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Les enfants sont des Poètes, Jean-Luc Pouliquen

Les enfants sont des Poètes

Jean-Luc Pouliquen

Jean-Luc Pouliquen est poète. À partir de ses nombreuses interventions dans les écoles, en France et à l’étranger, il a élaboré une méthode pour amener les plus jeunes à l’écriture poétique qui s’intitule Les enfants sont des poètes.

L’enfant n’a pas à recevoir de l’adulte le goût de la poésie, il l’a déjà en lui. Il est encore spontané, mêle dans sa perception du monde le réel et le rêve et sa relation toute fraîche avec le langage est propice aux trouvailles, aux inventions verbales. Les conditions sont alors réunies pour vivre avec lui une belle expérience poétique et humaine. Elle va consister à lui faire prendre le chemin des mots pour exprimer ce qu’il porte au plus profond de lui. L’enfant devra pour cela se mettre à une table et écrire comme il le fait à l’école mais l’exercice n’a rien de scolaire, il ne se situe pas sur le registre de la connaissance. Cette fois le langage est à son service, il est à la disposition de sa sensibilité, de ce qu’il désire communiquer. Peu à peu, il va l’apprivoiser, se l’approprier et découvrir qu’il peut par son intermédiaire exprimer quelque chose d’unique que lui seul pouvait dire.
À la différence de l’école, il n’y a pas de bons et de mauvais élèves en poésie, chacun existe dans sa singularité. Et bien souvent le pédagogue qui saura se placer sur ce terrain découvrira chez ses élèves des richesses qu’une situation classique d’apprentissage n’avait pas permis de révéler.
Dès lors, tout va se construire dans la relation et, aux côtés de celui qui va être à l’initiative de l’expérience (enseignant, bibliothécaire, médiateur culturel), le poète invité va pouvoir jouer son rôle de déclencheur. Il sait comment vient l’inspiration et va créer un climat, fait de confiance, d’écoute et d’encouragement, qui leur soit propice. Il n’aura pas beaucoup d’efforts à faire pour que vienne l’écriture. Les enfants n’attendent que son signal et la clef qu’il va leur donner pour ouvrir la porte de leur imaginaire.

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Pour lire l’article en entier Reflets n° 28 pages 53 à 55

Le « bitcoin »,Alain Pamart

Le « bitcoin »

Alain Pamart

Le « bitcoin » est une monnaie dématérialisée créée par des personnes privées, administrée par des sites spécialisés également privés, indépendamment des États. Cette crypto-devise circule exclusivement sur le réseau Internet, c’est un mode de paiement à vocation transnationale.
Les transactions s’opèrent sur un support dénommé la « blockchain » qui est un registre réputé infalsifiable ; celui-ci enregistre des données numériques, les stockant toutes en conservant leur historique. Chaque détenteur détient donc, actualisée en temps réel, la situation de son portefeuille virtuel. La devise « bitcoin » se distingue fondamentalement de celle des États car le montant total émis est intangible, contrairement aux États qui modifient constamment la masse de monnaie en circulation en faisant fonctionner la planche à billets.

L’avenir incertain et imprévisible du « bitcoin »
Le « bitcoin » est encore à ce jour un mécanisme relativement confidentiel qui devrait « prospérer » dans des proportions difficiles à quantifier mais assurément très importantes. Bientôt l’ignorance relative de l’existence du « bitcoin » aura vécu et tout un chacun s’y verra confronté, soit en l’utilisant, soit en lui marquant une hostilité de principe. Le défi d’une monnaie émise par un simple particulier n’est pas mince quand bien même il n’émane pas du modeste boutiquier du coin. Gageons que cette nouvelle devise est une véritable révolution culturelle ; notre conception de la monnaie attachée à la nation d’origine et à son identité première en sera inéluctablement affectée.
La relative complexité de l’usage du « bitcoin », sa multiplication exponentielle, sa vocation latente comme instrument de spéculation vont nécessairement écarter un très grand nombre de nos concitoyens, mais capter, à l’inverse, une minorité qui ne sera peut-être pas aussi minoritaire qu’on voudrait le croire.
Insistons sur la potentialité spéculative du « bitcoin ». Comme le nombre d’unités émises est irrévocable, seul l’équilibre ou plutôt le déséquilibre entre acheteurs et vendeurs sert de base pour en fixer la valeur unitaire. Si la devise est prisée, sa valeur va s’accroître, sinon elle ira en décroissant. Insistons sur un deuxième point qui est véritablement la clef de voûte de son existence et de sa survie : la valeur du « bitcoin » est exclusivement fondée sur la confiance et rien d’autre ; il n’existe aucune garantie, contrairement aux devises des États basées sur le patrimoine de ces derniers, leur santé économique, leur notoriété sur la scène internationale.

Qu’en sera-t-il des usagers du « bitcoin » ?
Pour les gros-porteurs, ils disposeront de moyens pour influencer les cours. Le « bitcoin » est idéalement le produit à forte valeur volatile multipliant ainsi les possibilités de manœuvre. En toute vraisemblance, ils joueront sur un rythme mesuré en volume et en fréquence pour tirer parti au mieux des cycles baissiers et haussiers ; ainsi ils n’altéreront pas trop fortement les cours et éviteront un possible recul de la confiance des autres porteurs.
Pour les moyens et petits porteurs, leur vigilance ne devra souffrir d’aucune distraction. Ils n’auront d’autre alternative que celle de suivre la stratégie supposée des gros-porteurs. Beaucoup resteront sur le carreau ; parvenir à discerner ce que veulent habilement dissimuler les gros-porteurs n’est pas une mince gageure. Il leur faudra être particulièrement chanceux, inspirés ou disposer d’un pouvoir de prémonition.

Le « bitcoin » influencera-t-il les mœurs de la société ?
Ne sommes-nous pas devant une inconnue majeure ? Le « bitcoin » deviendra-t-il une réalité pour le contenu de nos porte-monnaie ?
À l’évidence, le « bitcoin » suppose la maîtrise d’Internet et une familiarisation de toutes les procédures qui en constituent l’ossature. Il devrait donc assez peu toucher la génération des aînés, mais plutôt les générations suivantes. De cette observation, peut-on augurer une montée vertigineuse du phénomène ? Celle-ci sera-t-elle tempérée ou freinée par les États, la monnaie étant un pilier du pouvoir politique ? La mécanique « bitcoin » est pour sa part un mode, pour le coup non virtuel, d’échappatoire fiscale.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 6 à 8

La poésie, une renaissance, Brigitte Maillard

La poésie, une renaissance

Brigitte Maillard

Brigitte Maillard auteur/poète interprète. Après des études de lettres, une vie de comédienne, puis de travailleur social en protection de l’enfance, elle s’oriente dès 2004 vers la poésie et la chanson. Un accident de vie relaté dans son autobiographie poétique parue en 2015 À l’éveil du jour fait de la poésie un chemin d’éveil. Après le site Monde en poésie « Pour que vivent la poésie, le monde et les mots pour le dire », elle vient de créer Monde en poésie Éditions. La Simple Évidence de la beauté, Soleil vivant soleil – préface Michel Cazenave – , À l’éveil du jour sont ses premiers livres : « de la beauté vers l’amour, le soleil retrouvé, jusqu’à la naissance du jour, notre merveilleux. La parole est un lieu de renaissance. » Parait en juillet 2017 L’Au-delà du monde aux éditions librairie Galerie Racine, Prix de poésie 2017 Les Gourmets de Lettres, sous l’égide de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse.

Comment êtes-vous venue à la poésie ?
Après un accident de vie. J’ai vécu une période douloureuse, celle de l’annonce d’une maladie, le cancer. Alors que je traversais cette période d’intense douleur, de traumatisme, la poésie a surgi : généreuse et printanière. Un jour, des phrases se sont imposées dans la nuit. J’ai découvert, dans cet état d’inspiration, combien la poésie pouvait nous porter secours. Ces mots, ces phrases ne décrivaient pas un paysage. Ils parlaient d’autre chose, autrement. Depuis, je n’ai cessé d’avancer dans cette direction devenue majeure pour moi, celle de la vie intérieure. Soutenue par la poésie, le poème, l’état poétique, j’ai laissé venir et s’épanouir l’élan vital inhérent à chaque traumatisme. Ne naissons-nous pas en criant ?

Qu’est-ce que vous voulez dire par cette forme ?
Ce qu’on ne peut pas dire dans la langue de tous les jours. La langue courante, celle avec laquelle nous communiquons. La poésie est une langue vivante, parfois étrangère. Elle porte en elle des couleurs, des sons, des odeurs nouvelles. Bien au-delà de la littérature, elle est un moyen de connaissance de l’âme humaine.

Quel effet a sur vous la poésie, c’est-à-dire l’état d’écrire la poésie ?
Je respire ! J’écoute ! Je me sens reliée au vivant. La poésie a cette faculté de m’aider à être plus attentive au monde, à ressentir la vie intensément. Jusqu’à toucher la vie du bout des doigts. Écrire de la poésie est une respiration. J’inspire ce qui est là, l’air mais aussi la beauté, la joie, l’amour. Le poème devient une expiration.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 41 à 42

Le haïku

Dans le cadre du dossier POESIE, Dire l’indicible nous n’avons pas pu parler de nombreux poètes, de poésies d’horizons divers.

Nous signalons cet ouvrage :
Mon année haïku de Pascale Senk (Leduc.s Éditions)
Un haïku est un poème bref (3 lignes courtes). Son origine est japonaise, mais les créations sont devenues internationales. Pascale Senk cite quelques vers personnels parmi ceux de divers auteurs de haïkus (appelés  haijins). Dire l’essentiel en quelques mots ciblés, dont la juxtaposition est parfois inattendue, pour mieux capter notre attention. Voici deux exemples choisis pour cette saison estivale  parmi tant d’autres (un haïku pour chaque jour de l’année, au fil des saisons) :

« sa première vague –
bébé inonde la plage
d’un éclat de rire »

« retour de la plage
une journée de bonheur
sèche sur le fil »

Dans le premier nous sommes invités à grandir à petits pas, avec persévérance pour apprendre le métier de vivre. Dans le second, c’est l’éclat de ce qui est pleinement vécu et apprécié qui fait la saveur des instants, le sel de la vie. Bien entendu chacun de nous peut découvrir sa propre interprétation à la lecture de chaque poème, en faire une source de méditation riche, porteuse d’espérance.

V.S.

La mort miroir inversé de la naissance, Colette Junquera

La mort miroir inversé de la naissance

Colette Junquera

Colette Junquera, cofondatrice de l’association d’utilité publique A.A.M.M. (Association d’accompagnants de malades et de mourants), vit avec un mari malade depuis plus de 15 ans. Elle est accompagnante bénévole et formatrice au sein de cette association.

L’idée que la mort soit l’inverse de la vie est largement répandue. C’est une croyance somme toute assez logique. Après tout qu’est-ce que mourir si ce n’est perdre la vie ? Mais peut-on en faire une certitude ?

Face à ce constat, une autre hypothèse est possible. Et si la mort n’était pas la fin de la Vie mais la fin d’une existence ? Et si naître était une expérience de la Vie prenant un corps pour expérimenter le monde de la matière ? Et si mourir était tout autant une expérience de la Vie quittant un corps pour expérimenter une dimension immatérielle ?
Bernard Montaud, écrivain conférencier et psychanalyste corporel, a donné le nom de « mourance » à ce processus pour souligner le lien qui unit la naissance et la mort.

Naissance : entrée en matière
Mourance : sortie de la matière

Cet axiome nous met devant l’idée non plus d’une mort événementielle mais bien devant un véritable processus qui nous permet, étape après étape, de quitter notre corps pour rejoindre, plus ou moins en paix, une autre dimension de la vie. Celle-ci nous est rappelée quotidiennement par ce que nous vivons au moment de l’endormissement. Ce processus d’incorporation et de décorporation est décrit en sept étapes symétriques.

Étape 1
Si le bébé doit, au moment des premières contractions, se présenter devant la décision de naître pour sortir du ventre et arriver sur terre, se peut-il que le mourant, au moment du diagnostic fatal, doive se présenter devant l’idée de sa propre fin pour se préparer à quitter la terre ?

Accepter ou refuser

Si le bébé est devant un choix essentiel : « J’accepte ou je refuse de quitter ce ventre parfait pour rejoindre le monde des hommes ? », le mourant lui aussi va devoir choisir entre : « J’accepte ou je refuse de quitter cette terre ? Et pour rejoindre quoi ? ». Ce choix déterminera les étapes suivantes, plus ou moins difficiles.

Étape 2
Durant la seconde étape de la naissance, le bébé va apprendre à se mettre en mouvement pour pouvoir sortir de ce ventre qui l’étouffe de plus en plus. Là commence pour lui un incroyable périple vers le monde extérieur qu’il ressent comme la traversée d’un immense couloir sans fin. Pendant cette aventure gigantesque, il découvre une loi essentielle de la vie : « Tout ce qui ne progresse pas, meurt ! ».

Tout ce qui ne se réjouit pas, souffre

Le mourant va vivre une épreuve semblable à celle du bébé. Lui aussi va devoir traverser un long couloir, le long couloir des pertes fonctionnelles. Le long couloir de sa diminution physique où le corps se met à respirer, digérer, marcher de plus en plus difficilement. Il reçoit également un enseignement profond durant cette épreuve : « Tout ce qui ne se réjouit pas, souffre ! » Dès lors deux destins s’offrent à lui : « Gémir ce qu’il perd, ou déguster ce qu’il lui reste ! »

Étape 3

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Ah non pas ça !
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Étape 4

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La matière terriblement douloureuse
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Étape 5

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L’humanité imparfaite face
à un univers de miséricorde
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Étape 6

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L’amour inconditionnel
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Étape 7

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Levée de l’écran,
entrée en communion
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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 27 pages 54 à 57

Une initiative originale : les tiny houses

Actu migrants
Une initiative originale : les tiny houses

L’association Quatorze propose le concept IMBY (In my backyard, in your backyard). Il s’agit d’installer dans votre jardin une maisonnette de moins de 20 m², la tiny house, pour accueillir deux personnes réfugiées. La tiny house est montée gratuitement en quelques jours grâce à un chantier participatif. À la fin du contrat, l’hôte peut :
• soit renouveler l’accueil avec de nouvelles personnes,
• soit rendre la tiny house qui sera remontée ailleurs,
• soit acheter la tiny house.
La fabrication et l’installation des tiny houses sont l’occasion de formations qualifiantes ouvertes à tous. Ainsi l’association Quatorze assure une formation professionnelle aux réfugiés intéressés par l’éco-construction et le travail du bois.

Mettre une tiny house dans son jardin
 c’est créer du lien avec un ou deux réfugiés
en favorisant leur insertion sociale.

Ces tiny houses sont des constructions innovantes. Elles sont démontables. L’assemblage est préparé en atelier, selon des méthodes inspirées de la menuiserie japonaise. Elles fonctionnent en autonomie énergétique. Le bardage est en bois brûlé, évitant les traitements extérieurs du bois. L’association Quatorze est spécialisée dans l’architecture sociale et solidaire si bien que ces « maisons » correspondent à un développement favorable à l’environnement : consommation d’eau réduite, WC écologiques, électricité photovoltaïque.
La maisonnette installée dans le jardin d’une famille de Montreuil suscite une vive curiosité.

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Nous invitons les lecteurs à nous faire part des actions concrètes en faveur des migrants auxquelles ils participent ou qu’ils connaissent.
Envoyer à : redaction@revue-reflets.org

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 27 page 18