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LIBERTÉ : DE QUOI PARLE-T-ON ?

 


Christian Roesch

Maintenant entré dans cette tranche d’âge qu’est la vieillesse, le concept de liberté m’apparaît plus simple, comme si j’en avais fait presque le tour. Plus jeune, je n’en voyais qu’une partie, celle qui émerge au-dehors. Frais émoulu de la faculté, avec le droit de vote, des conquêtes féminines, la liberté pour ce jeune adulte signifie la liberté individuelle de faire ce qu’il a envie : s’installer où il veut, voter pour qui il veut, épouser qui il veut. La liberté est celle du vouloir.

Pourtant assez rapidement, il s’aperçoit que cette liberté est entravée par la société, même si les limites sont constamment repoussées (le mariage homosexuel, par exemple). Obligations, contraintes, sanctions délimitent le cadre hors duquel il est difficile de subsister. Chaque nation, et à l’intérieur chaque groupe (social, professionnel, familial, etc.), définit l’espace de liberté. La lutte sociale et politique pour la liberté consiste à déplacer les bornes précédentes.

Puis la crise de la quarantaine met en relief chez cet homme les souffrances personnelles, amenant à un travail sur soi dans la voie Artas 1. Quelle surprise de découvrir que les ressentiments – même sociétaux – proviennent de notre histoire personnelle ! Explication : à l’âge de 30 ans, il est un ardent défenseur de la liberté vaccinale, actif au sein de la Ligue Pour la Liberté des Vaccinations. Sa soif de liberté concernant la gestion de sa santé et cet engagement associatif proviennent des problèmes vécus dans la toute petite enfance.

À cette époque, le vaccin DTTAB se fait dans les huit jours après la naissance, avant la sortie de la  maternité. Le bébé se sent arraché de sa mère quand on l’emmène pour cette piqûre qui a lieu au milieu  du dos. L’effet conjugué de la douleur et de la peur  le fait cambrer comme les bébés atteints de tétanos  ombilical. Il a l’impression qu’on va le tuer. Étrange  ce sentiment, jusqu’à ce qu’il découvre, grâce à la  psychanalyse corporelle 2, qu’il a été sujet d’une tentative d’avortement par aiguilles l’atteignant précisément dans le dos 3. Depuis, l’idée de vaccin est associée à celle de tentative de meurtre. Et puis encore plus surprenant, ce travail sur le passé lui permet de s’apercevoir que chaque décision, même minime, est conditionnée par son histoire. Du choix de la couleur de sa voiture à sa répulsion pour les navets, ou encore au plaisir de manger des carottes, tout est analogie avec des moments-clés de son histoire, depuis la naissance
jusqu’à l’adolescence. Rien n’y échappe : ni le bulletin de vote ni le choix du conjoint.

1. www.artas.org
2. Bernard Montaud, Laisse parler ton corps, éd. Eyrolles.

Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages 40 et 41

Les pollutions environnementales

Dominique Eraud est spécialisée  en médecines « écologiques »  dites aussi alternatives  (acupuncture, phytothérapie,  nutritionniste). Membre fondateur  des colloques Écomédecines,  elle est la fondatrice et présidente  de la CNMSE (Coordination  Nationale Médicale Santé Environnement). Très sensible aux  maladies environnementales qui  se développent de plus en plus, elle propose ici de nous alerter sur les différentes pollutions qui en sont responsables.

TOUT D’ABORD QUELQUES CHIFFRES…

Les maladies environnementales, émergentes ou liées  à notre civilisation, représentent :
− 84 % des dépenses de santé ;
− 24 millions de personnes ;
− 92 % des affections de longue durée.

Mes études de médecine ne m’ont pas appris à  questionner les patients sur leur lieu d’habitation  par exemple. Vivre à proximité d’un incinérateur,  d’une antenne-relais ou d’une centrale nucléaire  a des incidences sur notre santé. Ces polluants  dérangent les réactions biochimiques habituelles en  les accélérant, en les ralentissant ou en les bloquant.

Il me paraît par conséquent indispensable de créer  des consultations de « médecine environnementale »  pour identifier les patients qui en sont atteints et que  ceux-ci soient reconnus et indemnisés comme tels.

Selon la conférence d’Helsinki de 1994, la définition  de la santé environnementale se définit ainsi :
« La santé environnementale comprend les aspects  de la santé humaine (y compris la qualité de la vie)  qui sont déterminés par les facteurs physiques,  chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et  esthétiques de notre environnement. »

IL EXISTE PLUSIEURS TYPES   DE POLLUTIONS 

La pollution par les ondes

Antennes-relais téléphoniques, téléphones portables,  irradiations nucléaires, médecine nucléaire… : des  études, l’une publiée dans la revue JAM 1 (juin 2012),  l’autre dans The Lancet 2 (août 2012) rappellent que  « le risque faible est un risque réel, qui augmente avec  la multiplication des examens irradiants. »
La question à se poser est celle du bénéfice par  rapport au risque : il est préférable d’éviter les  radiographies dont l’utilité est discutable car ces  examens répétés déclenchent des inflammations qui  seront le lit du cancer.
Il existe des remèdes en homéopathie et  phytothérapie qui minimisent les effets secondaires :  iodum, radium bromatum, uranium nitricum ; le  gingko biloba, l’argile verte, le miso, les algues, etc.

La pollution par les médicaments

Les antibiotiques, en particulier, agissent aussi en  détruisant la flore intestinale et en modifiant la  sécrétion biliaire, qu’il s’agisse de ceux prescrits  ou de ceux contenus dans les aliments comme  la viande, les œufs, les laitages. Alors se pose la  question de l’alimentation des animaux !! L’industrie  pharmaceutique contribue à cette pollution par la  fabrication de médicaments à base de pétrochimie,  entraînant la pollution de l’air et de l’eau et par  le déversement des déchets des hôpitaux et des  cliniques.
Il reste la problématique des médicaments périmés  ou non-utilisés, et n’oublions pas nos propres  déchets : urines, selles, etc.

La pollution par les métaux

Certains métaux lourds comme le cadmium, le  plomb, le mercure et d’autres comme le nickel,  le chrome, l’aluminium sont des polluants  fréquemment présents dans notre environnement :  gaz d’échappement, fumée de tabac, aliments, eau, vaccins, amalgames dentaires… ; il existe là aussi  quelques remèdes pour les neutraliser et pour libérer  l’organisme de ces métaux, comme des drainages à  base de jus de bouleau, d’argile verte, d’artichaut,  de radis noir ou encore grâce au Bol d’Air Jacquier,  appareil qui empêche le monoxyde de carbone de  pénétrer dans l’organisme.

 Pour lire l’article en entier REFLETS n° 33 pages 36 à 38

Qu’est-ce que la liberté pour un chrétien ?

Dominique Rey Évêque de Fréjus-Toulon

 

Titulaire d’un doctorat en économie fiscale, Dominique Rey exerce une activité professionnelle au ministère des Finances avant de suivre des cours à l’Institut catholique de Paris où il obtient une licence en théologie et un diplôme en droit canonique. En 1984, il est ordonné prêtre à Notre-Dame par le cardinal Lustiger pour le diocèse de Paris et devient membre de la communauté de l’Emmanuel. Il deviendra évêque du diocèse de Fréjus-Toulon en 2000.

La liberté est une dimension remarquable de la dignité humaine. Elle est même, dit le Concile Vatican II, « le signe éminent de l’image de Dieu chez l’homme » [1], puisque l’homme et la femme ont été créés par Dieu à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,27).

L’homme a chaque jour la mission de réaliser ce qu’il est, d’affirmer sans cesse sa liberté, et c’est ce qui fait sa grandeur. Pour pénétrer le sens chrétien de la liberté humaine, je l’envisagerai à la lumière de la Parole de Dieu et de l’enseignement de Jésus-Christ, notre libérateur.

Liberté & licence

Quelle définition pouvons-nous donner à la liberté ? C’est la faculté naturelle pour l’homme de choisir, de disposer de lui-même sans dépendre des autres, de se consacrer à faire ceci ou autre chose, d’agir d’une manière ou d’une autre. Pour autant, la liberté n’est pas la licence, c’est-à-dire faire tout ce que l’on veut, sans limites.

La liberté en effet n’est pas un principe formel creux. Nous pouvons librement choisir le mal, en ratant ainsi notre vie ; et librement nous pouvons choisir le bien véritable, réalisant ainsi la vie dans son authenticité.

Bossuet disait avec raison et profondeur : « La liberté n’est pas la capacité de faire ce que l’on veut, mais de vouloir ce que l’on fait. » Car l’homme n’est pas qu’un sujet de droits : il a aussi des devoirs. Et les premiers devoirs qu’il doit respecter, ce sont ceux que Dieu lui a donnés, c’est-à-dire les dix Commandements.

Dimension chrétienne

Dans le christianisme, la liberté est accordée par Dieu à l’homme créé à son image pour que, dans l’obéissance à Dieu, cette liberté ne se refuse pas mais s’affirme. C’est une liberté blessée mais que le péché n’annule pas ; c’est une liberté rachetée par Jésus-Christ et animée par l’Esprit saint.

La liberté chrétienne est une liberté que l’homme reçoit comme un don de Dieu. Uni à son Seigneur, il peut faire fructifier sa liberté dans l’amour. « L’homme qui aime Dieu s’identifie par l’amour à sa volonté et à ses commandements. » (Max Müller) L’amour nous aide à accomplir plus facilement et plus joyeusement ce que Dieu attend de nous.

Le pendant de la liberté, c’est la responsabilité : parce qu’il est libre, l’homme est responsable de ses actions devant Dieu, devant lui-même et devant les autres. Dieu nous a créés libres, et il respecte notre liberté. Mais il nous demandera de rendre compte de notre bon usage ou de notre mésusage de ce don, comme à l’intendant de la parabole. Au bon serviteur, il sera dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ! »(Mt 25,23), et au mauvais qui gaspille les biens de son maître : « Rends compte de ta gestion, car tu ne pourras plus gérer mes biens. » (Lc 16,2).

L’esclavage du péché

Dieu a créé l’homme et la femme libres. Mais le péché nous a rendus esclaves. Jésus le dit très clairement : « En vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave. » (Jn 8,34). Et l’on peut voir comme le péché rend triste, parce qu’il est une forme d’esclavage qui oppresse, tandis que la liberté rend joyeux.

Que de fois pourtant sous le nom de la liberté se cache un esclavage opprimant ! La liberté est un don, un chemin et une conquête quotidienne. Être libre consiste à savoir se libérer de beaucoup d’attaches et de mettre ses propres dons au service des autres. La liberté capricieuse et arbitraire est en réalité un manque de liberté.

Dans l’exercice du libre choix, l’homme doit se libérer de menaces intérieures et extérieures qui jouent contre sa liberté. C’est ainsi que nous ne pouvons pas servir Dieu et l’argent (cf. Mt 6,24), car la cupidité est une idolâtrie. Les plaisirs peuvent exercer aussi une domination despotique. Pensons aussi à toutes les formes modernes  d’addiction : drogue, jeux, téléphone, pornographie… Plus l’homme cédera à ces pouvoirs, plus ils le rendront esclaves, l’humilieront et le dégraderont.

Le chrétien est appelé à se libérer de tout ce qui l’empêche de s’élever vers son Seigneur. Chaque année, à la Veillée pascale, la liturgie prévoit le renouvellement des promesses du baptême. À cette occasion, le prêtre demande aux fidèles : « Renoncez-vous au péché pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu ? » Une réponse libre et résolue est alors attendue de la part de tous les chrétiens.

La liberté des enfants de Dieu est déjà apparue dans le présent du chrétien, mais nous attendons sa plénitude glorieuse (cf. Rm 8,14). L’Esprit saint nous rachète quotidiennement du penchant à l’esclavage, car « là où est l’Esprit du Seigneur, là est le libérateur. » (2 Cor. 3,17). L’Esprit est en même temps principe de liberté, d’amour et d’unité dans la vie du chrétien, de la famille et de l’Église qui est le Corps du Christ.

  1. 1. Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 1965, § 17.

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 32 pages  … à …

LE DIALOGUE INTÉRIEUR, COMME UN TROU NOIR

 

Nous avions déjà rencontré Philippe Guillemant, ingénieur physicien au C.N.R.S., pour son intérêt pour la physique quantique qui l’a amené à la spiritualité [1]. Il mène une recherche fondamentale en physique de l’information visant à réviser notre conception classique de l’espace-temps [2]. Il nous a semblé alors évident pour ce dossier de lui demander le point de vue du scientifique sur le dialogue intérieur.

Qu’est-ce qu’un dialogue intérieur ? Ne serait-ce pas ce qu’on entend parfois qualifier de dialogue avec l’ange ou avec l’univers ? On pourrait décliner de nombreuses versions de ce « retour sur soi », dont certaines aux propriétés transcendantes que seule une certaine retenue nous conduit à ne pas présenter ainsi, préférant donc parler de dialogue essentiel ou peut-être inspirant, beaucoup plus acceptable dans un milieu intellectuel où la relation corrige la pensée.

Ne comptez pas sur moi pour vous parler d’un dialogue politiquement correct, qui ne pourrait faire l’objet à mon sens que d’une analyse plus ou moins stérile à force de tourner sans fin autour du pot, comme s’il était un trou noir dans lequel personne n’ose entrer.

Une partie de l’univers est un monde imaginaire
où tous les miracles sont possibles

Sauf que les trous noirs, on n’y entre pas comme ça ; ils nous attirent inexorablement à plus ou moins long terme. Je vais moi-même accélérer votre entraînement dans celui qui fait déboucher dans l’autre moitié de l’univers, ce monde imaginaire où tous les miracles sont possibles. Laissez de côté vos réserves et ouvrez-vous à ce que la science physique nous enseigne.

Si vous demandez à un scientifique de base, armé de la meilleure volonté du monde, de bien vouloir donner son avis sur le dialogue intérieur version transcendante, cette méthode de « reliance » à soi qui pourrait favoriser une sorte de « magie de la vie » reposant sur les hasards porteurs de chance ou les synchronicités, sa réponse toute faite sera de qualifier cela de pensée magique, mettant en jeu deux sortes de croyances illusoires :

  • l’illusion que notre cerveau pourrait recevoir des informations de « l’univers », qui seraient susceptibles de nous orienter vers des intentions réalisables ; ou mieux encore,
  • l’illusion que nous pourrions émettre des informations à destination de « l’univers » ou de son « grand mécanicien », afin qu’il oriente le cours des évènements vers la réalisation de nos intentions.

S’agissant ainsi d’attribuer à l’état de conscience issu du dialogue des capacités extraordinaires couramment agitées par le « nouvel âge niais », ce scientifique s’empressera de corriger une telle croyance en l’attribuant catégoriquement à différents types de biais cognitifs qui nous font dévier de la pensée rationnelle. Comme il existe bien une multitude de tels biais, il aura sans aucun doute raison, mais la question reste de savoir si ces biais couvrent bien 100 % des cas de réenchantement du vécu à l’issue d’un tel dialogue. Or les personnes qui, tout comme moi, ont expérimenté dans la foulée des synchronicités en cascade et excessivement improbables savent d’expérience que de tels biais ne peuvent en aucun cas couvrir l’ensemble du phénomène.

Nos intentions, issues d’un dialogue intérieur,
sont capables de provoquer des effets dans notre futur

Maintenant, demandons à un physicien quantique à l’esprit ouvert d’analyser cette réponse réductionniste le plus honnêtement possible, à la lumière des progrès de la physique moderne. Il pourra aisément mettre en évidence que le scientifique de base s’enferme lui-même dans deux types de croyances devenues illusoires :

  • l’illusion que tout ce qui arrive est d’ordre matériel, et que nos états de conscience eux-mêmes sont issus d’interactions qui se produisent à l’intérieur du cerveau ; et pire encore,
  • l’illusion que tout ce qui arrive émane de la causalité, et qu’il ne serait donc pas possible de relier nos états de conscience à des évènements qui en sont matériellement totalement indépendants.

Notre physicien balayera donc cette interdiction, devenue pseudo-scientifique, qui est faite à la conscience d’avoir des fonctionnalités qui dépassent l’entendement de notre cerveau, en faisant référence au vide et à l’intrication. Il objectera d’une part que le vide étant plein d’informations, nul ne peut considérer la conscience comme réductible au cerveau matériel. Il objectera d’autre part que l’intrication quantique étant un phénomène extensible au niveau macroscopique, nul ne peut affirmer que des phénomènes indépendants au sens de la causalité, comme ici un état de conscience et des évènements extérieurs, ne sauraient être reliés d’une manière qui échappe à toute analyse réductionniste.

Il semblerait donc que nos deux camps soient finalement à égalité et qu’il soit bien difficile de départager l’adepte du dialogue transcendant et le rationaliste ordinaire, afin de déterminer lequel est le plus proche de la raison. Remarquons toutefois que cette indécision repose tout de même sur le refus de considérer les synchronicités comme des phénomènes scientifiquement recevables, sous le prétexte qu’ils sont beaucoup trop subjectifs. Car s’il s’avérait que ces phénomènes étaient au contraire reconnus comme inexpliqués, alors il faudrait bien considérer l’expérience de l’adepte au même titre qu’une expérience scientifique dont les résultats doivent absolument être pris en compte pour faire avancer la science.

Le dialogue intérieur aboutit à une véritable interaction
avec l’univers

Mais aujourd’hui, ce déni ne tient plus devant les découvertes de la physique. On oublie le plus souvent que la quantique n’a pas l’exclusivité des grands mystères de la physique dont l’interprétation ouvre à la spiritualité, loin de là. En ce qui me concerne, c’est plutôt l’étude de la physique du chaos qui m’y a largement ouvert en premier lieu, au point que je suis devenu par la suite l’auteur d’une théorie scientifique qui explique comment le dialogue intérieur aboutit à une véritable interaction avec l’univers. Il s’agit bien d’un véritable exercice transcendant de notre libre arbitre, mettant en jeu six dimensions supplémentaires de notre espace-temps qu’il est légitime de qualifier de dimensions intérieures.

Il est ainsi devenu rationnel de penser que nos intentions, pour peu qu’elles émergent réellement d’un dialogue intérieur, sont capables de provoquer des effets dans notre futur qui deviennent à leur tour les causes d’effets dans notre présent, lesquels se présentent sous la forme de coïncidences porteuses d’un sens qui a pour vertu de nous orienter sur notre chemin de vie.

Toutefois, l’inconfort ou la peur de penser hors norme freinera le lecteur qui découvrirait pour la première fois ce nouveau paradigme. Il lui restera beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir accepter une telle vérité, car bien d’autres illusions matérialistes sont à dégager avant de pouvoir simplement la mûrir :

  • l’illusion selon laquelle notre futur n’existerait pas encore, une croyance effectivement bien ancrée mais incompatible avec la théorie de la relativité, qui nous invite à penser que notre futur est déjà là ;
  • l’illusion selon laquelle tout ce qui nous arrive est déterminé mécaniquement, une croyance mécaniste persistante que la cosmologie et la physique quantique mettent pourtant à mal en nous parlant de multivers.

Mes propres travaux scientifiques me conduisent à proposer une version flexible du multivers qui contient les myriades de possibilités alternatives que nous avons de conduire notre vie, par l’exercice des deux propriétés fondamentales de la conscience que sont l’intention et l’attention.

Il s’ensuit qu’un retour sur soi réussi, grâce à un véritable dialogue intérieur, peut réellement faire émerger une intention correspondant à notre destinée idéale, celle qui nous est peut-être promise depuis fort longtemps, mais qui ne parvient pas à s’installer aussi longtemps que nous restons conditionnés par nos pensées, notre ego et nos émotions : ces automates fort utiles, mais qui finissent par nous plomber lorsque nous nous coupons de notre soi et de notre humanité.

Tout ce qui nous arrive dans la réalité extérieure
n’est en fin de compte que le reflet de notre vie intérieure

Il nous suffit alors de nous approprier cette intention, issue du dialogue intérieur, pour qu’elle tisse dans l’espace-temps les chemins vers la nouvelle destinée qui nous attend. Encore faudra-t-il que notre conscience soit capable de vivre le temps présent en prêtant attention à toutes les opportunités, en particulier ces fameux hasards qui portent avec eux toute la magie de la vie.

J’aurais tant à expliquer encore et encore pour démontrer la rationalité de cette magie qui n’est ni plus ni moins qu’une technologie de la conscience que nous découvrons à peine, tout comme un enfant au seuil de la puberté découvre à peine comment on fait les bébés.

La meilleure façon de la penser est de s’extraire de l’illusion même de notre réalité, cette véritable caverne de Platon dans laquelle notre cerveau nous enferme en nous faisant croire que la matière, l’espace et le temps existent réellement. Or la physique a accompli suffisamment de progrès pour qu’il soit possible d’affirmer aujourd’hui que le temps, l’espace et la matière n’existent pas et doivent être remplacés par la Vibration, l’Information et l’Énergie, c’est-à-dire la vie (V.I.E.).

Il en résulte que le dialogue intérieur, le vrai, devrait être compris comme le développement d’une faculté nous permettant de jouir de la vie, en ayant enfin compris que tout ce qui nous arrive dans la réalité extérieure n’est en fin de compte que le reflet de notre vie intérieure.

[1]. GUILLEMANT Philippe, « Le futur influence-t-il le présent ? », Reflets, n° 26, janvier 2018, p. 67.

[2]. GUILLEMANT Philippe, Le Pic de l’esprit, éd. Guy Trédaniel.

Dialogue essentiel avec Bernard Montaud

Le Dialogue Essentiel :
un dialogue avec l’Ange, avec le Christ et avec Dieu

Bernard Montaud

 

Bernard Montaud est l’auteur de plus d’une quinzaine d’ouvrages témoignant de son expérience intérieure. En 1983, il crée l’association Artas, un mouvement spirituel pratiquant le dialogue inspiré transmis par Gitta Mallasz dont il a été le compagnon de route. Il n’a de cesse de perpétuer et d’amplifier l’enseignement qu’il a reçu auprès d’elle.
Bernard Montaud a fondé la psychanalyse corporelle il y a plus de trente ans. Il développe actuellement une psychanalyse corporelle du présent et du futur pour aider plus efficacement encore tous ceux qui cheminent dans la quête du meilleur d’eux-mêmes. [1]
Il est un fervent défenseur de la vie spirituelle et de la foi sous toutes ses formes.   www.bernardmontaud.org

Comme il est évident, pour moi qui ai vécu auprès de Gitta Mallasz, que le Dialogue Essentiel commence avec le dialogue avec l’ange qui conduit au dialogue avec le Christ qui à son tour nous ouvre le dialogue avec Dieu, son Père. Et ce n’est pas un hasard si l’espèce humaine se réveille soudain à ces trois Dialogues Essentiels, tant il faut du Dialogue Essentiel vrai en face de la profusion des dialogues superficiels que notre modernité produit chaque jour. Il va bien falloir que nous préservions le « parler pour dire quelque chose » en face de tout ce « parler pour ne rien dire » ! Il y va de la survie de la parole, cet attribut majeur de l’espèce humaine qui risque de devenir seulement ce qui fait du bruit au lieu d’être ce qui fait du sens.

En 1945, Gitta ne pouvait prévoir ni la modernité d’aujourd’hui ni l’actualité des Dialogues Essentiels qui vont devenir un enjeu de plus en plus vital dans le futur. Les années 2000 ont produit une invasion d’appareils informatiques en tout genre : iPhone, iPad, ordinateurs, etc. Et nous voilà encerclés d’images, d’informations, de messages incessants, et tout cela seulement pour savoir où l’on est et ce que l’on fait ! Nous entrons dans le règne du parler pour ne rien dire, celui des informations permanentes, et nous voilà saoulés d’images et de bruit ! L’homme ne le sait pas encore, mais demain, son intelligence et sa mémoire seront reléguées dans tous ses appareils. Que deviendra cet humain dont l’activité cérébrale va considérablement se réduire, s’il ne développe pas d’autres activités psychiques que les machines ne pourront jamais lui prendre ?

En face de l’invasion des images extérieures, il faut répondre par des images intérieures produites par le Dialogue Essentiel

Va-t-il devenir un homme hébété, pris en otage par cette invasion d’images et d’informations extérieures qui accapareront peu à peu toute son existence ? Va-t-il devenir un véritable esclave d’une addiction informatique produisant une vie par procuration dont il n’aura même pas conscience ? Ou bien va-t-il tenter d’être un Homme habité, quand, ayant cédé son intelligence et sa mémoire aux machines, il se consacrera à une nouvelle activité cérébrale : la fonction inspirée ? Allons-nous vraiment comprendre qu’en face de l’invasion des images extérieures, il faut répondre par des images intérieures produites par ces trois Dialogues Essentiels ? Il s’agit assurément d’une guerre sournoise où l’homme joue sa santé mentale contre la folie. Il s’agit aussi d’un monde informatique produisant une fabuleuse opportunité nous propulsant vers une vie intérieure bien plus puissante, ou alors d’un incroyable gâchis nous invitant à la fin de toute vie intérieure. Car en soi, le développement de l’informatique n’est ni le bien ni le mal, mais seulement un inévitable rendez-vous historique.

Tout cela, Gitta Mallasz ne pouvait pas le savoir au moment où elle nous enseignait les subtilités de l’expérience du dialogue avec l’ange, tant à cette époque la modernité n’avait pas encore produit l’addiction informatique. Notre bonne santé intellectuelle passera par là dans le futur : serons-nous capables d’opposer à la profusion d’images et de mots extérieurs un gisement d’images et de mots intérieurs que seule la vie spirituelle pourra nous offrir ? L’homme aura de plus en plus besoin d’une vie inspirée pour le protéger de son addiction informatique. Et il aura alors de plus en plus besoin d’une vie spirituelle pour le conduire aux trois Dialogues Essentiels. Voilà bien l’incroyable importance de cette nouvelle manie humaine : apprendre à dialoguer avec son ange, seulement pour conserver la raison !

Le grand combat des temps à venir sera celui de la vie intérieure
reprenant tous ses droits sur la vie extérieure

Je sais, un tel discours prête à rire. Face à la modernité clinquante des robots et autres intelligences artificielles, nos petits dialogues essentiels paraissent très ringards ! Certes, aujourd’hui ce sont les « ni dieu ni maître » qui règnent, tous ceux qui manipulent nos addictions, tous ceux qui font les programmes qui peu à peu vont nous asservir, tous ceux qui connaissent déjà nos goûts et nos dégoûts mieux que nous-mêmes pour nous faire plus consommer, tous ceux qui nous mènent par le bout du nez à chaque instant par mille applications géniales qui simplifient tellement la vie. Alors la foi disparaît, et la vie spirituelle et religieuse devient ridicule. Toutes les images intérieures perdent leur pouvoir d’émerveillement face au déferlement des images extérieures qui font sans cesse le buzz pour nous étourdir. Avec les « ni dieu ni maître », soyons-en sûrs, l’homme augmenté le sera faussement au-dehors par toutes ses machines, ce qui n’aura rien à voir avec l’Homme augmenté au-dedans que seul le Dialogue Essentiel peut produire.

C’est ainsi : les « ni dieu ni maître » ont besoin de se croire plus libres sans la foi. Alors ils vont transférer la foi du dedans, la foi en Dieu, dans une foi informatique du dehors qui finira par asservir chacun de nous à la folie. Et le tour sera joué : nous serons tous perdants !

[1]. MONTAUD Bernard & Patricia, Dialoguer avec son ange Une voie spirituelle occidentale, éd. Editas.

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 32 pages  37 à 40

Du Dialogue Essentiel À LA TÂCHE

Selon l’enseignement de Gitta Mallasz et de Bernard Montaud, le Dialogue Essentiel mène à la Tâche dont elle est la concrétisation.
Qu’est ce que la Tâche ? Le service à la vie qui couronne la phase active de l’existence, car il est l’application des qualités uniques déposées en chacun. Ces qualités ne sont autre que le retournement –par le Dialogue Essentiel– des misères qui constituent notre personnalité.
Ci dessous, quelques exemples de Tâches issues de cette filiation.

Marcher et Aimer, Alain Sicot

Pendant de nombreuses années, j’ai pratiqué l’Assise immobile dans l’association Artas, fondée par Bernard Montaud. Mes premières actions ont été de prendre la force de vie qui me manquait, et cela est passé par apprendre à écrire, à m’exprimer, à m’engager de plus en plus jusqu’à enseigner dans l’association Artas, puis dans
4 saisons-marche, l’association que j’ai fondée. Moi qui suis un ancien illettré mutique, il me faut trouver les mots qui me manquent, et seuls mes dialogues avec mon ange le rendent possible.

Aider les égarés, Ramon Junquera

Alors que j’étais un marginal, issu des cités, avec des problèmes d’addiction aux drogues, je rencontre Bernard Montaud qui me dit : « Suivre une voie spirituelle, c’est être un adulte responsable avec un métier assumant ta vie et celle de ta femme et de tes enfants. »
Je comprends alors qu’il faut une terre en ordre pour recevoir un ciel en ordre.
Grâce à ma relation avec cet homme et à l’enseignement reçu, je suis en mesure aujourd’hui d’accomplir ma Tâche en aidant ceux qui me ressemblent, c’est-à-dire les égarés, afin qu’ils retrouvent une vie juste et responsable et redeviennent des citoyens à part entière.  Le but consiste à redonner une noblesse à ceux qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes et à faire la différence entre travailler sur soi et se doper. Progresser, c’est autre chose que transgresser. Le travail sur soi, c’est la véritable ivresse, bien différente de celle produite par des drogues.
Association A.D.D.I.C.T .(Accompagnement des dépendances individuelles consciemment transformées)
junqueraramon@gmail.com

Accompagner les mourants,  Colette Junquera

La maladie et la mort ayant fortement interpellé ma vie, j’ai fondé en 2011 une association d’entraide d’accompagnants de grands malades et de mourants.
La mort me faisait peur, au point de disparaître, dès qu’un proche était en fin de vie.
Et puis mon papa est tombé gravement malade. Aidée par mon mari et par l’amour spirituel qui m’unissait à Bernard Montaud, je suis parvenue à me dépasser pour aller à ses côtés.
Quelle chance ! Sans cette force spirituelle, je serais passée à côté d’une incroyable expérience d’amour avec ce papa mourant.
Depuis cette expérience fondatrice, la mort n’était plus source d’impuissance mais source de vie !
Et cela m’a été bien utile, quand, peu de temps plus tard, mon mari est tombé soudainement très gravement malade.
Là encore, mon chemin spirituel a été déterminant, et j’ai appris les lois essentielles de l’accompagnement d’un grand malade
AAMM (Association d’accompagnants de malades et de mourants)
junquera.colette@gmail.com 

REFLETS, un besoin de sens Christian Roesch

Sans le coup de main de l’ange – coup de pied, je dirais même – pas de Tâche.
Certes, de dialogues en actes, le chemin auprès de Bernard Montaud m’a préparé dans des compétences diverses : l’enseignement de la Psychologie nucléaire et des textes traditionnels, la responsabilité des « cahiers d’Artas »,  l’organisation d’un congrès de la spiritualité laïque (JISL).
Je m’étais fait le serment de commencer ma Tâche avant la retraite. Celle-ci approchait et je ne voyais toujours pas ce qui pouvait me faire changer de vie. Un accident de moto en sortant de mon cabinet de chirurgien-dentiste a tout fait basculer. Le dialogue le plus dense que j’ai expérimenté a décidé de la suite : dans la douleur du choc contre une voiture, le temps du cri servant à rester conscient, j’ai dû choisir : « Vas-tu en vouloir à ce conducteur et ça restera un accident ou vas-tu lui pardonner et c’est une autre vie qui t’est proposée ? » J’ai décidé de pardonner. J’ai dit OUI.

AER : Accompagnement Écriture Reflets
redaction@revue-reflets.org

Médecine des Actes, Jean-Patrick Chauvin

J’ai toujours eu ce sentiment que la médecine resterait « boiteuse » si l’on ne prenait en compte que la dimension visible de l’homme sans intégrer sa vie intérieure.
Un pas à pas premier de découverte de cette « vie intérieure » me conduit à rencontrer un homme – Bernard Montaud – qui vient de fonder une voie spirituelle de pratique des Dialogues Essentiels dans le concret de l’existence.
Il nous apprend à rencontrer notre vie intérieure à travers le corps s’affrontant à l’immobilité et au silence.
Au fil des années, je vais recevoir un double enseignement : une véritable « biologie de la vie intérieure » [1] et la pratique du dialogue intérieur.
Chaque jour, s’arrêter sur une petite douleur d’existence (physique ou psychique) ; chaque jour, s’entraîner à identifier la réalité de la souffrance intime ; chaque jour, apprendre à questionner et à mettre en pratique les réponses reçues.
Cela a été une première étape d’apprentissage de ce Dialogue Essentiel.
Puis assez « naturellement », ce sont mes douleurs de médecin qui sont venues sur le devant de la scène. Même jeu de questions-réponses, mais sur « ma » médecine ; ainsi pas à pas, s’est construite Médecine des Actes, issue de mes propres dialogues, intimement accompagnés au début de ceux de Bernard Montaud. Le fondement de Médecine des Actes verra le jour dans la construction d’une véritable « pédagogie » de la santé humaine.
[1]. MONTAUD Bernard & Coll., La Psychologie nucléaire Un accompagnement du vivant, éd. Éditas.

Chœur de Mamies, un jardin d’enfants défavorisés
Josiane Guillaume

                                                                                                                                                          Lors d’une rencontre avec la directrice adjointe d’une structure d’accueil aux SDF, je m’entends dire : « J’ai mal de ne servir à rien. Je sais que c’est ici que je peux aider et j’ai à découvrir qui et comment. »
Le service Urgence-Familles accueille des mères ayant subi des violences et leurs enfants. Je fais connaissance de l’éducateur de permanence, désabusé, qui me confie : « La structure fait tout pour aider les adultes à retrouver leur dignité, un toit et un travail, mais est démunie face aux enfants. Les mères arrivent après avoir subi des violences, et leurs enfants sont marqués par le drame. Ces femmes se sous-estiment, n’arrivent pas à communiquer avec les autres résidents et se terrent. Plus elles vont mal, plus leurs enfants vont mal. Si, prises de colère, elles usent de violence, nous sommes obligés de faire un rapport, et leurs enfants leur sont enlevés. »
Une intuition me traverse. Se superposent le point d’orgue de ma douleur de petite fille de trois ans, abandonnée dans un centre d’accueil, qui se sent une mal-aimée, désespérément seule, et l’évidence que je suis attendue pour fonder un jardin d’enfants pour les sortir du drame, leur donner de la tendresse et de la joie, réveiller leur sourire et offrir aux mamans un temps de liberté. Là est la réponse aux besoins de la structure et à mon besoin de servir mes pareils.
www.choeurdemamies.org

Pour lire les articles en entier, Reflets n° 32 pages 33 à 36

“A lire : Rétrospective du dialogue essentiel légué par Gitta Mallasz “