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Trois profondeurs du Dialogue Essentiel, Interview de Denis Marquet

Trois profondeurs du Dialogue Essentiel

Interview de Denis Marquet

Normalien de formation, Denis Marquet est philosophe et écrivain. Il pratique la philosophie comme une thérapie existentielle, au moyen d’un questionnement vivant avec des êtres en quête du sens de leur vie. Ses derniers livres interrogent la philosophie du Christ avec un roman, Le Testament du Roc, et deux essais parus en 2018 et 2019 aux éditions Flammarion : Oser désirer tout et Aimez à l’infini.

Quelle est votre expérience du Dialogue Essentiel, inspiré ? Cette voix intérieure qui répond à nos questions ?
Nous pouvons vivre à trois niveaux ce dialogue avec l’essentiel, avec la transcendance, avec ce qui nous dépasse, peu importe le nom que nous donnons à cette dimension. Nous pouvons l’appeler Dieu, ou ne pas la nommer.
Le premier niveau est celui de la tête, ce sera un dialogue d’informations. J’ai une question, la réponse m’est donnée sous la forme d’une information. À charge pour moi de la mettre en œuvre, avec mes propres forces (ce que je sais, ce que je sais faire). Mais ce premier niveau n’est pas fait pour durer. De fait, au cours d’un cheminement spirituel, arrive un moment où les informations diminuent. Le divin nous propose le dialogue sur un mode de moins en moins informatif, car il nous appelle à un niveau plus profond.

APRÈS LE DIALOGUE AVEC LA TÊTE, LE DIVIN NOUS FAIT
ENTRER DANS L’EXPÉRIENCE DU CŒUR

À ce moment-là, nous entrons dans l’expérience du cœur. Le divin nous appelle alors dans la relation à autrui, notamment sous la forme d’une ouverture du cœur qui augmente notre perception de l’autre, de son être véritable, par-delà ses conditionnements. Beaucoup d’intuitions, d’inspirations se présentent, fondées sur une vision de l’être unique qu’est l’autre, et de ses véritables besoins.

Une relation d’être à être commence à se développer. C’est la dimension du Christ qui émerge là, la deuxième personne de la Trinité : une unité relationnelle qui constitue la coupe permettant de recevoir l’être du Père, la source de vie. Mais cette source-là peut se tarir elle aussi, signe que nous sommes appelés à un niveau encore plus profond : le centre des entrailles. C’est-à-dire le lieu où le divin nous met en mouvement directement. Cette dimension des entrailles, très importante dans les Évangiles, est masquée par les traductions. Neuf fois dans les quatre Évangiles, il est question des entrailles du Christ, et une seule fois du cœur du Christ. Or, nous élevons des basiliques au Sacré-Cœur, mais on ne dit rien des entrailles sacrées du Christ. Lorsque vous lisez, dans les traductions des Évangiles, que Jésus est pris de pitié, souvent le texte original dit en réalité que ses entrailles sont remuées. Or, dès qu’elles le sont – celles du Christ, mais également celles du père du fils prodigue ou du Bon Samaritain – immédiatement l’être est mis en acte. Pour Jésus, ce mouvement spontané peut aller contre ce qu’il avait prévu de faire. Par exemple, au moment où il apprend la mort de Jean le Baptiste, Jésus a besoin de se retirer pour se recueillir et prier. Mais il voit que des foules le suivent sur le rivage, aspirant à sa présence ; c’est là que ses entrailles sont remuées. Il renonce alors à son projet personnel et va enseigner à ces foules. Les entrailles sont donc le lieu où le divin peut nous toucher et nous mettre directement en mouvement pour l’autre.

NOS ENTRAILLES SONT LA SOURCE DE NOS ACTES

Nos entrailles sont la source de nos actes. Mais elles peuvent engendrer un acte soit pulsionnel soit inspiré. L’acte sera inspiré si nous autorisons le divin à venir nous toucher dans ces profondeurs ; donc, si nous acceptons que notre conscience y descende. Ainsi le dialogue avec la source culmine paradoxalement au point le plus bas. Il faut accepter une baisse de la clarté sur le plan de la compréhension (la tête) quand les informations se tarissent, puis consentir à ce que la clarté par rapport à autrui diminue aussi. Nous nous sentons perdus, mais c’est alors que nous sommes guidés par le Christ, lui qui s’adresse précisément aux « brebis perdues ». Plus nous sommes guidés, moins nous savons où nous allons ! Car nous sommes mis en mouvement d’une façon spontanée, reliée. Nous recevons nos actes. C’est la partie la plus intéressante de ce dialogue parce qu’alors, le divin met en mouvement le corps, donc il le pénètre et l’infuse progressivement. Ainsi se crée notre corps de résurrection. La clarté peut alors revenir au niveau du cœur et de la tête. Mais seulement parce que nous y avons renoncé, parce que nous avons accepté d’être guidés dans des profondeurs telles que nous nous y sentons comme un aveugle conduit par un voyant. Nous ne savons pas où nous allons, mais, à chaque instant, nous nous confions. Quand mes actes sont inspirés, je peux commencer une phrase sans savoir comment je vais la terminer, m’engager dans une entreprise sans avoir de raison ni de but. Nous agissons parce que nous sommes mis en mouvement par la source, sans garantie qu’il s’agisse bien d’elle. À ce niveau de profondeur, la dimension de la foi est essentielle. Mais nous constatons que les actes sont féconds. Nous nous ouvrons à l’inattendu, au Nouveau dont parlent les Dialogues avec l’ange. La spiritualité, c’est l’ouverture au nouveau. Quand elle est vécue au niveau des entrailles, nous avons l’impression d’être à la fois dans la nuit noire et parfaitement guidés.

(…)

Pour  lire l’article en entier Reflets n° 32 pages 59 à 61

Du Dialogue Essentiel À LA TÂCHE

Selon l’enseignement de Gitta Mallasz et de Bernard Montaud, le Dialogue Essentiel mène à la Tâche dont elle est la concrétisation.
Qu’est ce que la Tâche ? Le service à la vie qui couronne la phase active de l’existence, car il est l’application des qualités uniques déposées en chacun. Ces qualités ne sont autre que le retournement –par le Dialogue Essentiel– des misères qui constituent notre personnalité.
Ci dessous, quelques exemples de Tâches issues de cette filiation.

Marcher et Aimer, Alain Sicot

Pendant de nombreuses années, j’ai pratiqué l’Assise immobile dans l’association Artas, fondée par Bernard Montaud. Mes premières actions ont été de prendre la force de vie qui me manquait, et cela est passé par apprendre à écrire, à m’exprimer, à m’engager de plus en plus jusqu’à enseigner dans l’association Artas, puis dans
4 saisons-marche, l’association que j’ai fondée. Moi qui suis un ancien illettré mutique, il me faut trouver les mots qui me manquent, et seuls mes dialogues avec mon ange le rendent possible.

Aider les égarés, Ramon Junquera

Alors que j’étais un marginal, issu des cités, avec des problèmes d’addiction aux drogues, je rencontre Bernard Montaud qui me dit : « Suivre une voie spirituelle, c’est être un adulte responsable avec un métier assumant ta vie et celle de ta femme et de tes enfants. »
Je comprends alors qu’il faut une terre en ordre pour recevoir un ciel en ordre.
Grâce à ma relation avec cet homme et à l’enseignement reçu, je suis en mesure aujourd’hui d’accomplir ma Tâche en aidant ceux qui me ressemblent, c’est-à-dire les égarés, afin qu’ils retrouvent une vie juste et responsable et redeviennent des citoyens à part entière.  Le but consiste à redonner une noblesse à ceux qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes et à faire la différence entre travailler sur soi et se doper. Progresser, c’est autre chose que transgresser. Le travail sur soi, c’est la véritable ivresse, bien différente de celle produite par des drogues.
Association A.D.D.I.C.T .(Accompagnement des dépendances individuelles consciemment transformées)
junqueraramon@gmail.com

Accompagner les mourants,  Colette Junquera

La maladie et la mort ayant fortement interpellé ma vie, j’ai fondé en 2011 une association d’entraide d’accompagnants de grands malades et de mourants.
La mort me faisait peur, au point de disparaître, dès qu’un proche était en fin de vie.
Et puis mon papa est tombé gravement malade. Aidée par mon mari et par l’amour spirituel qui m’unissait à Bernard Montaud, je suis parvenue à me dépasser pour aller à ses côtés.
Quelle chance ! Sans cette force spirituelle, je serais passée à côté d’une incroyable expérience d’amour avec ce papa mourant.
Depuis cette expérience fondatrice, la mort n’était plus source d’impuissance mais source de vie !
Et cela m’a été bien utile, quand, peu de temps plus tard, mon mari est tombé soudainement très gravement malade.
Là encore, mon chemin spirituel a été déterminant, et j’ai appris les lois essentielles de l’accompagnement d’un grand malade
AAMM (Association d’accompagnants de malades et de mourants)
junquera.colette@gmail.com 

REFLETS, un besoin de sens Christian Roesch

Sans le coup de main de l’ange – coup de pied, je dirais même – pas de Tâche.
Certes, de dialogues en actes, le chemin auprès de Bernard Montaud m’a préparé dans des compétences diverses : l’enseignement de la Psychologie nucléaire et des textes traditionnels, la responsabilité des « cahiers d’Artas »,  l’organisation d’un congrès de la spiritualité laïque (JISL).
Je m’étais fait le serment de commencer ma Tâche avant la retraite. Celle-ci approchait et je ne voyais toujours pas ce qui pouvait me faire changer de vie. Un accident de moto en sortant de mon cabinet de chirurgien-dentiste a tout fait basculer. Le dialogue le plus dense que j’ai expérimenté a décidé de la suite : dans la douleur du choc contre une voiture, le temps du cri servant à rester conscient, j’ai dû choisir : « Vas-tu en vouloir à ce conducteur et ça restera un accident ou vas-tu lui pardonner et c’est une autre vie qui t’est proposée ? » J’ai décidé de pardonner. J’ai dit OUI.

AER : Accompagnement Écriture Reflets
redaction@revue-reflets.org

Médecine des Actes, Jean-Patrick Chauvin

J’ai toujours eu ce sentiment que la médecine resterait « boiteuse » si l’on ne prenait en compte que la dimension visible de l’homme sans intégrer sa vie intérieure.
Un pas à pas premier de découverte de cette « vie intérieure » me conduit à rencontrer un homme – Bernard Montaud – qui vient de fonder une voie spirituelle de pratique des Dialogues Essentiels dans le concret de l’existence.
Il nous apprend à rencontrer notre vie intérieure à travers le corps s’affrontant à l’immobilité et au silence.
Au fil des années, je vais recevoir un double enseignement : une véritable « biologie de la vie intérieure » [1] et la pratique du dialogue intérieur.
Chaque jour, s’arrêter sur une petite douleur d’existence (physique ou psychique) ; chaque jour, s’entraîner à identifier la réalité de la souffrance intime ; chaque jour, apprendre à questionner et à mettre en pratique les réponses reçues.
Cela a été une première étape d’apprentissage de ce Dialogue Essentiel.
Puis assez « naturellement », ce sont mes douleurs de médecin qui sont venues sur le devant de la scène. Même jeu de questions-réponses, mais sur « ma » médecine ; ainsi pas à pas, s’est construite Médecine des Actes, issue de mes propres dialogues, intimement accompagnés au début de ceux de Bernard Montaud. Le fondement de Médecine des Actes verra le jour dans la construction d’une véritable « pédagogie » de la santé humaine.
[1]. MONTAUD Bernard & Coll., La Psychologie nucléaire Un accompagnement du vivant, éd. Éditas.

Chœur de Mamies, un jardin d’enfants défavorisés
Josiane Guillaume

                                                                                                                                                          Lors d’une rencontre avec la directrice adjointe d’une structure d’accueil aux SDF, je m’entends dire : « J’ai mal de ne servir à rien. Je sais que c’est ici que je peux aider et j’ai à découvrir qui et comment. »
Le service Urgence-Familles accueille des mères ayant subi des violences et leurs enfants. Je fais connaissance de l’éducateur de permanence, désabusé, qui me confie : « La structure fait tout pour aider les adultes à retrouver leur dignité, un toit et un travail, mais est démunie face aux enfants. Les mères arrivent après avoir subi des violences, et leurs enfants sont marqués par le drame. Ces femmes se sous-estiment, n’arrivent pas à communiquer avec les autres résidents et se terrent. Plus elles vont mal, plus leurs enfants vont mal. Si, prises de colère, elles usent de violence, nous sommes obligés de faire un rapport, et leurs enfants leur sont enlevés. »
Une intuition me traverse. Se superposent le point d’orgue de ma douleur de petite fille de trois ans, abandonnée dans un centre d’accueil, qui se sent une mal-aimée, désespérément seule, et l’évidence que je suis attendue pour fonder un jardin d’enfants pour les sortir du drame, leur donner de la tendresse et de la joie, réveiller leur sourire et offrir aux mamans un temps de liberté. Là est la réponse aux besoins de la structure et à mon besoin de servir mes pareils.
www.choeurdemamies.org

Pour lire les articles en entier, Reflets n° 32 pages 33 à 36

“A lire : Rétrospective du dialogue essentiel légué par Gitta Mallasz “

CONFIDENCE D’ARTISTE,Frédérique Bedos, semer le désir d’agir

CONFIDENCE D’ARTISTE
Frédérique Bedos, semer le désir d’agir

Après une enfance éprouvante qu´elle a racontée dans La Petite Fille à la balançoire, aux éditions Les Arènes, Frédérique Bedos est devenue présentatrice télé par la magie d´une rencontre inopinée. Désormais, elle se consacre intégralement au Projet Imagine, l´O.N.G. qu´elle a fondée. Dans ce cadre, elle réalise des films inspirants sur des héros au grand cœur, dont récemment Jean Vanier auquel elle rend hommage dans le cadre d´un long métrage émouvant, Le Sacrement de la tendresse. « Se sentir utile aux autres, c´est la clef du bonheur », nous dit-elle. Son sourire profond, habité, sa joie de vivre exultant en grands rires nous ont enthousiasmés. Après seulement quelques minutes de rencontre, nous savions que nous avions affaire à une grande dame.

Qu’est-ce qui est à l’origine du Projet Imagine ?
µCe sont d’abord mes compétences professionnelles. Puis, à un moment, j’ai reçu l’inspiration sur la façon dont je pourrais les utiliser au service des valeurs qui m’ont sauvée dans mon enfance. La violence a envahi les écrans et la façon de décrypter le monde est de plus en plus anxiogène. Or, la peur est la pire des conseillères, amenant au repli sur soi, à la stigmatisation de l’autre. In fine, on va bâtir des murs pour se séparer les uns des autres. N’est-ce pas le phénomène que nous observons dans le monde aujourd’hui ? Au même moment où je me pose ces questions d’ordre professionnel, j’ai l’histoire de mon enfance qui revient à la surface.

C’est-à-dire ?
Il y a des moments dans la vie où nous avons des rendez-vous avec nous-même. Toute une partie de ma jeune vie d’adulte était une fuite en avant, suite à une enfance tellement sérieuse, pleine de responsabilités. C’était lourd à vivre. Aussi dès que j’ai pu goûter à un peu de légèreté, je m’y suis engouffrée parce que j’avais absolument besoin de cette bouffée d’oxygène, c’est-à-dire faire des bêtises, ne pas me préoccuper. Et voilà qu’en plus, je me retrouve dans les médias, synonyme de voyages, d’aventures qui ne faisaient pas partie de mon monde. Sans me poser de questions, j’ai foncé droit devant de peur d’être ré-aspirée par des souvenirs douloureux. Sauf qu’un jour, ça vous rattrape. À un moment, votre inconscient ouvre la boîte de Pandore. Et j’ai fait une dépression, et le seul moyen de m’en sortir était de recoller avec ce qu’il y a de plus profond en moi, c’est-à-dire les valeurs d’humanisme, de solidarité, d’entraide, de tendresse qui m’ont sauvée quand j’étais petite. C’est aussi cette empathie qui fait qu’on a tellement mal pour l’autre : je t’aime parce que je suis toi et c’est cela qui est à redécouvrir. Nous ne sommes pas isolés les uns des autres. Cela fait peur parce que ça veut dire qu’on va souffrir, mais c’est cela, prendre le risque d’aimer. D’un coup, le sort de l’autre nous importe et vient nous toucher dans notre chair. C’est à ce prix qu’on va pouvoir s’entraider et s’aimer.

Le Projet Imagine, c’est une autre manière de faire du journalisme ; quelle espérance contient-il ?
C’est notre ligne éditoriale qui chapeaute tous nos contenus audiovisuels. C’est une façon de narrer le monde, en réussissant à rester proche du grand public, sans tomber dans l’élitisme. Essayer d’éclairer les enjeux du monde, tout en montrant bien que c’est subtil, complexe et que vous n’avez pas toutes les clés, rend humble et donne de l’espoir. J’espère donner cette posture d’humilité aux personnes qui reçoivent les messages en les mettant devant la question : « Qu’est-ce que je peux faire pour aider ? » On va regarder la situation telle qu’elle est sans se voiler la face, en gardant un regard tourné vers le futur de façon résolument constructive. Et quand il y a de l’espérance, il y a de la joie. C’est ça la subtilité et c’est là où nous sommes dans du constructif. C’est là aussi que je trouve la noblesse du métier de journaliste : d’une situation complexe, comment réussir, sans la dénaturer, à la rendre accessible au grand public qui n’est pas un spécialiste du sujet. Le but est de créer la contagion qui se traduit par des actions de la part du public. Je dois réussir à le transformer de spectateur en acteur, en quelqu’un qui va se lever de son fauteuil pour agir. C’est ça le pouvoir de l’émotion, et c’est ce qui me met en mouvement. J’assume totalement de faire un journalisme qui ne se prétend pas objectif, mais qui accepte totalement sa subjectivité. Soit tu es un être humain, soit tu es un robot. C’est un souci d’honnêteté d’assumer totalement sa subjectivité en faisant en sorte qu’on puisse la distinguer de façon facile. Le spectateur sait à ce moment-là comment se situer, sans lui enlever la liberté de se positionner par rapport à votre point de vue. Quelqu’un dont je fais le portrait, je l’ai choisi, car pour moi, c’est un héros. Alors oui, mon reportage est orienté, car il est plus un hommage qu’une enquête. Je vais raconter une histoire qui est la plus authentique possible, et l’authenticité et l’objectivité, ce n’est pas la même chose. Le journalisme n’est utile que s’il va jusqu’à donner l’envie d’agir, sinon à quoi sert-il ? Nous sommes envahis de nouvelles – d’ « infobésité » – qui deviennent une pollution. Comment faire le tri entre ce qui est utile et ce qui va élever ? Du coup, je fais du journalisme incarné, en m’appuyant sur la vie d’hommes et de femmes, les nouveaux héros. De là découle toute cette ressource infinie d’émotions qui vient jouer sur l’effet miroir créant l’empathie, quel que soit le héros. Il y a toujours quelque chose de l’ordre de l’universalité de notre humanisme qui passe. C’est-à- dire ces hommes et ces femmes nous ressemblent : ils ont des joies, des peines, des espérances, des rêves, des épreuves. Nous nous y reconnaissons. Derrière cette incarnation, il y a une intensité de vie chez ces êtres, qui va sonner comme une invitation pour chacun de nous à vivre la grande aventure humaine.

La vie intense, c’est servir ?
C’est AIMER !

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Voir la suite de l’interview de Frédérique Bedos en page Articles inédits

Pour lire l’article en entier Reflets n° 32 pages 74 à 78

Dialogue essentiel : “l’héritage”

L’HÉRITAGE DE GITTA MALLASZ

Suite de :  rétrospective DU DIALOGUE ESSENTIEL

Sa disparition va accélérer notre propre croissance. Bernard écrit le récit de sa mort dans La Vie et la Mort de Gitta Mallasz. S’ensuit une tournée de conférences avec ses plus proches collaborateurs. Bernard n’aura de cesse de faire fructifier cet héritage, inventant encore de nouveaux outils et prolongeant l’enseignement des Dialogues par sa propre expérience. Tout comme les applications de nos smartphones répondent à nos multiples problèmes extérieurs, il crée des « applications » répondant à nos multiples problèmes intérieurs.

Année 2000. Les premières Tâches voient le jour.

Sous l’impulsion de Gitta puis de Bernard, je fonde moi aussi ma propre forme d’accompagnement des Dialogues en créant le « dialogue miroir » comme pratique de base ainsi qu’un « dialogue avec le corps ». Gitta m’a si souvent exhortée à profiter de ma simplicité pour rendre cette expérience plus accessible : « Invente des jeux qu’un enfant de quatre ans puisse comprendre, des jeux que l’ego ne va pas aimer, lui qui ne veut que des exercices spirituels difficiles. »

D’autres également inventent des outils : une aide aux malades avec la Médecine des Actes, une aide à ceux en proie à une addiction, un accompagnement des mourants, une revue pour une autre lecture de l’actualité, la marche où le dehors renvoie au-dedans.

Au-delà de l’aide humanitaire, la Tâche est ce qui nous oblige à nous dépasser continuellement. Elle nous pousse à vivre avec notre ange au quotidien parce que nous en avons un besoin vital. La Tâche, c’est aider ceux qui ont une misère comparable à la nôtre : parce que nous avons appris à marcher là où nous étions handicapés, quoi de plus normal que nous tendions à notre tour la main à ceux qui ont le même handicap.

Année 2006. Inauguration du Centre des amis de Gitta Mallasz

 

 

 

 

 

 

 

Artas se développant, nous devons quitter Tartaras. Gitta souhaite, pour les « précieux chercheurs » que nous sommes, un beau lieu pour que la beauté extérieure stimule notre beauté intérieure. Nous le trouvons, en 2002, au cœur de l’Indre.
Après moult travaux, l’inauguration du centre rassemblera 600 personnes : des maîtres spirituels de plusieurs traditions ou religions, des hommes politiques de la région, des artistes et bien sûr les membres de notre mouvement.

Autour du livre Dialogues avec l’ange, tant d’initiatives ont vu le jour ici et là ! Pourvu que nous soyons tous contagieux de nos différentes expériences et tolérants de celles des autres.
Notre particularité est notre filiation à Gitta Mallasz. C’est elle qui nous a faits, quoi de plus normal que notre centre où nous transmettons son enseignement porte son nom.
Portés par l’énergie de mon époux, nous réussissons à exaucer le vœu de Gitta : créer un lieu où vivent de concert le sacré et la fête. Un lieu de bonne vie !

En 2007, Gitta aurait eu cent ans. Nous avons fêté cet anniversaire autour de la sortie d’un film, réalisé par un producteur italien, retraçant toute l’histoire des Dialogues d’hier à aujourd’hui [1] .

La même année, je crée l’association Les Amis de Gitta Mallasz pour permettre à chacun de vivre ses propres dialogues. Je souffre que les gens ouvrent le livre des Dialogues, s’émerveillent et le referment, sans chercher à traduire ce qui les a touchés, sans avoir questionné leur ange, sans que rien ne change à leur vie.

En 2012, Gitta reçoit à titre posthume la médaille des « Justes parmi les nations » pour avoir sauvé une centaine de femmes juives pendant la guerre.

[1].  BANDIERA Giuletta et FONSECA Gabriele, Dialogues avec l’Ange, film documentaire.

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 32 pages 30 à 32

Dialogue avec le silence

Dialogue avec le silence

Frédérique Lemarchand

Frédérique Lemarchand est née à Limoges en 1977. À partir de 1997, elle étudie les arts du feu, la restauration de tableaux anciens, le vide et le plein dans la peinture orientale. En 2012, elle subit une transplantation coeur-poumons d’où s’ensuivent une E.M.I. et un coma. En 2015, elle rencontre Annick de Souzenelle qui lui prodigue des enseignements d’anthropologie biblique sous l’angle ontologique. En 2016, elle publie le livre autobiographique poétique Cantique du Cœur.
À suivre ses expositions de toiles, séminaires, conférences, peinture en direct.

Me voici appelée dans un silence qui absorbe le monde. Je suis chemin d’inspiration, sous un ciel vertical qui tire à lui les senteurs des abîmes jusqu’en terre de peinture. Fini le règne des câbles serpentant le mental qui contrôle tout. Je quitte ce monde opaque et rencontre le sensible, l’inattendu, le pressenti, la perception où tout se reflète. J’épouse la pluie limpide d’un ciel serein sur l’atelier, la visite impromptue bleue irisée du martin-pêcheur, gardien de la rivière qui roule en contrebas. Tous m’électrisent d’une densité tellurique.
J’ai le souffle coupé de ressentir tout ce que je ressens. Et, pour n’être plus exilée face à l’inouï, il en va de l’entrée en moi-même comme de l’approche d’une terre blanche. Je hisse sur mon chevalet une toile immaculée de silence.
Créer, c’est facile, il suffit de sauter à pieds joints dans le vide, c’est-à- dire dans mon coeur. Traversée par la sève créatrice, je suis habitée par le Souffle qui se dilate en moi, plus profond que moi-même.
Ma silhouette se détache alors indigo dans l’athanor de ma toile. La riche toison du lion balance sa flamme dans mes pigments. S’allume en moi un feu que ma poitrine ne peut contenir. Je brûle d’une peinture capable d’ouvrir un nouvel horizon aux lèvres « collabées » de la nuit. Dans un tremblement du toucher de l’être, l’aurore infinie décolle du fini. C’est un don de vie à la vie, don insaisissable. L’invisible fuse dans le visible en d’innombrables mutations qui s’évanouissent. La création ne vient plus de moi.
Entre le monde et moi, la toile d’une métamorphose. Une chrysalide d’empreintes parcheminée de larmes. Un palimpseste de sueur et de poussière. La poussière du monde entier, collée à la peau du présent, au rideau de tous les temps de la vie.
Je déchire, je malaxe, je « manduque » mon cœur avec le cosmos afin qu’ils deviennent chair de peinture.
Les conditions sont réunies pour une nouvelle naissance. Morte enceinte du germe, je célèbre la vie meurtrière en moi. Le couteau de la vie avec le pinceau tranchent dans le vif. Le sang est peinture, elle, à moitié vivante et moi, à moitié morte. L’esprit et l’âme sont les deux yeux par lesquels je vis. J’incise la fente d’une bouche dans la pourpre de Ton visage. Visage de tous les visages, comme le mien foudroyé, inaliénable, essaimé, émietté. Substance de ma substance, poussière de la lumière, lumière de la matière s’étreignent férocement. Mon cœur absorbe la peinture et la manifestation absorbe mon coeur à l’image du célébrant qui donne et qui reprend !

(…)

Peindre, c’est recevoir ce qui me déborde au creux de ma solitude. Tout se passe comme si la manifestation posait la question de l’équilibre de quelque chose de mouvant, muet, hurlant, invincible, provisoire, volatile et d’une extrême fragilité.
La fertilité de cet état d’attention flottante germe et croît sous la cicatrice de mon corps qui n’est pas son tombeau. Je ne peux pas capturer l’éternel. Ce qui m’est révélé se retire et l’horizon s’éloigne. Le vivant ne se laisse pas emprisonner.
Je ne peux que rendre témoignage à la Lumière.
Par la fenêtre de l’atelier passe un rayon de lumière libre et nu qui s’amuse sur la toile. La respiration, le souffle, le flux. La cendre et la poussière dans le faisceau lumineux sont comme rendues à leur virginité première. Trace insaisissable du sans-trace.
Il ne reste que ma peinture assoiffée pour me faire éprouver inlassablement l’étrange sensation intime que je vis toujours en une consubstantielle compagnie. Je vis la sublimation de deux états dont le mélange crée un troisième. Triade où douleur et joie sont une même chose dans l’amour fort qui abolit toute séparation.
Dialoguer avec le silence, cela reste une expérience secrète et mystérieuse indéfiniment enfouie, tel le levain dans la pâte humaine.

www.frederiquelemarchand.com

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 32 pages 47 à 48

Rétrospective DU DIALOGUE ESSENTIEL

LÉGUÉ PAR GITTA MALLASZ

PATRICIA MONTAUD

Patricia Montaud nous livre, en trois parties, l’historique du Dialogue Essentiel légué par Gitta Mallasz, depuis l’expérience fondatrice lors de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui.

Fondatrice de l’association Les Amis de Gitta Mallasz, Patricia Montaud retransmet l’enseignement du dialogue avec l’ange qu’elle a reçu auprès de Gitta. Elle est l’auteur avec son époux de La Vie et la mort de Gitta Mallasz et de Dialoguer avec son ange Une voie spirituelle occidentale. Ensemble ils témoignent d’un chemin accessible à tous ceux qui ont soif de trouver leur propre vérité. www.lesamisdegittamallasz.org   patriciamontaud.org

UNE EXPÉRIENCE ANCRÉE DANS L’HISTOIRE

ANNÉE 1943. UNE EXPÉRIENCE FONDATRICE… EN TEMPS DE GUERRE

Nous sommes en Hongrie : la guerre bat son plein… des milliers de juifs sont déportés… Au milieu de cette folie humaine, quatre amis cherchent le sens : « Comment est-ce possible que nous, les humains, en soyons arrivés là ? » Au lieu d’accuser des coupables au-dehors, ils vont chercher leur propre responsabilité au-dedans et faire le bilan de leur vie. Et parce qu’ils ont ce courage, ils vont réveiller cette vérité tapie en chacun de nous : « cette partie de nous qui sait » et qu’ils appelleront par la suite leur maître intérieur, leur ange.

LES QUATRE AMIS, QUI SONT-ILS ?

Hanna Dallos, Joseph Kreutzer son mari, Gitta Mallasz et Lili Strausz vivent une réussite professionnelle dans des métiers modernes. Ils sont graphiste, décorateur, professeur d’expression corporelle et designer. Et ils s’interrogent depuis longtemps sur l’évolution de l’homme ; ils ont lu et étudié les textes sacrés de différentes traditions. Hanna est à la fois la plus terre à terre, la plus intuitive et la plus exigeante dans cette recherche. Elle donne des cours de dessin où elle accompagne davantage la vie de ses élèves que leurs œuvres : « Je découvre ce que je dis au fur et à mesure que je leur parle, confiait elle à Gitta. Je vois leur intériorité comme si je lisais une radiographie. » Gitta est la fille d’un général de l’armée hongroise, championne de natation, au caractère indépendant et aventureux. Elle a connu Hanna lors de ses études d’art décoratif, et Lili dans ses cours d’expression corporelle. Joseph, l’époux de Hanna, est le plus secret et le plus discret des quatre amis, mais il est parfois celui qui comprend le mieux l’enseignement qu’ils reçoivent.

LA PREMIÈRE COMMUNAUTÉ

Assez rapidement, ils décident d’habiter ensemble dans une petite maison reculée à Budaliget, dans les environs de Budapest, et pendant dix-sept mois, ils vivent une véritable expérience fondatrice : quatre humains dialoguant avec leurs quatre anges dont Hanna se fait le porte-parole. Avec une soif grandissante, ils questionnent de plus en plus sincèrement et obtiennent des réponses éblouissantes de vérité.

       

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 32 pages  23 à 25