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Jeunes du voyage

Jeunes du voyage

Interview de Catherine Huguel par Laurence Maillard

Catherine Huguel est présidente de l’ASEV88, Association pour l’accompagnement à la Scolarisation des Enfants du Voyage des Vosges. Pour venir en aide à cette population en marge de notre société, plusieurs activités sont proposées dont l’apprentissage de la lecture, l’accompagnement des ados aux cours par correspondance et l’aide à la scolarisation. Trois jeunes bénévoles l’entourent pour l’aider dans sa tâche.

Qu’est-ce qui a motivé la création de votre association ?
Je suis enseignante spécialisée « enfants du voyage » depuis une quinzaine d’années. Au départ, je m’occupais des élèves de maternelle et du primaire. La plupart des familles ne souhaitant pas que leurs enfants aillent ensuite au collège – pensant que c’est un lieu de perdition, sans surveillance, où on trouve de la drogue – elles me sollicitaient alors pour accompagner leurs enfants avec des cours du CNED par correspondance. Par manque de temps, je refusais. Et puis un jour, une maman m’a demandé à nouveau pour sa fille qu’elle avait retirée du collège suite à une altercation avec un professeur. Cette maman m’a touchée par sa détresse et sa volonté de scolariser à tout prix ses enfants. Je connaissais sa fille que j’avais eue en primaire. Elle était brillante et je trouvais dommage qu’elle ne continue pas ses études. Alors j’ai accepté. Petit à petit le bouche-à-oreille a fait ses effets, et chaque semaine, un nouvel enfant souhaitait suivre cet accompagnement. J’ai donc créé l’association pour me mettre en légitimité d’une part, et pouvoir demander des subventions d’autre part.

Au niveau de la scolarité, quels problèmes rencontrent ces jeunes ?
Tout d’abord le voyage reste une idéologie, c’est-à- dire que même sédentarisé, le jeune se considère toujours comme voyageur. Quand les familles bougent, les jeunes sont très peu scolarisés car les familles montrent une certaine méfiance vis-à-vis des écoles qu’ils ne connaissent pas. Il peut arriver aussi que certains établissements refusent de les accueillir pour quelques semaines seulement ; soit l’inscription a lieu en force en passant par la Direction des services académiques de l’Éducation nationale, soit les familles baissent les bras. Et puis il y a un grand décalage par rapport aux autres enfants. Un jour, pour un vol mineur, genre paquet de bonbons, la gendarmerie a été convoquée à l’école. L’enfant a été humilié devant tout l’établissement. Le premier contact avec les forces de l’ordre n’a pas été une réussite. Ce jeune devenu adulte aujourd’hui est toujours en grande difficulté, étant en prison à l’heure actuelle. Certes, c’est une population difficile à gérer : les enfants viennent, partent, reviennent et repartent. Leur scolarisation a été et reste encore complexe et variable d’un établissement à l’autre.

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Êtes-vous aidée dans votre mission ?
Oui, par trois jeunes gens, âgés de vingt-huit à trente ans, que j’ai connus par l’intermédiaire de l’association France Bénévolat à laquelle ils s’étaient inscrits. Il y avait donc un désir de leur part d’apporter une aide quelle qu’elle soit, ce qui est déjà remarquable. On s’attend davantage à avoir une offre d’aide de la part de personnes retraitées. J’en ai eu une d’ailleurs mais qui n’a pas continué. Ces trois jeunes, en revanche, sont là depuis deux à quatre ans.

Ces bénévoles sont-ils dans d’autres associations humanitaires ?
Oui. Je sens chez eux une grande maturité déjà, malgré leur âge. Et leur métier d’ailleurs reflète ce qui les porte : le rapport à l’humain, le domaine social. Je pense que ce n’est pas un hasard. Leur histoire personnelle doit les conduire à s’intéresser si tôt aux autres.

Qu’est-ce qui explique à votre avis cette envie de rester dans votre association ?
Pour moi, ces bénévoles sont aussi importants que les activités que nous faisons avec les jeunes du voyage. Tout d’abord, je privilégie la souplesse. Ils aident à leur mesure. C’est-à-dire que si l’un ne peut pas venir m’aider un jour, eh bien, il ne vient pas. Il n’y a aucune obligation, de la même façon qu’il n’y en a aucune pour les jeunes du voyage. Parfois ils ne viennent pas au cours. Nous ne savons jamais à l’avance le nombre qu’ils seront. D’autre part comme ces bénévoles sont jeunes, des liens se tissent plus facilement avec les ados du voyage. Ils sont un peu leurs grands frères et sœurs. Et puis j’ai mis en place des temps conviviaux rien qu’avec eux. Nous échangeons, partageons nos sentiments sur la manière dont s’est passé le cours. Ils se sentent investis au même titre que moi. Nous nous posons des questions sur ce qui pourrait être amélioré comme, par exemple, ce que nous pourrions faire par rapport à l’entrée au collège ou comment traiter au mieux les débordements qui ont pu avoir lieu durant le cours. Ce sont des moments aussi où nous rions. De plus, ils osent même se confier et faire part de leurs difficultés dans leur vie. Ayant fait un travail sur moi-même, j’ai quelques « tuyaux » à leur transmettre.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 29 pages 56 à 58

Brigitte Lahaie, Osez !

Brigitte Lahaie, Osez !

Du lundi au vendredi, de quatorze à seize heures sur Sud Radio, Brigitte Lahaie dispense ses conseils sur tout ce qui touche la sexualité de près ou de loin. Souvent, elle fait appel à des spécialistes. Son expertise ne fait aucun doute depuis quinze ans d’antenne. Cependant, pour un propos – non politiquement correct – dans le cadre de l’affaire Weinstein, une vindicte violente a été déclenchée. Elle s’en explique dans un livre Le Bûcher des sexes. Touchés par sa vision de la relation homme-femme, nous l’avons rencontrée dans le studio à la fin de son émission.

Suite aux critiques sévères à votre encontre, comment vous sentez-vous intérieurement ?
Toute épreuve est toujours positive pour moi. Cela m’a permis d’écrire ce livre Le Bûcher des sexes. Sur un plan personnel, j’ai pris conscience de deux choses : d’abord, j’étais beaucoup plus en accord avec mes émotions, en sachant que je pouvais me montrer dans ma vulnérabilité, et je n’étais plus autant sur la défensive qu’il y a trente-cinq ans quand est sorti Moi, la scandaleuse. Cela m’a fait du bien, parce que moi qui essaie toujours de dire qu’il faut se montrer tel que l’on est et non pas en voulant être la « super woman », j’ai su montrer finalement que cela m’avait blessée. J’ai réalisé aussi que, de toute façon, quoi que je fasse, je resterai pour certains la « putain » et que j’avais à l’assumer. J’ai traversé une véritable épreuve, non pas au sens négatif du terme mais au sens où on traverse le feu et on en ressort un peu transformé.

Votre analyse sur la relation homme-femme, provoquée par des mouvements féministes comme #BalanceTonPorc ou #MeToo, montre finalement qu’il y a souffrance des deux côtés.
C’est surtout une grande erreur de sacraliser la victime. Il vaut mieux aider les femmes à se reconstruire plutôt que les inciter à porter plainte. Elles y ont droit, certes, mais ce n’est pas cela qui guérit. Je crois qu’il faut faire attention, la victimisation qui est d’ailleurs un courant dans tous les domaines de notre société n’est pas constructive pour la liberté de l’être humain.

Dans votre livre, vous invitez les gens à oser avec un travail d’éducation à la base. Comment rendre cela possible dans la société d’aujourd’hui ?
Il suffit de décider de le mettre en place, en commençant par une éducation affective dès la maternelle.

N’est-ce pas utopique ?
Même si cela semble utopique, c’est une question de désir profond de l’humanité que l’on veut. J’ai soixante-deux ans. Je continue à m’occuper tous les jours de gens qui sont en souffrance. Si je n’étais pas utopique, j’arrêterais. Il y en a quelques-uns qui, grâce à moi, vont mieux. Là où j’essaie de travailler, c’est sur la capacité de chacun à pouvoir se remettre en cause sans systématiquement accuser l’autre. Si déjà on arrivait à cela, je crois qu’on avancerait.

Une sexualité épanouie ne passe-t-elle pas d’abord par une connaissance de soi-même au-delà de la sexualité ?
Je crois que ça passe d’abord par une confiance en soi et en l’autre. La plupart des handicaps dans une sexualité harmonieuse dans un couple viennent des peurs : de mal faire, de ce qu’il va penser de moi, de ne pas être à la hauteur, d’avoir mal. Manque de confiance parce qu’au fond, même une relation sexuelle qui va être « ratée » ce soir-là, qu’est-ce que ça peut faire ? Le fait de « rater » accentue la peur qui conduit à une sexualité complètement bloquée.

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Est-ce un travail sur vous-même qui vous a conduite à cet autre point de vue ?
J’ai laissé le désir diriger ma vie au sens noble du terme. À un moment donné, j’ai essayé de mieux comprendre qui j’étais. À vingt-cinq ans déjà, je me posais des questions. Je m’analysais. J’ai fait de belles rencontres aussi parce que j’ai su les saisir. Aujourd’hui encore, je rencontre des gens extraordinaires qui me font évoluer. J’ai très vite laissé tomber les croyances qui au début nous rassurent, mais qui finalement nous engluent, nous empêchent d’être libres.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 29 pages 79 à 81

Accompagner les jeunes aujourd’hui

Accompagner les jeunes aujourd’hui

Dominique Hubert

Agrégée de l’UCL (université catholique de Louvain) en sciences religieuses, Dominique Hubert a enseigné durant trente-huit ans à des adolescents et à de jeunes adultes. Elle est également formée en éducation biocentrique, en animation de cercles de paroles et de communautés de recherche philosophique. Auteure, compositrice, interprète de chansons françaises résolument enthousiastes, les CD Vivre debout et Chanter pour changer le monde sont disponibles sur Internet. Elle est aussi l’auteure de deux livres parus aux éditions Chronique Sociale.

Le chant d’un moineau qui s’époumone sur le toit d’en face dilate mon cœur et me remplit d’émerveillement devant la beauté du monde.
Comment penser au bien-être des autres si l’on n’est pas en joie soi-même ? Or, trop souvent, c’est la peur qui guide nos ados, comme si l’éducation avait détricoté leur confiance en eux et en l’existence. Il faut ajouter à cette cause le fait que le monde actuel se métamorphose et que les enfants portent en eux les nouvelles réponses auxquelles les adultes n’ont pas spontanément accès.
Enseignante, il m’a été donné d’élaborer un accompagnement des jeunes qui leur ouvre la voie à un processus de retrouvailles avec eux-mêmes qui puise sa source dans des racines profondes et sacrées.
Fraîchement retraitée, ce sont mes anciens élèves qui m’envoient en mission : transmettre ce que nous avons vécu ensemble à ceux qui ont la vocation de guider les enfants et les adolescents. Voilà ce qui donne du sens à ma vie aujourd’hui.
Quand les ados disent vouloir être heureux, leur idée du bonheur s’avère très vague et dépend des circonstances extérieures ; ils ont perdu le contact avec la Vie qui les porte et qu’ils portent dans un éternel mouvement, et avec laquelle ils pourraient fusionner.


Mais lorsqu’ils commencent à ouvrir les yeux sur leurs véritables besoins, voici les demandes qu’ils adressent aux adultes : apprenez-nous à vivre, enseignez-nous les règles du grand jeu de la Vie ; aidez-nous à nous connaître, à percevoir nos émotions, nos besoins, notre potentiel unique, nos valeurs, nos freins, aidez-nous à prendre conscience de qui nous sommes ; apprenez-nous à communiquer vraiment pour créer des synergies avec autrui plutôt que d’avancer contre lui ; apprenez-nous à inventer notre chemin en toute liberté, mais avec un sens aigu de nos responsabilités ; apprenez-nous à détecter ce qui donne du sens à nos existences !
Tout cela ne s’apprend qu’à travers l’expérience, le vécu…

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Pour lire l’article en entier, Reflets n°29 pages 34 à 37

Dégustation de pesticides, Rencontre avec Jérôme Douzelet

Dégustation de pesticides
Rencontre avec Jérôme Douzelet

Mais quelle idée de goûter des pesticides ?
Cela paraît tellement incongru, et pourtant, l’idée est loin d’être sotte. Car comment les reconnaître dans le vin si on ne connaît pas leur goût ?
Jérôme Douzelet l’a fait avec Gilles-Éric Séralini, professeur à l’université de Caen, spécialiste des OGM et des pesticides. Les deux sont administrateurs du CRIIGEN. Ils ont déjà publié ensemble Poisons cachés ou plaisirs cuisinés (éd. Actes Sud). Ils livrent les résultats de cette nouvelle enquête dans Le Goût des pesticides dans le vin (éd. Actes Sud).

Nous avons rencontré Jérôme Douzelet, artisan cuisinier, dans son fief le Mas de Rivet, un magnifique hôtel à proximité de Barjac dans le Gard, perdu aux confins des collines ardéchoises. Un regard franc, bleuté, sur un corps de rugbyman qu’il fut longtemps. Nous nous trouvons dans une salle voûtée, ancienne bergerie, fraîche par ce temps estival. Se tiennent ici les fameuses dégustations et autres séminaires qu’il organise.
La cuisine de Jérôme Douzelet est bio, et c’est une préoccupation du goût – comme tous les cuisiniers, précise-t-il – qui l’y a conduit. Chercher le goût, c’est chercher les bons produits. Il entre vite alors en relation avec de petits producteurs bio. Et puis, il y a une histoire familiale, une mémoire du goût, liée à ce qu’il a connu avec ses grands-parents. Imprégné des traditions culinaires de la France profonde, il a sillonné les fermes en compagnie de son grand-père avec passion, celle qui l’a amené à la cuisine. C’était sa culture, son matériau. Il sera ensuite formé par Régis Marcon qui a ce même esprit de la cuisine de terroir, de la valorisation du travail des paysans, parce que, dit-il, un cuisinier n’est rien sans le producteur qui fournit la matière première.

Cette préoccupation du vrai goût est telle qu’il a l’idée de goûter les pesticides contenus dans le vin…

Comment vous est venue cette idée ?
Les vins contiennent différents composants, des arômes naturels comme le sotolon pour les vins du Jura. J’ai comparé, sur la base d’une étude, les proportions de ces arômes naturels avec ceux des pesticides. Comme il y en avait autant, et en tant que cuisinier, j’ai considéré ces pesticides comme un ingrédient à part entière. Aussi en principe, avant de mettre un nouvel ingrédient dans un plat, on le goûte pour savoir ce que cela va donner, sinon comment projeter et imaginer une recette ? Donc, je goûte l’ingrédient. Au départ, nous ne savions pas du tout, avec mon ami le professeur GillesÉric Séralini, où nous allions ; personne n’avait le référentiel du goût des pesticides. On peut avoir une idée de l’odeur, mais la question était de savoir si cela avait un goût et si cela influençait le goût final du vin.

Le vin chargé en pesticides brûle la langue et bloque les papilles

Parallèlement, nous nous sommes dit que c’était un bon moyen de toucher des grands chefs qui ont une certaine influence sur l’opinion. Les gens écoutent et s’inspirent de leur pratique et ce sont eux qui pourront faire changer les choses. Nos politiques basculeront quand l’opinion publique
aura suffisamment basculé.

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L’objectif de cette expérience est-il de transmettre cette éducation au plus grand nombre d’entre nous ?
Non, le livre a pour but de tirer la sonnette d’alarme. En revanche, il faut que ces travaux continuent. Les témoignages de ceux qui ont participé à l’expérience doivent permettre aux gens de se faire une idée sur combien ces pesticides changent le goût du vin. Nous avons cette faculté de nous dire, en bouche, si c’est bon ou non. Nous avons des moyens de détection. Notre culture alimentaire s’est toujours faite en sachant ce qu’on pouvait manger ou pas. Pour éviter un poison, il faut le connaître et là encore, il y a un problème d’éducation. Les jeunes animaux sont éduqués par leur mère pour ne pas manger telle plante ou manger telle autre pour soigner. La transmission doit exister. L’opacité qu’il y a autour des pesticides profite au fait qu’on ne puisse pas les identifier. Il faut un référentiel.

Ce qui était poison hier
ne l’est plus aujourd’hui :
personne ne relève ce genre d’ineptie

Il est possible de se rééduquer sachant que trois semaines sont nécessaires pour que les papilles se renouvellent. Je suis éducateur spécialisé à la base, donc je crois en l’éducation.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 29 pages 18 à 21

Ideas Box, une médiathèque mobile en kit, pour les réfugiés

Ideas Box,
une médiathèque mobile en kit,
pour les réfugiés

Marie Dominique Mutarelli

Créée en 2007, l’association Bibliothèques Sans Frontières participe à inventer la bibliothèque du XXe siècle. Son objectif est que la bibliothèque soit un instrument d’intégration et de reconstruction au service des populations les plus vulnérables, un incubateur d’idées et de projets sociaux. Bibliothèques Sans Frontières œuvre pour que chacun, à travers le monde, puisse s’épanouir par un accès libre aux livres, à l’information et à l’éducation, reprendre sa place dans la communauté humaine et se projeter dans l’avenir. Entre autres, elle a  inventé deux outils novateurs pour répondre à son projet : l’Ideas Box et le Koombook

L’Ideas Box, une médiathèque mobile en kit, est née d’un constat : le temps moyen passé par un réfugié dans un camp est de 17 ans, pendant lesquels, la plupart du temps, il n’a le droit ni de sortir de ce camp, ni de travailler. 17 années sans rien faire, voilà ce que vivent aujourd’hui plus de 50 millions de personnes réfugiées ou déplacées dans le monde. Or une fois leurs besoins immédiats couverts, les populations doivent se reconstruire, recréer des liens, sans aucun moyen à leur disposition. Il était urgent d’inventer quelque chose de nouveau, pouvant servir à toutes les populations vulnérables, partout dans le monde.
Sur la base de ce constat, la campagne « L’Urgence de Lire » est lancée en 2012, pour alerter sur la nécessité d’une meilleure prise en compte des besoins intellectuels de l’être humain en danger. Appel rejoint par des personnalités du monde entier dont neuf prix Nobel. La réponse s’est concrétisée avec l’invention de l’Ideas Box, imaginée avec le créateur Philippe Starck et le Haut-Commissariat aux Réfugiés : une médiathèque en kit, standardisée, facile à transporter et à déployer sur le terrain, autonome énergétiquement. Chaque unité dispose ainsi d’une connexion Internet, de 15 tablettes, 4 ordinateurs portables et 40 liseuses ; d’une bibliothèque papier de 250 livres et de milliers de livres électroniques ; avec de nombreuses ressources en droit, santé, éducation (Khan Academy, Wikipédia, etc.) ; un module cinéma riche de nombreux films, des caméras HD ; des jeux de société, des jeux vidéo, des marionnettes et un atelier théâtre.

Autre invention innovante complétant le dispositif : le KoomBook, bibliothèque numérique ultraportative, autonome et qui fonctionne sans connexion Internet. Il permet de diffuser le savoir et l’information dans les zones les plus reculées. De la taille d’un livre, le KoomBook crée un point d’accès wifi permettant aux utilisateurs de se connecter avec un Smartphone, une tablette ou un ordinateur. Avec plus de 30 connexions simultanées possibles, donnant accès à des milliers de ressources éducatives, culturelles ou de formation, ou permettant de se connecter à un téléviseur ou un vidéoprojecteur pour des activités de groupe. Connecté à Internet, le KoomBook se met à jour et partage dans le cloud avec les autres utilisateurs tous les contenus créés localement.
Plusieurs Ideas Box sont opérationnelles en France. Dans les centres d’hébergement d’urgence Pierre Semard à Ivry et Jules Siegfried à Nanterre, l’Ideas Box facilite l’insertion des résidents, demandeurs d’asile et réfugiés, familles et hommes isolés. Grâce au travail collaboratif de Bibliothèques Sans Frontières, de l’association Aurore, des médiathèques et des associations locales, une équipe d’animateurs dédiée propose des ateliers pédagogiques et créatifs pour leur permettre de mieux appréhender les codes culturels de leur pays d’accueil, faciliter leur apprentissage de la langue, mais aussi renforcer leurs connaissances en termes d’accès aux droits, au logement ou à la santé. Cet espace est aussi créateur de sécurité et de confiance, étape fondamentale pour une intégration réussie.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 29 pages 14 à 16

www.bibliosansfrontieres.org

Jean-François Pignon, Les chevaux de la foi

Jean-François Pignon,
Les chevaux de la foi

Christian Geniller

Jean-François Pignon est l’un des plus célèbres dresseurs de chevaux au monde. Il a inventé la discipline du travail en liberté et s’est produit sur tous les continents dans des spectacles de renommée internationale : de France jusqu’en Chine en passant par l’invitation de la princesse Stéphanie au festival international du cirque de Monte-Carlo et par les 90 ans de reine Elisabeth II. Il participe au film Danse avec lui, avec Mathilde Seigner et Sami Frey en  2007. Puis il produit, réalise et joue le film de sa propre vie dans Gazelle(2014) , nom de son premier cheval. Il anime des stages de dressage de chevaux. C’est sa conversion à Dieu en  2000 qui va bouleverser sa vie avec les chevaux et avec les hommes.

Près de Nîmes, dans la campagne, un petit chemin de terre nous conduit jusqu’au chalet en bois de Jean-François Pignon. Son épouse Sylvie nous reçoit chaleureusement à l’entrée avec ses deux jolis petits chiens. D’emblée, nous parlons avec simplicité de leur passion. Jean-François est un homme affable et authentique qui va nous raconter son histoire.

Comment vous est venue votre passion pour les chevaux ?
À l’âge de 7 ans, j’ai commencé à dresser un agneau en liberté. J’étais guidé par l’envie de travailler cet animal. J’imitais sa mère, j’utilisais son langage. Et quand mon père m’a offert Gazelle, je voulais reproduire cette relation. En me laissant bercer par mes pensées intuitives, sans le vouloir et petit à petit, j’ai inventé la discipline du travail en liberté avec les chevaux qui est aujourd’hui plus répandue. En 1991, vers mes 20 ans, je me suis rendu compte de l’impact auprès du public et du monde professionnel. Les journalistes m’ont mis en avant comme une star. J’ai changé et je suis rentré en rivalité avec mon frère. De l’agneau, je suis passé à Gazelle et de Gazelle à l’orgueil.

Est-ce que ce sont les chevaux qui vous ont conduit vers Dieu ?
Par Gazelle est venue la découverte du cheval puis du métier d’artiste équestre et enfin ma croyance en Dieu. Un ami fauconnier m’apprend qu’il est devenu croyant. Je me suis un peu moqué au début, mais le plan de Dieu s’est orchestré. Un jour, Gazelle était malade, presque condamnée et cet ami était là pour m’aider. Il a prié pour elle. Là, j’ai senti quelque chose, des larmes sont venues. Gazelle s’est rétablie deux jours plus tard. Alors j’ai commencé par faire de petites prières. Dans mes stages, je lance une prière du cœur au début quand nous sommes en cercle. Puis la lecture de la Bible m’a aidé. Je me suis réconcilié avec mon frère. Un virage incroyable dans ma vie.

Aujourd’hui, quelle relation avez-vous avec vos chevaux ?
Si l’homme a été créé dominant sur les animaux, il est important de ne pas surjouer cette domination. Ne faisons pas d’abus de pouvoir. Ma domination naturelle avec le cheval s’ajuste sur le respect de Dieu et du cheval. Pour le dressage, un oui est un oui et un non est un non. Il faut aimer tous les chevaux, pas seulement ceux qui travaillent bien. À chaque lecture de la Bible, j’avais en parallèle une épreuve dans ma vie pour progresser. Une anecdote : un jour on m’a confié deux chevaux. Un que je trouvais magnifique, un autre que je trouvais laid. Le magnifique progressait rapidement, l’autre non. Le cheval est un scanner sur pattes, il sent notre intériorité beaucoup plus que l’humain. Je comprends qu’il me faut mieux l’aimer. Alors j’imagine que le cheval m’est envoyé par Picasso. Je n’aime pas trop ses peintures. Je m’aide à l’aimer et, en trouvant de l’amour pour lui, je vois qu’il rattrape en deux jours le niveau de l’autre. Le pire, je crois, est de sentir ce manque d’amour. Chez l’humain, c’est pareil, même si le scanner est selon moi moins au point ! Ce jour-là, j’ai mesuré combien Dieu pouvait m’accompagner à aider les chevaux, mais aussi les humains.

Avec les chevaux, vous devez exiger le respect, mais dans l’Amour

Que vous enseignent les chevaux, et que les hommes n’ont pas ?
Les chevaux n’en ont rien à faire que je m’appelle J-F. Pignon, célèbre artiste équestre. J’arrive comme un petit homme devant eux. Le cheval me prend comme monsieur Personne. Et une méthode sans un bon état d’esprit d’amour ne vaut rien. Nous avons d’ailleurs l’idée d’un documentaire qui se déroulerait en Patagonie où j’arriverais au milieu des chevaux sauvages.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 78 à 81