Professeur Henri Joyeux, un lanceur d’alerte

Professeur Henri Joyeux,
un lanceur d’alerte

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Henri Joyeux est professeur honoraire de cancérologie et de chirurgie digestive à la faculté de médecine de Montpellier. Déjà connu pour ses importants travaux sur la chirurgie du foie et la régénération, les insuffisances digestives, l’alimentation et la prévention du cancer, il a lancé en 2015 une pétition demandant le retour du vaccin DT-Polio simple sans aluminium pour nourrissons, devenu introuvable. Cette pétition est signée à ce jour par 1 090 900 personnes. Avec pour conséquence sa radiation de l’Ordre des médecins en juillet 2016, dont il a fait appel, suspendant ainsi l’application de cette décision. Il considère en effet que sa mission de médecin est de protéger la santé des patients. Et donc d’alerter sur des dérives thérapeutiques dangereuses propagées dans les médias à travers des publicités ou des allégations trompeuses, à but essentiellement commercial. Il vient de publier Lutter contre le stress, un remède anti-cancer, aux éditions du Rocher.

Vous militez sur de nombreux sujets tant médicaux que sociétaux. Quelles sont les convictions fermes auxquelles vous ne dérogez pas ?
Ma passion, c’est l’anthropo-logique, en deux mots. S’il y a une anthropologique, il y a une anthropo-illogique, à savoir que l’homme peut être dans des situations contraires à son bien.  Qu’est-ce que la logique et l’illogique ? Quand vous êtes dans le domaine de la santé, comme je le suis, vous arrivez à comprendre ce qui ne va pas quand des organes sont malades. Dans un livre intitulé Le Onzième commandement paru en 1992, André Glucksmann a développé une idée qui m’avait frappé : connaître mes faiblesses, être conscient de toutes les conneries dont je suis capable, pour en faire moins. Car si je n’en suis pas conscient, je vais faire des erreurs. Par exemple, si je suis conscient de l’utilité de ma main droite, je vais faire attention à ne pas la casser. Si je suis conscient de mon foie, je vais le respecter, en sachant que mon foie se régénère tous les ans (ce que savent peu de personnes). Mais si je l’abîme avec de l’alcool, des produits toxiques, des médicaments inutiles ou de la drogue, au lieu de vivre entre 100 et 120 ans – durée de vie à laquelle tout humain peut prétendre à sa naissance, à mon avis – je n’atteindrai ni cet état ni ce temps. Comprendre ce qui est bon pour l’être humain m’a pris du temps. J’aime la pédagogie qui consiste à vérifier que ce qu’on a dit a été bien compris. Si mon enseignement est excellent, mais que les gens comprennent l’inverse, cela ne peut pas coller. Donc, je donne de nombreuses conférences, suivies d’un temps de questions plus important que celui de la conférence elle-même, pour vérifier si les gens ont pigé ce que j’ai dit et où ils en sont. Le grand public peut m’apprendre  beaucoup, plus parfois qu’un prix Nobel. La vérité se cherche, il faut du temps pour la trouver, un siècle n’y suffit pas. Ce qui suit après la mort permet de la trouver au-delà. Mais donner la vérité avant son départ, quel qu’en soit l’âge, personne n’en est capable. C’est mon point de vue.

Votre point de vue sur la vaccination, est-ce important pour vous ?
Extrêmement important. Je suis un citoyen respectueux de l’État. La loi rend la vaccination des enfants obligatoire avant deux ans – ce qui est logique pour trois maladies : la diphtérie, le tétanos, la polio. Mais l’imposer à tout le monde, cela peut être discutable aujourd’hui, parce qu’il n’y a plus de diphtérie, moins de polio et qu’il y a encore du tétanos. En revanche, certains enfants peuvent en avoir vraiment besoin, des enfants réfugiés par exemple qui arrivent dans des états de santé catastrophiques. C’est donc imposé par la loi, je la respecte. Cependant la loi est aussi faite pour évoluer, donc ce serait bien qu’elle évolue. Mais les ministres – Roseline Bachelot à droite ou Marisol Touraine à gauche – et leurs conseillers sont dépendants des lobbies et de l’empire vaccinal, et je pèse mes mots. Un empire vaccinal est un empire de pouvoir et d’argent qui peut acheter des décisions, des experts, etc. Ainsi, 40 % au moins des experts des comités de vaccination ont des liens d’intérêts avec l’empire vaccinal. Comme experts, leur avis a valeur de parole « évangélique », les autres 60 %, considérés comme non experts, n’ont alors qu’à se taire. Voilà comment cela se passe. Je connais bien le sujet. La ministre veut me faire taire : croyez-moi, elle n’y arrivera pas. Je serai plus longtemps médecin qu’elle ne sera longtemps ministre !

N’y a-t-il pas là un aspect fondamental d’aliénation de la liberté ?
Oui, c’est évident. Il faut considérer la maladie dans ce qu’on appelle « les pathologies de groupe ». Si demain un nouveau virus risque de tuer un certain nombre de personnes et que le vaccin existe, il faut l’imposer à la population pour que les gens en bonne santé se protègent les uns les autres. Mais le problème, c’est que l’Institut de veille sanitaire est composé d’experts liés à Big Pharma. Big Pharma est un véritable empire dont l’intérêt est de considérer que les gens en bonne santé sont plus nombreux que les malades. Si vous êtes en bonne santé, Big Pharma va vous dire : « Vous arrivez à un certain âge, vous risquez un accident vasculaire cérébral, vous allez avoir la ménopause, prenez ce médicament préventif. » Donc, Big Pharma soigne les gens malades, comme il se doit. Mais en même temps, il propose des statines contre le cholestérol, en paramétrant le taux maximum de cholestérol à 2 grammes par litre au lieu de 3 grammes. Donc, si vous êtes entre 2 et 3 grammes, vous devez vous soigner, prendre un médicament. De même, on paramètre le bon taux de vitamine D à 40 : tant que votre taux n’est pas à 40, on vous propose de prendre de la vitamine D en comprimés, en gélules, en gouttes. Je déplore ce système : je suis donc un lanceur d’alerte, comme le dit mon ami Edgar Morin. Comme professeur de médecine d’une université prestigieuse, celle de Montpellier, c’est mon devoir d’être un lanceur d’alerte, et on ne doit pas pouvoir me faire taire. Même si je peux me retrouver derrière les barreaux, je continuerai à parler.

Et sur la nutrition ?
La nutrition est capitale.

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Quel est le sens de ce cancer pour vous ? Vous dites qu’on peut s’en occuper, si on les décèle plus tôt. Mais pourquoi tous ces cancers ?
Le cancer de l’oesophage par exemple a une cause nutritionnelle très précise, le reflux gastro-oesophagien. La personne a mangé trop vite, faisant descendre dans son estomac des morceaux au lieu de purée. L’estomac mécontent vous dit : « Le boulot n’est pas fait, je suis obligé de bosser un peu plus, donc plus d’acide. » Et en même temps, le morceau va butter sur le pylore, le liquide acide qui est dans l’estomac reflue. La mauvaise habitude alimentaire, c’est donc de ne pas mastiquer suffisamment les aliments : il faut mastiquer un aliment 30 secondes, c’est-à-dire 30 fois. Aujourd’hui, les publications scientifiques les plus importantes concernent la nutrition et l’immunité, quels types d’aliments choisir, comment les consommer, les préparer et stimuler notre système immunitaire.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 23 pages 15 à 17

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