’il n’abandonnera jamais. Mais en attendant, l’essentiel est de poursuivre le soutien. « Ce qui est magnifique aujourd’hui, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux autour de lui et de ses codétenus. Nous offrons ainsi à la vie une chance d’aller dans le sens du partage, de l’amitié, et du lien.

(…)

LES AMIS DE ROGER MCGOWEN EN France www.rogermcgowen.fr/soutien-roger-mcgowen

Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 36 pages 46 à 47

DESTIN REMARQUABLE Krishnamurti, le sage libre

DESTIN REMARQUABLE
Krishnamurti, le sage libre

Maryline Hubaud

Un regard profond presque étrange, une présence qui se sent même devant sa photo, Krishnamurti rayonne la sagesse, palpable juste en observant l’image.
Le silence s’impose. Les traits sont en paix. Il émane quelque chose de particulier, un passage sur terre franchement pas ordinaire. Tout son parcours de vie est teinté d’une trajectoire hors normes, où seule la liberté et le lien avec l’essentiel le conduiront tout du long. Il se libère de tout dogme et sans hésiter il change d’orientation pour la pureté de la sensation de vérité en lui. Un maître, sans peurs, sans regrets, sans attaches : un précurseur.

Très tôt, la vie intérieure, la culture et la sagesse se sont imposées à lui. Krishnamurti est venu pour cela, c’est une histoire très étrange que la sienne, loin de nos réalités bien occidentales.
Né en 1895 d’une famille brahmane modeste, il est repéré, à l’âge de quatorze ans seulement, par la société théosophique comme étant le messie. Alors qu’il joue sur une plage avec son frère, Charles Webster Leadbeater, le dirigeant de la société théosophique , discerne chez lui celui qu’il cherche. Il dit avoir décelé une aura exceptionnelle chez le jeune garçon. Doté du pouvoir de lire les vies antérieures, il repère la mission de Krishnamurti comme étant « l’instructeur du monde » que les théosophes attendent. Très vite il le prend sous son aile pour l’éduquer, l’initier, lui donner l’enseignement nécessaire à la réalisation de sa destinée.
Déjà là, le destin se trace loin du commun. Krishnamurti adore cette éducation qu’il considère comme salutaire à sa vie. Et il s’y consacre totalement avec une réelle obéissance.
Jeune, il donne des séminaires et des conférences devant des milliers de personnes dans le monde entier. Rapidement, il apparaît comme un penseur de grande envergure, intransigeant et inclassable, dont les enseignements ne relèvent d’aucune religion spécifique, n’appartiennent ni à l’Orient ni à l’Occident, mais s’adressent au monde entier.
De santé fragile, il traverse des épisodes physiques difficiles, et c’est au cours d’un de ces moments de douleur intense, où en apparence il perd connaissance, qu’il vit un processus d’éveil spirituel :
[…] J’étais suprêmement heureux, parce que j’avais vu. Rien n’a pu jamais être identique. J’ai bu à l’eau pure et claire et ma soif a été apaisée. […] J’ai vu la Lumière. J’ai touché la compassion qui guérit toute peine et toute souffrance ; ce n’est pas pour moi-même mais pour le monde. […] L’amour dans toute sa gloire a intoxiqué mon cœur ; mon cœur ne pourra jamais se refermer. J’ai bu à la fontaine de la Joie et de l’éternelle Beauté. Je suis intoxiqué de Dieu.
À partir de cette expérience, ses ressentis se modifient, et il se distancie de l’enseignement et de l’éducation qu’il reçoit.
La mort inattendue de son frère adoré, avec lequel il vit toute son initiation, le plonge dans une profonde douleur contre laquelle il lutte. L’expérience intérieure et spirituelle qui en ressort confirmera un changement total en lui.
Il refuse d’être le messie, il refuse d’être un gourou, et il dissout la société spirituelle qui s’est érigée autour de lui. Âgé de trente-quatre ans, il prend une trajectoire autre qu’il ressent profondément, et c’est peut-être en cela qu’il est précurseur du 3e millénaire.
Il n’y a rien là de tellement extraordinaire puisque je ne veux pas de disciples et je tiens à le dire. Dès le moment où l’on suit quelqu’un, on cesse de suivre la Vérité. Je ne me préoccupe pas de savoir si vous faites attention ou non à ce que je dis. Je veux faire une certaine chose dans le monde, et je la ferai avec une invariable concentration. Je ne me préoccupe que d’une seule chose essentielle : libérer l’homme. Je désire le libérer de toutes les cages, de toutes les peurs, et non pas fonder des religions, de nouvelles sectes, ni établir de nouvelles théories et de nouvelles philosophies.
Tout le reste de sa vie, Krishnamurti rejette obstinément le statut de gourou que certains veulent lui faire endosser. Il ne cesse d’attirer un large public dans le monde entier : en Europe, en Australie, en Inde, en Amérique du Sud, aux États- Unis, mais sans revendiquer la moindre autorité ni accepter aucun disciple ; il s’adresse à ses auditeurs de personne à personne. Il passe sa vie à transmettre de manière libre.

(…)

Pour lire l’article en entier REFLETS n°36 pages 78 à 80

LA PRISON, CHEMIN DE TRANSFORMATION INTÉRIEURE

 

 

Condamné injustement, Roger se retrouve emprisonné dans une cellule de 6 m2, presque borgne, suffocante en été, glaciale en hiver. Il ressent la mort de son frère, tué dans un hold-up, comme un échec et une trahison personnelle de la promesse faite à sa mère.

Le début du chemin : l’amour plutôt que la haine

Du fond de sa cellule, seul, victime d’humiliations quotidiennes, vivant dans une ambiance de haine entre détenus, il découvre la colère qui habite au fond de lui. Celle-ci est incommensurable et lui fait frôler la folie. Dans ces conditions, il lui aurait été facile de se laisser consumer par la haine. Faire souffrir à la mesure de sa propre souffrance, voilà le cycle infernal de celui qui demeure en prison. Plusieurs années lui sont nécessaires pour admettre que la colère et les accusations dans lesquelles il sombre ne le conduiront qu’à sa propre destruction. Un jour, il décide de renoncer à ce cycle mortifère. Plus rien ni personne ne le fera désormais succomber à la haine. Au contraire, il essaiera de comprendre, de pardonner et d’aimer tout événement aussi injuste soit-il. « Un après-midi, je devins tellement plein de colère et ma poitrine me faisait tellement mal que je pensais que j’allais mourir. Je me couchai sur mon lit, fermai les yeux et je demandai à Dieu de m’aider. Je ne pouvais pas le faire seul et en même temps je ne pouvais pas continuer à vivre ainsi. Et à ce moment-là, j’entendis une voix qui me parlait à travers le temps, chaleureuse, caressante, pleine de compréhension et remplie d’amour. Et cette voix était celle de ma grand-mère qui me disait : « Roger Wayne, tu ne peux toucher le cœur, mais le cœur peut te toucher. Laisse-le te toucher. Laisse-le te guérir. Prie et ouvre ton cœur afin que l’Amour se fasse entendre. » Se remémorant les moments importants vécus avec elle, il se rend compte qu’elle lui a appris le pardon sur lui-même et les autres, il met en pratique le droit de se tromper. Elle lui répétait sans cesse : « Mon garçon, si tu laisses ton cœur fermé au monde, le monde te laissera son cœur fermé. » Il décide donc d’arrêter de se plaindre et trouve en toutes circonstances une bonne raison de remercier pour ce qu’il a.

Il n’y a pas de honte à être gentil !

Depuis ce jour, il cherche la paix, il se met à prier, pour ouvrir son cœur. Il ne s’adresse pas à un dieu en particulier, car sa foi est libre. Sa grand-mère est devenue la confidente invisible de son cœur. Il tente de voir un enseignement en toute chose, même avec les insectes qu’il voit dans sa cellule : « Je ne les tue pas, parce que la même force qui m’a donné la vie, leur fournit aussi la leur. Tout ce qui existe a été placé ici pour une certaine raison. Je permets aux insectes d’avoir leur espace, et j’ai le mien. Les insectes m’apprennent des leçons. J’observe quelle force immense il faut pour rester en vie et exister. Leur courage me donne de la force. »[1] Se souvenant que sa grand-mère lui a aussi enseigné qu’ « il n’y a pas de honte à être gentil », Roger décide de mettre en pratique l’art de la bénédiction, l’art de bénir toutes choses, même ses bourreaux quotidiens, car bénir les autres, c’est se bénir soi-même. Alors, peu à peu, au lieu d’être responsable par culpabilité, il devient responsable par tendresse envers les autres.

Chaque épreuve peut devenir une bénédiction

Son attitude nous enseigne qu’une autre réponse est possible : à travers un choix responsable, triompher de la haine en toutes circonstances. En effet, au cœur de chacune de nos vies pouvons-nous toujours choisir ce qui nous rend meilleur. Nos épreuves, même injustes en apparence, sont des opportunités d’être meilleur. La plus grande d’entre elles peut devenir notre plus grand défi, car nous nous construisons en traversant des expériences qui sont des enseignements, et finalement tout peut devenir une bénédiction si nous percevons l’enseignement que la vie nous adresse dans ce qui nous arrive.  Ainsi, il reconnaît : « J’ai traversé tant d’épreuves en apparence injustes. Mais j’ai tellement gagné en expérimentant la victoire sur ces souffrances. »

[1]. Roger McGowen et Pierre Pradervand, Messages de vie du couloir de la mort, éditions Jouvence.

 

Pour lire l’article en entier, REFLETS 36 pages 28 à 30