Tous les articles par Françoise

Le cœur de l’homme, matrice de la paix Frère Jean

Le cœur de l’homme, matrice de la paix

Frère Jean

Frère Jean, moine orthodoxe, a d’abord été photographe de mode et grand reporter. Bouleversé par la vie des moines lors d’un reportage en Grèce, il choisit de consacrer sa vie au recueillement et à la prière. En 1996, il fonde, dans ses Cévennes natales, une communauté orthodoxe, le Skite Sainte Foy dans laquelle différentes personnalités du monde artistique se retrouvent pour échanger et se ressourcer dans le silence. En 2006, frère Jean est ordonné prêtre à Paris.

Frère Jean, qu’est-ce que la paix pour vous ?
C’est la paix intérieure ! Ce n’est surtout pas « fichez- moi la paix ! » ni « laissez-moi tranquille ! » La paix extérieure est éphémère, elle fuit, rompt la relation. L’homme ne se trouve jamais chez lui. L’homme de paix ne fuit pas les problèmes extérieurs, il les transfigure par la quiétude, la modération, le lâcher-prise. Il trouve une distance face à l’incident dans une dimension au-delà des passions. La paix ne signifie pas indifférence mais impassibilité.
La paix s’exprime en plénitude par un état qui est aussi un lieu, un roc. Quand la tempête gronde, si je suis sur un bateau, je suis épouvanté par les vagues, mais si je suis assis sur le roc, je suis émerveillé par la puissance des flots. Le Christ, qui est le roc, dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, non pas comme le monde la donne, je vous la donne, moi. » (Jn 14, 27-31). La paix devient un cœur à cœur. C’est le corps crucifié par l’amour, non pas comme un corps qui meurt mais comme une âme régénérée par la Grâce. L’homme qui ne se sait pas unique ne peut entreprendre le pèlerinage de la tête au cœur. L’ego l’empêche d’agir librement et le fait chuter. La paix bannit la peur. L’homme en paix escalade ses propres profondeurs ; il progresse avec confiance vers sa propre maturité. L’œuvre véritable se fonde sur sa propre substance. Lorsque l’homme ouvre son cœur au mystère, il crée un espace paisible où tout communie. Il engendre un réceptacle pur qui unit sans confusion les deux pôles d’une même réalité. Le vide est un arrêt dans l’espace qui nous révèle l’infini ; la paix est un arrêt dans le temps qui nous révèle l’éternité. La paix est le lieu pur où Dieu se révèle. L’être de paix devient « théophore » (porteur de Dieu). Il établit humblement le contact entre l’existentiel et l’essentiel. Il incarne l’esprit, il spiritualise la matière. De cette sainte rencontre, jaillit la transcendance. La paix s’ouvre à la transcendance ici et maintenant. La couleur de la paix, c’est la transparence. Il est difficile d’accéder à la paix, car elle est l’unité dans la globalité, un abandon à la plénitude, rien ne peut l’acheter. Pour être dans la paix, il faut que cent éléments soient en harmonie les uns avec les autres. Il suffit qu’un seul de ces éléments se rebelle pour avoir la discorde. Dieu se révèle par ses énergies incréées : la paix, la joie, l’amour, la beauté… Il est plus facile d’exprimer la joie durant son existence que de témoigner de la paix. Quand la joie habite le temple de notre corps, elle se reflète dans chacun de nos actes : dans nos regards, dans nos gestes quotidiens, dans nos sourires. Cependant nous ne pouvons pas avoir la joie sans avoir l’amour, il ne peut y avoir l’amour sans la paix. Si nous vivons l’une des vertus, les autres nous sont données par surcroît. Si l’être s’exprime en toute liberté, avec justesse, alors la paix jaillit spontanément, comme une évidence. Les énergies incréées ont besoin d’une matrice pour être visibles, elles se multiplient par le don sans jamais s’épuiser, comme une bougie peut éclairer cent bougies sans épuiser sa flamme. Cette matrice, c’est le cœur de l’homme. La sagesse est infinie ; c’est l’homme qui la limite par sa raison. L’art est infini ; c’est l’artiste qui limite sa splendeur par sa tiédeur. Chacun doit purifier son cœur, son geste, pour devenir transparent à la Grâce.

JE SUIS RICHE,
NON PAS PAR CE QUE JE POSSÈDE,
JE SUIS RICHE PAR CE QUE JE DONNE

Vous dites qu’il n’y a pas de paix sans Dieu…
Le but de l’homme n’est pas l’humain ni le surhumain, le but de l’homme, c’est Dieu ! La liberté de l’homme, c’est Dieu, l’Immuable vivant. Au fond de l’être ne sont pas inscrites des lois, mais y repose la présence divine.
Dieu est au-delà de tous noms. Il est ineffable. S’il était le premier, il serait mère de 10 000 êtres. S’il était grain de blé, il serait mère de 10 000 grains de blé. Dieu est Rien et Tout. Ce qui ne veut pas dire rien du tout ! Il est le Créateur du ciel et de la terre, du monde visible et invisible (Credo). Le « Rien » est le principe de toutes choses, le premier est mère de 10 000 êtres.
Le luxe du moine, c’est sa pauvreté, c’est être à l’écoute de l’instant, émerveillé par la majesté du simple. Le moine n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit, il chante sa vie. Avoir un lieu vierge en soi pour accueillir le repos divin. La paix n’est pas le néant, ni un vide sans fond, ni un silence sans écho. Elle est ce lieu au cœur de l’homme qui s’ouvre à l’éternité, à l’infini, qui irradie l’Esprit.

( …)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n°34 pages 54 à 58

 

SOS Méditerranée : sauver des vies ! Marie-Dominique Mutarelli

SOS Méditerranée : sauver des vies !

Marie-Dominique Mutarelli

Association européenne de sauvetage en mer, SOS Méditerranée est constituée de citoyens mobilisés pour porter secours à tous ceux qui risquent leur vie en mer pour fuir une situation invivable. Depuis le début de ses opérations en février 2016, avec ses bateaux, l’Aquarius, puis aujourd’hui l’Ocean Viking, elle a secouru 30 459 personnes dont un quart de mineurs. Basée en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse, l’association a reçu le prix Unesco Houphouët-Boigny 2017 pour la recherche de la Paix.

L’objectif de l’association est de répondre à une urgence vitale : des gens se noient en tentant de traverser la Méditerranée, impossible de s’y résoudre sans rien faire ! Des milliers d’Européens se sont donc mobilisés depuis quatre ans pour affréter un bateau et prendre la mer pour porter secours aux naufragés. Près de 20 000 hommes, femmes et enfants sont malgré tout morts noyés en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Pourtant, cette année encore, ils continuent à prendre la mer pour fuir la Libye où ils subissent trafics, exactions, tortures et les conséquences d’une guerre civile qui s’est intensifiée. « Mieux vaut se noyer en mer que de vivre en Libye », résume l’un des rescapés. Mais le plus souvent, ces personnes en détresse sont interceptées par les garde-côtes libyens et ramenées vers l’enfer qu’elles cherchent à fuir, ou bien disparaissent en mer, sans témoin, en l’absence de moyens de sauvetage suffisants. En 2019, le taux de mortalité n’a jamais été aussi élevé en Méditerranée centrale. La présence dans cette zone d’un navire dédié au sauvetage est donc primordiale. En juin 2018, l’Aquarius avait été le premier navire à subir la fermeture des ports italiens qui a provoqué la désorganisation totale des secours en Méditerranée. La pression de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, parvenait alors à faire perdre au bateau de SOS Méditerranée son pavillon, et l’autorisation de naviguer. Mais au début de l’été 2019, l’association a repris la mer avec un nouveau navire pour poursuivre ses opérations de secours.


L’Ocean Viking, ce nouveau bateau rouge et blanc conçu pour le sauvetage en mer et battant pavillon norvégien, est financé par tous les citoyens européens qui souhaitent s’engager dans un élan de solidarité et d’humanité. Long de 69 m, équipé pour affronter de plus longs séjours en mer, avec des abris séparés pour les hommes, les femmes et les enfants, des espaces de stockage et tout le matériel de sauvetage, ainsi que la clinique de Médecins sans frontières, il peut accueillir les rescapés dans de bonnes conditions.
En raison du manque d’informations par des sources extérieures, et notamment des autorités maritimes chargées de la coordination des acteurs en mer, la recherche d’embarcations en détresse fait aussi partie intégrante de la mission de SOS Méditerranée. Deux radars permettent de repérer les « cibles » massives comme les gros bateaux en bois, et une caméra infrarouge capte la nuit la signature thermique des personnes en perdition. Mais la veille aux jumelles est essentielle pour retrouver les bateaux perdus au large. Les marins sauveteurs se relaient du lever du jour au coucher du soleil depuis la passerelle de l’Ocean Viking, dont l’élévation et la forme circulaire permettent de localiser des embarcations jusqu’à 10 à 12 milles marins de distance.
Alors que l’Ocean Viking arrivait début août dans les eaux internationales au large des côtes libyennes, les sauvetages se sont immédiatement enchaînés, mettant en évidence l’extrême urgence de la situation et l’absence criante de moyens sur la zone. Ces sauvetages successifs ont été difficiles à mener en raison du manque flagrant de coordination et de partage d’informations dans la zone par les autorités maritimes compétentes et les acteurs de l’opération européenne Sophia. Toutes les embarcations repérées et les personnes secourues ont pu l’être grâce aux opérations de veille menées en continu par les équipes à bord au moyen de jumelles et de radars.

(…)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n°34 pages 13 à 15

Devenir artisan de paix Interview de Daniel Bourguet

Devenir artisan de paix

Interview de Daniel Bourguet

Pasteur retraité de l’Église protestante unie de France, Daniel Bourguet a exercé divers ministères en paroisse et dans l’enseignement théologique. Il a animé comme prieur pendant une vingtaine d’années la communauté de la Fraternité spirituelle des veilleurs. Depuis autant d’années, il s’est retiré dans un mas cévenol aménagé en cloître, la fraternité des Abeillères, pour vivre sa vocation de moine et de pasteur.
Nous avons rencontré un homme amoureux du silence menant une vie d’ermite. Ses journées sont consacrées à la prière, à l’écriture (il est l’auteur d’une vingtaine de livres) et aussi à l’accueil de personnes qui souhaitent un accompagnement spirituel.

Qu’est-ce que la paix pour vous ?
C’est une juste relation avec les autres, avec Dieu et avec soi-même. Je la situe essentiellement au niveau de la relation. C’est tout un processus qui n’est peut-être jamais fini parce qu’il y a toujours des petits accrocs, des retours en arrière, des remises en cause. C’est aussi une invitation à y participer. Nous ne sommes pas simplement récepteurs de cette paix – même si le Christ est essentiellement le donateur de paix – mais il nous invite aussi à être artisans de paix nous-mêmes. Nous avons donc à recevoir et à construire, de la meilleure manière, cette paix avec les autres, avec Dieu, avec soi-même.

Est-ce d’abord une question individuelle ?
Je dirais oui parce que c’est ce qui m’habite en premier. Bien sûr, la paix au niveau mondial, entre les églises, entre les peuples, c’est aussi une immense question mais qui me dépasse, alors que la paix au niveau individuel m’est un peu plus accessible. Je sais qu’il peut y avoir des répercussions sur ce que je vis moi-même en tant qu’artisan de paix ou récepteur de paix. Cela peut s’épanouir, se transmettre et rayonner autour. Et de ce fait, je peux participer. En revanche, même si je suis assoiffé de paix entre les peuples et entre les églises, qu’est-ce que je peux faire sinon prier et œuvrer personnellement, jour après jour, au niveau qui est le mien, et dans les occasions qui se présentent sans chercher à avoir de grands objectifs ? La paix au quotidien peut effectivement rayonner à partir de moi.

Artisan de paix, quel beau terme ! De quelle manière pouvez-vous l’être ?
Ce terme est une traduction d’une des Béatitudes prononcée par Jésus. Je peux l’être par ma manière d’être dans ma relation avec les autres. Je peux l’être dans ma parole, mes gestes, mes attitudes. Et forcément, si je ne suis pas en paix avec moi-même, c’est très difficile d’être artisan auprès des autres. Mais déjà cette relation intérieure qui vient du Christ et qui est à œuvrer avec lui m’apparaît essentielle. Je suis moine et donc du coup, c’est l’immédiat qui me mobilise le plus, même si la perspective est universelle, mondiale, voire entre le ciel et la terre.

Est-ce une question importante pour vous au quotidien ?
Je ne sais pas si j’y pense tous les jours, mais dès qu’une occasion se présente de la répandre, alors, j’essaie de ne pas passer à côté. Et cela peut se produire au quotidien. Mais je ne me lève pas le matin en me demandant ce que je vais faire pour la paix. Je suis aux aguets, vigilant, attentif à tout ce qui se passe et là, je peux essayer de voir comment je peux contribuer, ajouter de la paix plutôt que de l’endommager.

Vous réveillez-vous en paix le matin ?
Grâce à Dieu, oui. Il m’a donné beaucoup de paix, et je lui en suis très reconnaissant. J’essaie de la rayonner le mieux possible sans excès – je ne veux pas me mettre en avant. Mais elle peut rayonner toute seule. Les hommes paisibles sont facilement reconnaissables. Quelque chose émane de ces êtres qui sont en paix. Pour moi, ça ne peut venir que de Dieu, c’est évident. Essayer de bâtir la paix sans tenir compte de Dieu, c’est un échec, c’est vain. En revanche, accueillir cette paix et la rayonner me paraît important. Alors la paix au niveau des relations va de pair avec le pardon. Je ne peux pas être artisan de paix si je ne sais pas pardonner. Le pardon est fondamental et source de paix.

(…)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n°34 pages 42 à 43

 

Collapsologie Est-ce la fin ? La fin de quoi ? Maxime Mocquant

Collapsologie
Est-ce la fin ? La fin de quoi ?

Maxime Mocquant

Qu’est-ce que la collapsologie ?
C’est l’étude des formes possibles de l’enchaînement de catastrophes, prémices de l’effondrement d’une civilisation.
Le dernier livre d’Amin Maalouf, Le Naufrage des civilisations, éd. Grasset, ou celui de Jean-Claude Kaufmann, La Fin de la démocratie Apogée et déclin d’une civilisation, éd. LLL, pour ne citer qu’eux, décrivent avec force arguments les processus en œuvre menant à la disparition de notre civilisation dite occidentale. Cependant, aucune solution n’est proposée pour remplacer le système agonisant.
D’autres ouvrages, comme Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi, éd. La Loupe, Les Tisserands de Abdennour Bidar, éd. LLL, ou Plaidoyer pour l’altruisme de Matthieu Ricard, éd. NIL, partagent leurs intuitions plus ou moins étayées par des recherches scientifiques et proposent des solutions pour revenir à un essentiel : l’humain. Notons, parmi les nombreux livres, celui de Pablo Servigne et de Gauthier Chapelle, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, éd. LLL, 2017, édité récemment en collection Poche. Il pose les bases d’une étude scientifique qui conduit à des propositions allant dans le sens d’une nouvelle civilisation fondée sur d’autres valeurs que celle de l’ego : l’altruisme, la solidarité , l’entraide, l’amour du prochain…
La première loi de la jungle, celle du plus fort, a été la plus exploitée de tous les temps. Sa pratique s’est encore amplifiée dans nos sociétés capitalistes, industrielles ou étatiques. L’ego s’est développé grâce à cette loi, qui l’autorisait à gagner plus, quitte à écraser l’autre. Cette société de l’avoir, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est vouée à l’échec, voire à l’extinction. Une mauvaise interprétation de la théorie de l’évolution de Charles Darwin atteste la sélection naturelle comme la loi du plus fort. Cependant, ce n’est pas la seule loi de la nature, et des siècles ont construit l’idée que perdre, ou abandonner du côté matériel, rendait faible, voire malheureux.
En 1902, un autre scientifique, contemporain de Charles Darwin, Pierre Kropotkine, géographe et anarchiste, répond au livre L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, en écrivant
L’Entraide, un facteur de l’évolution. Il y décrit l’évolution de nos sociétés occidentales et fait opposition aux gouvernements successifs qui, petit à petit, ont détruit les organisations comme les guildes, afin d’asseoir leur autorité. Il constate cependant que l’entraide entre les humains reste la norme. Ainsi citet- il, dans le dernier chapitre, des marins qui n’hésitent pas à aller au secours de collègues en pleine tempête, au risque de leur vie, et qui disent : « Je ne pouvais pas faire autrement. »
Dans leur livre, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, les auteurs étudient les fonctionnements et les mécanismes à l’oeuvre dans l’entraide aux niveaux individuel et de groupe d’abord à taille humaine, puis plus important, voire immense comme un pays ou une communauté de pays comme l’Europe. Ils fixent les lois qui régissent ces individus et ces groupes, en tirent des conclusions sur des avenirs possibles, si la loi de l’entraide est remise au centre. Notre propos ici n’est pas de réécrire le livre, ni même d’en faire un résumé. En revanche, il nous semble nécessaire de souligner un aspect important. D’après Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, l’empathie se construit en trois étapes : l’empathie affective, l’empathie cognitive et l’empathie mature, qui est la combinaison des deux premières. La première correspond au système 1 de Daniel Kahneman, la seconde au système2  Daniel Kahneman est un psychologue et économiste américano-israélien, qui a démontré que la pensée avait deux vitesses, les systèmes 1 et 2. Le premier, sur un mode intuitif au fonctionnement rapide, ne demande pas beaucoup d’énergie pour s’exprimer, on peut lui donner le nom d’intuition. Le second est surtout basé sur un mode de réflexion, de calcul lent et délibératif, et consomme beaucoup plus d’énergie. Donc tout naturellement, et afin d’éviter de consommer trop d’énergie, nous nous positionnons au niveau 1, soit l’empathie affective. Il s’agit de distinguer sa propre image de celle de l’autre (effet miroir), et de distinguer et d’identifier l’émotion d’autrui. Quant à l’empathie cognitive, elle permet de comprendre l’état mental d’autrui, prendre conscience de la différence.
Qu’est-ce que cela implique ? Eh bien tout simplement que nous allons privilégier l’empathie affective, plus rapide, moins dépensière en énergie et intuitive. Mais ayant été éduqués dans la première loi de la jungle, nous allons percevoir l’autre comme un concurrent. Si nous nous éduquons à l’entraide, l’autre sera à aider. Pourrions-nous changer notre comportement ?

(…)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 34 pages 22 à 23

Osons la fraternité ! Alain Michel

Osons la fraternité !

Alain Michel

Alain Michel, né en 1944 à Lyon, est un éditeur et humanitaire français, engagé dans la propagation de la paix dans le monde. Il a organisé les convois pour la paix à Sarajevo, à Bagdad, au Kurdistan, à Gaza, mais également les Congrès mondiaux des imams et rabbins pour la paix à Bruxelles, Séville, Paris<. Fondateur des associations Artisans de Paix, ÉquiLibre et de la fondation Hommes de Parole, Alain Michel est aussi à l’origine du mouvement 24 Heures de méditation pour la Terre  qui a eu lieu le 1er novembre 2015.

Après trente-cinq années d’actions concrètes pour la paix dans ce monde qui semble chaque jour de plus en plus tourmenté, n’avez-vous pas perdu l’espoir de la paix ?
Je ne pense pas que notre monde soit plus tourmenté aujourd’hui qu’il y a quelques décennies. Il n’y a pas si longtemps, le monde vivait deux grandes et terribles guerres mondiales, suivies par celles de Corée, du Vietnam, d’Algérie, du Rwanda, de Bosnie, etc. Hormis les conséquences de l’accélération du réchauffement de la planète qui semblent irréversibles et qui sont devenues une priorité, le monde irait plutôt mieux. Et puis, il y a du nouveau qui nous met en action : la conscience de l’homme, individuelle et collective, qui se développe à grande vitesse, et particulièrement chez les jeunes.

Alors, la paix, c’est pour demain ?
J’ai perdu l’espoir de la paix pour demain, mais pas l’espérance, bien au contraire ! Nous savons plus que jamais que les solutions ne viendront pas des institutions politiques ni religieuses. Tout au long de ma vie, j’ai rencontré des personnes extraordinaires de joie, de courage, d’abnégation. Elles sont des millions sur la planète. Je crois en l’Homme, et en sa capacité infinie de bien, de beau, de bon. La paix ne dépend pas des autres ni d’experts ou de spécialistes. Elle dépend d’abord de moi. La paix du monde, c’est l’affaire de chacun d’entre nous individuellement. La priorité est d’acquérir la paix intérieure. C’est à ce prix seulement que le monde changera. Agir pour la paix lorsque l’on est soi-même dans un conflit intérieur est non seulement inutile mais totalement contre-productif. De plus, il est dramatique d’alimenter le mal en se complaisant à le regarder, le critiquer, le communiquer. Il est au contraire important et vital de voir le beau, le positif autour de soi. C’est le seul moyen de nourrir et de faire grandir le bien : « Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres… » .

Comment mettre cela en pratique ?
Après de nombreuses années dans l’humanitaire, j’ai pris conscience qu’il n’existe qu’une seule cause aux désordres de l’humanité, quels qu’ils soient : famines, guerres, cracks boursiers, mouvements sociaux, réchauffement de la planète…, c’est l’intérêt individuel – ou de groupes – au service de puissances financières qui se développent au détriment de la fraternité. Si je peux soulager une souffrance, et que je ne le fais pas, je deviens complice et co-responsable de la cause de cette souffrance. C’est cette prise de conscience personnelle qui m’a mis sur le chemin de l’humanitaire, car cette transformation intérieure mène tout droit à la fraternité : parodiant André Malraux, j’affirme que le XXIe siècle sera fraternel ou ne sera pas. La cause de notre souffrance est notre incapacité à pratiquer la solidarité au quotidien, en ne réalisant pas que l’autre est un autre moi-même. Prendre conscience que toute personne est sacrée conduit à la fraternité. Il s’agit juste d’ouvrir son cœur et de prendre conscience que, dans toute situation de souffrance, l’autre existe : « Aime ton prochain comme toi-même ». Si l’on médite un peu sur cette phrase, on en découvre tout le côté révolutionnaire. La vraie fraternité, c’est l’amour. Il ne peut s’éteindre, il est ; il ne brille pas, il brûle ; il ne s’achète pas, il se reçoit. Si on le cherche avec le cœur, on le trouve toujours.

(…)

Pour lire l’article en entier, REFLETS n°34 pages 61 à 63

L’homéopathie ou rien de nouveau sous le soleil

L’homéopathie
ou rien de nouveau sous le soleil

Bernard Woestelandt

Bernard Woestelandt bénéficie d’une longue expérience de médecin généraliste homéopathe. Il est aussi passionné par l’éthique médicale pour laquelle il possède plusieurs diplômes. Parallèlement, il interroge sa foi chrétienne pour comprendre le sens des maladies, de la santé, de la vie. Cette recherche est relatée dans un livre fondateur, De l’homme cancer à l’homme Dieu, aux éditions Dervy.

Il y a une trentaine d’années, les médecins de la petite ville où j’exerçais avaient invité un professeur de médecine pour une conférence traitant de cancérologie. À l’heure du débat, un psychiatre demanda des sanctions contre les médecins homéopathes : « Soit, disait-il, ils croient en l’action de leurs petites boules de sucre, et il faut les interner car ce sont des fous ; soit ils savent qu’elles n’ont aucune action, et il faut les mettre en prison car ce sont alors des menteurs et des criminels. » En 1790, Samuel Hahnemann, médecin érudit, chimiste, herboriste, parlant plus d’une dizaine de langues dont le grec et le latin, fut lui aussi victime d’attaques violentes de la part de ses confrères lorsqu’il proposa une méthode pour « guérir » qu’il venait de découvrir en traduisant un article scientifique du savant écossais William Cullen. « Rien de nouveau sous le soleil », car il fut traité de charlatan, d’imposteur, de tricheur, de délirant, l’obligeant à chercher des protections, déménageant de ville en ville, pour finir à Paris où il bénéficia de la lucidité de monsieur Guizot, ministre de Louis-Philippe, qui écrivit en 1836 : « Si l’homéopathie est une chimère ou un système sans valeur propre, elle tombera d’elle-même. Si elle est au contraire un progrès, elle se répandra malgré toutes nos mesures de préservation, et l’Académie doit le souhaiter avant tout autre, elle qui a pour mission de faire avancer la science et d’encourager toutes les découvertes ».

(…)

Samuel Hahnemann se lança alors dans des expériences étonnantes puisqu’il décida d’absorber diverses substances médicinales afin d’en observer les conséquences. Et ce fut à la suite de ces expériences, faites sur lui-même, sa famille et ses amis, que débuta cette nouvelle médecine, appelée homéopathie ; une médecine qui a comme principe la loi d’analogie qui est un processus de pensée par lequel on remarque une similitude entre deux choses de différentes natures. Voilà, par exemple, une personne qui, suite à un licenciement, se met à souffrir de brûlures à l’estomac, aggravées entre une et trois heures du matin et améliorées en buvant des boissons très chaudes ; à ces brûlures, s’ajoutent une sécheresse de la peau et une anxiété de la mort. Ce tableau ressemble à une intoxication par l’arsenic, et nous observons donc que le licenciement a, sur cette personne, une similitude d’action avec l’arsenic. Elle recevra donc une dose d’arsenic qui soignera son estomac, sa peau et son anxiété.

(…)

Aujourd’hui, la médecine conventionnelle demande des preuves de son action alors que, depuis son origine, la médecine homéopathique est une médecine de l’expérience ! Samuel Hahnemann, expérimentant les substances sur lui-même, au risque de détruire sa santé, a découvert qu’il y a, dans la nature, le remède approprié à chaque personne pour les maux dont elle souffre, nous rappelant l’unité primordiale du corps humain et la sentence énoncée par Hippocrate, le père de la médecine : « Similia similibus curantur ». Ceci dit, les médecins homéopathes, formés par le monde scientifique, titulaires des mêmes diplômes que leurs confrères allopathes, reconnaissants de ce qu’ils ont appris, prêts à leur demander conseil, ne se contentent pas d’établir une relation de confiance avec le malade ni de jouer sur l’effet placebo – qui existe d’ailleurs dans toutes les approches médicales – ; non, ils veulent aussi comprendre le mode d’action du remède homéopathique qui agit à des dilutions-dynamisations incroyables, aussi bien chez les enfants que sur les animaux ou les végétaux. Heureusement, la physique quantique vient à leur aide, et il est bon de lire le physicien Louis de Broglie qui, dans son livre Matière et Lumière, en 1937, écrivait : « Plus nous descendons dans les structures infinies de la matière, plus nous nous apercevons que les concepts forgés par notre esprit au cours de l’expérience quotidienne, et tout particulièrement ceux d’espace et de temps, deviennent impuissants à nous permettre de décrire les mondes nouveaux où nous pénétrons. » En 1998, le très sérieux journal scientifique The Lancet écrivait, en parlant d’expériences faites par des scientifiques : « Les résultats de cette méta-analyse sont incompatibles avec l’hypothèse que les effets cliniques de l’homéopathie sont exclusivement dus à un effet placebo. »

L’HOMÉOPATHIE, MÉDECINE D’AVANT-GARDE

En 2019, Marc Henry, ingénieur chimiste, docteur ès sciences et professeur des universités, démontre que la physique quantique est à la base de l’approche homéopathique pour laquelle les substances et leur support ont une signature électromagnétique, écrivant « qu’il n’est plus possible de prétendre aujourd’hui qu’un remède homéopathique ne contient que de l’eau ou du sucre »

(…)

Pour en savoir plus : bernardwoestelandt.com

Pour lire l’article en entier, REFLETS n ° 34 pages 24 à 26