EDITORIAL du numéro 27

Reflets n°27
en vente chez les marchands de journaux
dès le 27 mars 2018

Régulièrement, je reviens sur ce qui fait l’originalité de REFLETS : la tentative d’écrire sans jugement. Que peut être l’écriture sans jugement ?
Il ne s’agit ni d’une sorte de neutralité ni de se contenter d’exposer les différents points de vue. C’est entrer dans la souffrance de chaque camp comme dans la sienne. C’est voir les événements personnels comme ceux du monde sans bourreau ni victime. Une telle proposition est-elle audible au moment même où les dénonciations de violeurs sont déversées de toute part ? Comme c’est difficile !

Soyons clairs : l’écriture sans jugement, c’est la miséricorde. Miséricorde pour soi comme pour les souffrances de part et d’autre.

Si je reviens dessus aujourd’hui, c’est parce que je ressens la nécessité de former ceux qui le souhaitent, professionnels de l’écrit ou non, à cette façàon de voir, de vivre, de partager que j’ai reçue, sous d’autres formes, de Gitta Mallasz et de Bernard Montaud.

Disons-le, écrivons-le :

la quête de sens,

la quête d’amour

sont les deux mamelles qui nourrissent l’existence.
Ainsi rassasié, on peut sortir en paix du banquet de la vie. La mort, alors, n’est plus à redouter.

Marthe Robin l’exprime si puissamment :

«…Je vis pour mourir. La grande idée, le sens de ma vie,
la grâce des grâces et le couronnement de notre vie chrétienne.
Elle n’est pas une fin, mais le commencement d’une belle naissance. Elle ne marque pas l’heure de la dissolution d’une créature,
mais son véritable développement, son plein épanouissement
dans l’amour. (…) »1

 

 

 

1. Jean-Jacques AUTIER, Marthe Robin, Le voyage immobile, Éd. Perrin