Le pardon, clé du vivre ensemble,

Le pardon, clé du vivre ensemble

Philippe Dautais

Philippe Dautais

Père Philippe Dautais est prêtre orthodoxe (Patriarcat de Roumanie). Fondateur et co-responsable avec son épouse Elianthe du Centre Sainte-Croix en Dordogne, il y anime des sessions et retraites depuis 30 ans. Il enseigne notamment une pratique de la voie spirituelle chrétienne dans l’héritage de la tradition philocalique et hésychaste, laquelle exprime l’essentiel de l’expérience chrétienne du premier millénaire. Il est délégué à l’œcuménisme pour la région sud-ouest par l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France (AEOF) et impliqué depuis 18 ans dans le dialogue inter-religieux.

Le père Philippe Dautais définit le pardon comme une ouverture du regard et du cœur. Il est le fruit d’un chemin intérieur qui conduit à la réconciliation avec soi-même et avec l’autre. Le pardon est un acte d’amour gratuit qui n’attend pas la réciprocité, mais permet cette réconciliation. Prier « pour ceux qui nous maltraitent » comme nous y invite le Christ permet de les rencontrer en profondeur, dans leur grandeur et leurs failles.

Qu’est-ce que le pardon ?
L’idée que l’on se fait du pardon est trop souvent réduite à des clichés ou à des conceptions erronées. On pense que le pardon c’est « passer l’éponge », excuser, minimiser la faute, trouver des circonstances atténuantes ou encore accorder sa pitié à une personne pour laquelle nous n’avons pas une grande considération. Or, le pardon est l’expression de l’amour et le fruit d’un chemin intérieur qui conduit vers la réconciliation avec soi-même et avec l’autre. Il est une voie royale vers l’unité, vers la pacification du cœur et la possibilité de rompre avec l’enchaînement et le déchaînement de la violence. Le pardon est une clé pour le « vivre ensemble ».

Le pardon rime avec vérité
En premier, le pardon rime avec la vérité, la vérité des faits, de l’agression, de l’offense, du préjudice. Le pardon n’est pas oubli. L’oubli est en général lié aux tendances à l’évitement, au refoulement ou encore à l’indifférence. On préfère oublier plutôt que de se confronter à des réalités ou à des souvenirs qui dérangent. L’évitement conduit au pardon des lèvres, au pardon superficiel mentionné plus haut, où la relation de l’agresseur à nous-même n’est pas assumée. Le pardon véritable, au contraire, aide la mémoire à guérir. Celui qui ne veut pas faire mémoire du passé reproduira les mêmes erreurs dans le futur. La mémoire nous aide à prendre en compte l’expérience passée pour être plus apte à assumer l’avenir. Sur le plan collectif, l’histoire nous offre plusieurs exemples. Le plus marquant pour nous, en France, est celui de la réconciliation de la France avec l’Allemagne, fondée sur la reconnaissance et la mémoire des faits, ce qui a motivé la construction d’une Europe de la paix.

Le pardon, par la reconnaissance du mal subi,
permet de rompre avec la logique mortifère

La parole est nécessaire à la vérité. Il est essentiel que la victime soit entendue dans sa souffrance, qu’elle puisse dire ce qu’elle a vécu. Cette phase lui permettra de se situer par rapport aux faits. L’incapacité à formuler l’offense subie, à nommer l’agression, – par exemple le harcèlement moral, sexuel, le viol,…-, peut évoluer en culpabilité. Une victime qui ne peut dire le mal subi tend à considérer qu’elle est responsable de ce qui lui arrive. Si cette personne est fragile, elle se laissera gagner par un malaise intérieur, une confusion mentale, puis la culpabilité qui peut dégénérer en processus d’autodestruction. On se fait mal à cause du mal subi.
Ce processus a été bien mis en évidence dans le dossier de la maltraitance. Pour résumer en une phrase un sujet qui mérite notre attention : un adulte qui peut nommer en quoi il a été maltraité dans son enfance ou son adolescence ne deviendra pas forcément maltraitant. Celui qui n’a pu reconnaître cette maltraitance pour divers motifs, notamment la loyauté vis-à-vis de ses parents, deviendra presque à coup sûr un maltraitant.
Le pardon, par la reconnaissance du mal subi, est la possibilité de rompre avec la logique destructrice ou mortifère. Il est la promesse d’un avenir autre qui ne soit pas la reproduction du passé par l’ouverture de la conscience et le chemin de transformation intérieure qu’il suscite. Ce chemin implique la notion clé de « désidentification ».

Le pardon se conjugue avec la condamnation des actes destructeurs, non de leurs auteurs.
Le pardon s’adresse à la personne. Il n’est pas la négation des faits ou de l’agression, mais la réhabilitation de la personne associée à la condamnation des actes violents ou des paroles agressives. Notre tendance habituelle est de juger l’autre. Juger signifie identifier l’autre à ce qu’il a dit ou à ce qu’il a fait. Juger, c’est enfermer la personne toute entière dans une action : il a volé, donc c’est un voleur, il a tué, donc c’est un tueur, il a raté son examen, donc il est nul. Souvent, nous entendons dire : « Il est comme ceci, elle est comme cela ». La personne est cataloguée, cela « lui collera à la peau ». Le pardon, au contraire, est ouverture du regard et du coeur, il est l’expression de l’amour. La bienveillance pour la personne ne supprime pas la nécessité de la sanction. En faisant cette distinction, on ne condamne pas la personne, mais les actes qui ont été préjudiciables au vivre ensemble, donc à la vie sociale. Cette « désidentification » offre à l’auteur du préjudice la possibilité d’une prise de conscience pour un changement de comportement et met en évidence la dimension pédagogique de la loi. La loi pose les limites nécessaires de la vie sociale, limites qui sont au service de la structuration des êtres et de leur édification. La loi a pour vocation de nous conduire vers la conscience de l’autre, vers le respect de l’intégrité de la personne.

Comment faites-vous pour pardonner ?
Disons-le clairement : le pardon n’est pas d’ordre psychologique, mais spirituel. Le pardon suppose de renoncer à la volonté d’avoir raison, de renoncer à toute rumination intérieure, au ressentiment, à la rancune, à la haine, au désir de vengeance et à la tentation de vouloir se faire justice par soi-même qui expriment la tendance réactionnelle dans l’être humain. Le pardon est libération de l’emprise du mental, ouverture à la vie, passage à un autre plan de conscience et voie vers la paix et l’unité intérieure.

La pacification du cœur par la cicatrisation de la blessure
est un préalable au pardon

Pardonner ou demander pardon est de notre entière responsabilité. C’est le fruit d’un cheminement personnel.

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Le pardon est un acte d’amour gratuit
qui n’attend pas de réciprocité

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Le pardon, clé du vivre ensemble
On ne peut vivre ensemble sans qu’apparaissent des tensions, voire des conflits. Ceux-ci résultent des différences de sensibilité, de points de vue, ainsi que des différences culturelles, sociales ou religieuses. Ils sont surtout la friction des egos. En ce sens, la voie du pardon est incontournable. Elle est possibilité de dépassement et de réconciliation, tout en nommant ce qui fait obstacle à la relation, ce qui a blessé. Elle permet ainsi d’accéder à une connaissance de soi et de l’autre pour un approfondissement de la relation.

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Philippe Dautais livre

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 23 pages 23 à 25

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Professeur Henri Joyeux, un lanceur d’alerte

Professeur Henri Joyeux,
un lanceur d’alerte

prof Joyeux 2
Henri Joyeux est professeur honoraire de cancérologie et de chirurgie digestive à la faculté de médecine de Montpellier. Déjà connu pour ses importants travaux sur la chirurgie du foie et la régénération, les insuffisances digestives, l’alimentation et la prévention du cancer, il a lancé en 2015 une pétition demandant le retour du vaccin DT-Polio simple sans aluminium pour nourrissons, devenu introuvable. Cette pétition est signée à ce jour par 1 090 900 personnes. Avec pour conséquence sa radiation de l’Ordre des médecins en juillet 2016, dont il a fait appel, suspendant ainsi l’application de cette décision. Il considère en effet que sa mission de médecin est de protéger la santé des patients. Et donc d’alerter sur des dérives thérapeutiques dangereuses propagées dans les médias à travers des publicités ou des allégations trompeuses, à but essentiellement commercial. Il vient de publier Lutter contre le stress, un remède anti-cancer, aux éditions du Rocher.

Vous militez sur de nombreux sujets tant médicaux que sociétaux. Quelles sont les convictions fermes auxquelles vous ne dérogez pas ?
Ma passion, c’est l’anthropo-logique, en deux mots. S’il y a une anthropologique, il y a une anthropo-illogique, à savoir que l’homme peut être dans des situations contraires à son bien.  Qu’est-ce que la logique et l’illogique ? Quand vous êtes dans le domaine de la santé, comme je le suis, vous arrivez à comprendre ce qui ne va pas quand des organes sont malades. Dans un livre intitulé Le Onzième commandement paru en 1992, André Glucksmann a développé une idée qui m’avait frappé : connaître mes faiblesses, être conscient de toutes les conneries dont je suis capable, pour en faire moins. Car si je n’en suis pas conscient, je vais faire des erreurs. Par exemple, si je suis conscient de l’utilité de ma main droite, je vais faire attention à ne pas la casser. Si je suis conscient de mon foie, je vais le respecter, en sachant que mon foie se régénère tous les ans (ce que savent peu de personnes). Mais si je l’abîme avec de l’alcool, des produits toxiques, des médicaments inutiles ou de la drogue, au lieu de vivre entre 100 et 120 ans – durée de vie à laquelle tout humain peut prétendre à sa naissance, à mon avis – je n’atteindrai ni cet état ni ce temps. Comprendre ce qui est bon pour l’être humain m’a pris du temps. J’aime la pédagogie qui consiste à vérifier que ce qu’on a dit a été bien compris. Si mon enseignement est excellent, mais que les gens comprennent l’inverse, cela ne peut pas coller. Donc, je donne de nombreuses conférences, suivies d’un temps de questions plus important que celui de la conférence elle-même, pour vérifier si les gens ont pigé ce que j’ai dit et où ils en sont. Le grand public peut m’apprendre  beaucoup, plus parfois qu’un prix Nobel. La vérité se cherche, il faut du temps pour la trouver, un siècle n’y suffit pas. Ce qui suit après la mort permet de la trouver au-delà. Mais donner la vérité avant son départ, quel qu’en soit l’âge, personne n’en est capable. C’est mon point de vue.

Votre point de vue sur la vaccination, est-ce important pour vous ?
Extrêmement important. Je suis un citoyen respectueux de l’État. La loi rend la vaccination des enfants obligatoire avant deux ans – ce qui est logique pour trois maladies : la diphtérie, le tétanos, la polio. Mais l’imposer à tout le monde, cela peut être discutable aujourd’hui, parce qu’il n’y a plus de diphtérie, moins de polio et qu’il y a encore du tétanos. En revanche, certains enfants peuvent en avoir vraiment besoin, des enfants réfugiés par exemple qui arrivent dans des états de santé catastrophiques. C’est donc imposé par la loi, je la respecte. Cependant la loi est aussi faite pour évoluer, donc ce serait bien qu’elle évolue. Mais les ministres – Roseline Bachelot à droite ou Marisol Touraine à gauche – et leurs conseillers sont dépendants des lobbies et de l’empire vaccinal, et je pèse mes mots. Un empire vaccinal est un empire de pouvoir et d’argent qui peut acheter des décisions, des experts, etc. Ainsi, 40 % au moins des experts des comités de vaccination ont des liens d’intérêts avec l’empire vaccinal. Comme experts, leur avis a valeur de parole « évangélique », les autres 60 %, considérés comme non experts, n’ont alors qu’à se taire. Voilà comment cela se passe. Je connais bien le sujet. La ministre veut me faire taire : croyez-moi, elle n’y arrivera pas. Je serai plus longtemps médecin qu’elle ne sera longtemps ministre !

N’y a-t-il pas là un aspect fondamental d’aliénation de la liberté ?
Oui, c’est évident. Il faut considérer la maladie dans ce qu’on appelle « les pathologies de groupe ». Si demain un nouveau virus risque de tuer un certain nombre de personnes et que le vaccin existe, il faut l’imposer à la population pour que les gens en bonne santé se protègent les uns les autres. Mais le problème, c’est que l’Institut de veille sanitaire est composé d’experts liés à Big Pharma. Big Pharma est un véritable empire dont l’intérêt est de considérer que les gens en bonne santé sont plus nombreux que les malades. Si vous êtes en bonne santé, Big Pharma va vous dire : « Vous arrivez à un certain âge, vous risquez un accident vasculaire cérébral, vous allez avoir la ménopause, prenez ce médicament préventif. » Donc, Big Pharma soigne les gens malades, comme il se doit. Mais en même temps, il propose des statines contre le cholestérol, en paramétrant le taux maximum de cholestérol à 2 grammes par litre au lieu de 3 grammes. Donc, si vous êtes entre 2 et 3 grammes, vous devez vous soigner, prendre un médicament. De même, on paramètre le bon taux de vitamine D à 40 : tant que votre taux n’est pas à 40, on vous propose de prendre de la vitamine D en comprimés, en gélules, en gouttes. Je déplore ce système : je suis donc un lanceur d’alerte, comme le dit mon ami Edgar Morin. Comme professeur de médecine d’une université prestigieuse, celle de Montpellier, c’est mon devoir d’être un lanceur d’alerte, et on ne doit pas pouvoir me faire taire. Même si je peux me retrouver derrière les barreaux, je continuerai à parler.

Et sur la nutrition ?
La nutrition est capitale.

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Quel est le sens de ce cancer pour vous ? Vous dites qu’on peut s’en occuper, si on les décèle plus tôt. Mais pourquoi tous ces cancers ?
Le cancer de l’oesophage par exemple a une cause nutritionnelle très précise, le reflux gastro-oesophagien. La personne a mangé trop vite, faisant descendre dans son estomac des morceaux au lieu de purée. L’estomac mécontent vous dit : « Le boulot n’est pas fait, je suis obligé de bosser un peu plus, donc plus d’acide. » Et en même temps, le morceau va butter sur le pylore, le liquide acide qui est dans l’estomac reflue. La mauvaise habitude alimentaire, c’est donc de ne pas mastiquer suffisamment les aliments : il faut mastiquer un aliment 30 secondes, c’est-à-dire 30 fois. Aujourd’hui, les publications scientifiques les plus importantes concernent la nutrition et l’immunité, quels types d’aliments choisir, comment les consommer, les préparer et stimuler notre système immunitaire.

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Prof Joyeux 1

Pour lire l’article en entier, Reflets n° 23 pages 15 à 17

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La vérité de l’expérience, Interview de Sofia Stril-Rever

La vérité de l’expérience

Interview de Sofia Stril-Rever

Sofia Stril-Rever 2

La vie de Sofia Stril-Rever, née au Maroc, est marquée par les voyages. Proche de soeur Emmanuelle, elle signe plusieurs livres avec elle. Elle est la biographe française du dalaï-lama. Elle est également co-auteur du film Dalaï-lama, une vie après l’autre, Arte 2008. Enseignante spirituelle, elle guide des retraites de méditation et de mantra yoga, donnant aussi des récitals de mantras sacrés. Co-directrice du portail internet BuddhaLine, elle anime le programme « Vivre la paix et la guérison intérieure » à Menla Thödöl Ling, « Le Jardin du Bouddha de Médecine », centre situé dans la vallée de l’Eure près de Paris. Elle est également l’initiatrice du programme « Droit et Conscience » avec le Barreau de Paris, en tant que porte-parole fondatrice de l’association Paix & Responsabilité Universelle. www.responsabilite-universelle.org

Enfant, aviez-vous une prédisposition à la vie intérieure ?
Toute petite, j’ai eu la chance d’être élevée par un grand-père merveilleux, simple et bon, un homme de la terre avec toutes ses valeurs, un héros anonyme de la Résistance. Il n’avait pas beaucoup de livres : une encyclopédie de l’histoire de France, la Bible. Il affectionnait particulièrement l’Évangile de Saint Jean. Comme j’étais malade et qu’il ne savait pas trop comment m’occuper, il m’a appris à lire. Ainsi, à l’âge de 4 ans, je savais lire et écrire. J’ai été fascinée par cet Évangile que je connaissais par coeur puisque j’avais appris à lire en le découvrant. Pour moi, c’était LE livre, le seul. L’histoire de Jésus me fascinait. Toute petite, j’aimais les livres que je trouvais captivants. Ils communiquent en effet avec l’invisible. Ensuite, par ma famille, j’ai rencontré sœur Emmanuelle, étonnée de voir cette petite fille qui lui récitait par cœur l’Évangile de Jean. J’ai de beaux souvenirs de sœur Emmanuelle avec laquelle j’avais le soir, des conversations, d’enfant bien sûr. Elle a toujours su se mettre à la portée des enfants et des personnes qu’elle rencontrait. Elle a apporté dans ma vie quelque chose de magnifique. Elle a été mon premier maître-guide spirituel, et je l’ai retrouvée ensuite quand j’avais 17 ans. J’avais réussi à obtenir l’argent du billet d’avion, à arracher de mes parents l’autorisation pour aller la rejoindre au Caire. Ce fut là aussi une rencontre fabuleuse, au moment où j’avais d’autres questions sur le monde. Elle n’était pas encore connue ni médiatisée. Mais elle était en plein dans cette oeuvre incroyable qu’elle a entreprise au Caire. J’étais vraiment guidée depuis toujours par cette quête spirituelle.
Je n’imaginais pas à cette époque que j’irais un jour à Dharamsala. Je connaissais très peu l’histoire du Tibet, du dalaï-lama. Je n’avais aucune raison d’y aller. J’ai eu l’intuition qu’il fallait que je m’y rende, c’est tout. C’était en 1992. J’y suis arrivée le Samedi saint, et le lundi de Pâques, je me suis trouvée sur le chemin du dalaï-lama. Il est venu vers moi et il y a eu un contact. J’ai ressenti beaucoup de choses, mais je n’étais pas prête. Mon parcours ne m’avait pas encore préparée à entrer sur la voie du bouddhisme tibétain.
Je suis retournée en Inde en 1997. Entre-temps, des graines avaient été semées : je m’étais mise toute seule à étudier le sanscrit. Ce fut vraiment une reconnexion avec mes mémoires antérieures. J’ai commencé à traduire pour des lamas tibétains peu après 1992. En 1995, j’ai traduit pour Sa Sainteté Sakya Trinzin, guide de l’école sakya du bouddhisme tibétain, quand il est venu à Paris. Je lui ai posé beaucoup de questions sur le corps subtil, sur les canaux énergétiques, les chakras. Il m’a dit : « Toutes les réponses sont dans un livre intitulé Le Tantra de Kalachakra… Puisque  tu étudies le sanscrit, ce serait bien que tu traduises ce texte. ». Il avait été traduit en mongol et en tibétain, mais jamais en langue occidentale. Là aussi, j’ai suivi mon intuition. En quête de ce texte rare, j’ai rencontré à Rome un grand orientaliste qui m’a indiqué : « Ce livre, tu le trouveras à Sarnath, près de Bénarès en Inde centrale, dans une grande bibliothèque reconstruite par des lamas tibétains et les pandits indiens, des érudits qui connaissent le sanscrit ». Donc, je suis allée à l’Institut des Hautes Études tibétaines de Sarnath, un lieu totalement dédié à la sagesse. La bibliothèque m’a paru extraordinaire, avec ses livres enveloppés dans des brocarts, ces tissus brodés d’or et d’argent de couleurs différentes. J’y ai trouvé le texte que je cherchais. Puis, un pandit indien m’a donné les bases et les clés linguistiques de compréhension du texte, mais j’avais besoin d’approfondir.

L’unité de mesure cosmique est la respiration humaine

Matthieu Ricard devait me faire rencontrer à Katmandou, un lama qui pouvait m’introduire au sens profond du texte. Mais le directeur de cette université tibétaine, – c’était Samdhong Rinpoché, compagnon d’exil du dalaïlama depuis la première heure qui fut Premier ministre du gouvernement tibétain en exil de 2001 à 2011-, m’a dit : « Ce n’est pas à Katmandou qu’il faut aller, mais à Dharamsala ». Je m’y suis donc rendue pour la deuxième fois, car je n’y étais pas retournée depuis 1992. Il avait demandé à un lama très âgé de me recevoir danstous les matins. En fait, ce monastère était à deux pas de celui du dalaï-lama, et ce lama était lui-même un maître de celui-ci qui lui avait donné la transmission ésotérique du Tantra de Kalachakra. Donc là, j’ai reçu une transmission du sens profond de ce texte sur les corps subtils. C’est un livre d’une intensité inouïe où tout – le monde, les planètes – est calculé en cycles de respirations humaines : l’unité de mesure cosmique est la respiration humaine.
Mon maître, un yogi, un être vraiment extraordinaire, avait passé près de vingt années en retraite. Il pouvait, sans quitter son corps et grâce à ses pratiques du souffle, connaître les positions des planètes en fonction du transit des souffles internes sur ses chakras. Je l’ai vu de 1997 jusqu’à 2005, quand il nous a quittés. En même temps, j’ai de nouveau rencontré le dalaï-lama qui enseigne ce système de Kalachakra, et il a préfacé ma traduction publiée en 2000. C’est là que je suis rentrée dans une vraie relation d’enseignement avec lui, inimaginable en 1992. Il fallait le temps que tout cela évolue.
Puis j’ai commencé à traduire le dalaïlama lors de ses enseignements internationaux. En 2004 à Toronto, lors du grand enseignement sur le Kalachakra, j’ai remplacé Matthieu Ricard et traduit le dalaï-lama en français pendant quinze jours. Puis il y a eu son livre Mon autobiographie spirituelle en 2008, puis en 2011, Appel au monde, son autobiographie politique, son combat pour la paix. Le 29 septembre 2010, je lui ai proposé de résumer dans un texte l’essence de son enseignement sur la responsabilité universelle. Il a accepté : « C’est une très bonne idée… Ce serait mieux que tu l’écrives et après je regarderai. » C’est devenu le Manifeste de la Responsabilité universelle. Le texte a été écrit en 2012, communiqué au dalaï-lama qui l’a approuvé sans donner d’instruction sur sa diffusion. Jusqu’à ce qu’en septembre 2015, un message s’affiche son monastère : je devais le voir  sur mon téléphone : le dalaï-lama me demandait d’être à Oxford quelques jours plus tard pour une interview sur la responsabilité universelle. Le moment était venu. Nous nous sommes retrouvés le 15 septembre 2015, à l’université d’Oxford et le dalaï-lama pensait que j’avais le temps d’écrire un livre avant la COP21, début décembre 2015, mais le délai était trop court. Ensuite, ce fut un travail très intense, l’aboutissement d’une réflexion de plusieurs années. Le système de Kalachakra décrit une nouvelle réalité : l’interdépendance des êtres et du monde, et la responsabilité qui en résulte, c’est la base de compréhension de la nouvelle réalité dont nous sommes les contemporains et qui est décrite dans le livre Nouvelle réalité.

Pourquoi avoir quitté le christianisme qui est une voie spirituelle complète avec des enseignements très élevés ? Comment le viviez-vous ? Selon moi, il y a autant de valeurs dans la tradition chrétienne que dans le bouddhisme.
Je souris parce que je n’ai jamais quitté Jésus ni le christianisme Simplement, je l’exprime autrement. Pour moi, tout a été très simple : je n’ai pas vécu de déchirement, de rupture. J’ai l’impression de n’avoir rien abandonné, mais au contraire de l’avoir développé, approfondi. Pour un regard extérieur, je comprends qu’il semble y avoir contradiction, mais dans mon vécu, il y a un chemin que je n’ai pas l’impression d’avoir perdu, plutôt de l’avoir suivi sans même bifurquer. J’habite à côté de la gare Saint-Lazare et depuis toute petite, je suis fascinée par l’histoire de Lazare. Je me sens protégée et guidée par lui. La première fois que le dalaï-lama m’a plaquée contre son coeur, – comme à chaque fois qu’il me voit -, j’entendis l’ordre de Jésus à Lazare dans son tombeau, lorsqu’il lui dit d’une voix forte : « Sors ! ». Depuis l’enfance, j’avais en moi cette empreinte et tout à coup, en 1992, contre le coeur du dalaï-lama, j’ai entendu la voix de Jésus, identique à celle que j’avais perçue petite, en lisant avec mon grand-père, le passage de l’Évangile où Jésus s’adresse à Lazare. À chaque fois que je rencontre le dalaïlama, je sors du tombeau. Et je renais.

Quand on est dans la vérité de l’expérience,
on est dans l’indicible de l’amour et de la joie

C’est la raison pour laquelle, pour moi, il n’y a pas de rupture. Les gens veulent me situer quelque part, alors que je n’en éprouve pas le besoin parce que j’ai vécu une continuité authentique. Je suis au service de la spiritualité : je sais que la lumière est là, que je vais vers cette lumière qui n’est pas de ce monde. Je la reçois et je la transmets. Elle s’appelle Jésus, Bouddha, mais elle porte aussi d’autres noms sacrés et divins dans différentes traditions de la conscience éveillée. C’est cela la nouvelle réalité : quand on est dans la vérité de l’expérience, on est dans l’indicible de l’amour et de la joie. Toutes les étiquettes censées désigner cette expérience n’ont plus d’importance.

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Pour lire l’article en entier Reflets n° 23 pages 68 à 71

 

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Pardonner, aimer, une autre vie, Meena Goll

Pardonner, aimer, une autre vie

Meena Goll

Meena Goll

Infirmière en pédopsychiatrie pendant 10 ans, Meena Goll devient ensuite psychothérapeute en gestalt et analyse jungienne.
Elle se consacre aujourd’hui à l’accompagnement de ceux qui se sentent prêts au changement et à créer leur vie au lieu de la subir.
Elle donne des conférences et anime des séminaires. Formatrice en libération des mémoires cellulaires, elle est une des pionnières en France de la méthode Access Consciousness.
Auteure du livre Apprivoiser le pardon, éd. Le courrier du livre.
www.meena-compagnon.com

Comment évoquer le pardon sans parler de la gratitude ? La gratitude d’être là avec vous qui cherchez à aller au-delà des apparences. La gratitude du chemin parcouru envers et contre tout. La gratitude de cette conscience qui grandit au fur et à mesure de la traversée des épreuves. La gratitude de s’émerveiller devant la splendeur de la vie terrestre tout en pensant au grand passage avec sérénité. Ce passage que nous franchirons tous un jour ou l’autre mais dont la date butoir reste un mystère pour la plupart d’entre nous. Peut-on vivre l’expérience du pardon sans vivre celle de la gratitude ? Je ne le crois pas.
Et pourtant, aussi curieux que cela puisse paraître, vu que j’ai publié un livre dont le titre est « Apprivoiser le pardon », je n’ai jamais cherché à pardonner. Un jour, sans que je m’y attende, le pardon est venu à moi. Ce jour-là, j’ai su dans mon cœur ce que signifiait « PAR DONNER ».
Il m’a fallu un deuil terrible, celui de mes enfants, pour que tout bascule dans ma vie d’une façon irréversible.
La nuit du 8 mai 1985, mes enfants ont disparu avec leur père dans l’incendie de notre maison. Pas un accident ! Un suicide orchestré parce que j’avais demandé le divorce !
Un de ces faits divers qu’on lit dans les journaux et qui semble ne jamais devoir nous concerner.

Comment imaginer même de continuer à vivre ?

Une histoire d’amour intense, de beaux enfants et puis le décalage entre moi qui deviens indépendante, plus autonome, plus mature, plus sûre de moi et un homme qui a du mal à me voir grandir, évoluer et ouvrir mes ailes. Un besoin qui s’est transformé en amour toujours présent mais moins fusionnel de mon côté et qui blesse narcissiquement cet homme qui a séduit mes 18 ans. Une névrose cachée à tous et qui se réveille brutalement par la réactivation d’une vieille blessure impensable. Un homme doux et bon qui commet le geste fatal avec la complicité d’un destin peut-être déjà tracé.
Des concours de circonstances étranges, des synchronicités qui semblent avoir tout ficelé pour que ce drame aboutisse.
Je ne m’appesantirai pas sur les détails de ces moments terrifiants. Les mots « pas mes enfants !! pas eux ! » que je hurlerai pendant des heures résonnent encore à mes oreilles. Comment entendre l’inacceptable ? Comment imaginer même de continuer à vivre ?

C’est étonnant combien la vie est puissante !

Une descente aux enfers inéluctable ! Le gouffre devant moi. Les amis qui disparaissent, le travail que je ne peux plus assumer, la belle-famille qui me traite d’assassin, le médecin légiste et le commissaire de police qui m’interrogent comme si j’étais un suspect ! Le cauchemar ! Plus rien à quoi m’accrocher, aucune spiritualité, aucun psy ne peuvent adoucir la douleur. Même pas de colère ! Je la contacterai plus tardivement quand le chagrin aura parcouru toutes mes cellules et que je ferai le choix de vivre avec la force de celle qui n’a plus rien à perdre.
C’est étonnant combien la vie est puissante ! Elle tisse des chemins nouveaux à notre insu pour peu que le choix de vivre crée la vibration nécessaire à cette magie de se lever jour après jour.

(…)

Il va me permettre de choisir de vivre. JE CHOISIS pour que mes enfants ne soient pas morts pour rien !

Ce rien devant moi, ce non-désir de perdre mon temps me poussaient à aller à l’essentiel

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D’une certaine façon j’étais en train de mourir à moi-même pour renaître de mes cendres. Chaque expérience prenait forme de chemin initiatique ! Quel paradoxe pour moi qui ne pratiquais aucune religion ni spiritualité ! J’avais beaucoup trop peur d’y perdre mon intégrité. Je n’ai jamais été une suiveuse. Je trace ma voie à ma guise en allant m’abreuver à des sources qui renouvellent mon énergie. Mais toujours, je continue mon chemin, sans dogmes ni consignes figées. De voyages initiatiques en thérapies non orthodoxes, de rencontres en rencontres, d’expériences en expériences, le chagrin, la colère se sont peu à peu éloignés, presque à mon insu. Les émotions accueillies ne m’avaient pas détruite et ceci, sans aucun support médicamenteux que j’avais toujours refusé. Vivre, oui ! Mais pas comme un zombie ! Des prises de conscience énormes m’avaient également sortie de la peau de la victime. J’avais compris peu à peu que l’univers vibratoire m’avait amenée à être active inconsciemment de ce drame. Je découvrais que nous portions en nous des mémoires cellulaires qui ne nous appartiennent pas et qu’il nous est donné de nettoyer. C’est ce que je faisais en dépassant cette épreuve au lieu de rester figée dedans, dans une impuissance destructrice.

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Le pardon, c’est quand on réalise qu’il n’y a rien à pardonner

(…)

Je me retourne sur le chemin parcouru et une gratitude immense m’envahit dans tout mon être ; je pleure, je ris ! UN GRAND MERCI sort de mon cœur et enveloppe tous ces êtres que j’ai tant aimés et dont le départ m’a anéantie. J’observe le chemin parcouru. Je n’en reviens pas : guérie, je suis guérie ! C’est la fin du deuil et le début du véritable amour. Libérée du chagrin, je peux enfin aimer totalement ceux par qui je suis arrivée ici !
Le sens du mot « PAR DON » prend alors toute son ampleur. Le pardon, c’est quand on réalise qu’il n’y a rien à pardonner. J’ai tant reçu ! J’ai reçu le don de l’épreuve parce que je l’ai traversée jusqu’au bout ! À l’instar de Martin Gray, si je l’ai fait, tout le monde le peut aussi.
Gratitude-Pardon-Amour : la grande trilogie de la vie. Notre véritable maison terrestre. Puisse chacun trouver sa véritable demeure dans la joie d’ÊTRE !

Pour lire l’article en entier, Reflets n°23 pages  54 à 56

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Au-delà de la mort, la vie !

Au-delà de la mort, la vie !

Jean-Jacques Charbonier

Jean Jacques Charbonier 1

Jean-Jacques Charbonier, né le 16 mai 1956, est un médecin anesthésiste réanimateur français, connu pour ses recensions de témoignages validant selon lui l’hypothèse de vie après la mort, l’expérience de mort imminente et l’existence d’une conscience indépendante de l’activité neuronale. Lors de ses conférences et dans son ouvrage, Les 7 bonnes raisons de croire en l’au-delà, il explique comment il est passé du rationalisme acquis au cours de son cursus universitaire à son adhésion aux hypothèses de la survivance de la conscience après la mort.

Alors que vous vous destinez à devenir médecin généraliste, vous êtes confronté à un évènement particulier qui vous conduit à changer de cap pour devenir médecin réanimateur. Pouvez-vous nous en parler ?
Je terminais mes études pour devenir en effet médecin généraliste et j’étais alors sur le point de racheter la clientèle d’un médecin traitant. Je me suis inscrit à un stage de SAMU au cours duquel j’ai vécu une expérience qui m’a fait comprendre que nous sommes  un esprit dans un corps. Avant cette expérience, je n’y croyais pas du tout. Comme tous mes collègues matérialistes, je pensais que la mort était le néant et que le cerveau était un organe qui fabriquait la conscience. Cette expérience en SAMU m’a prouvé le contraire. Alors que j’étais le seul médecin à intervenir sur un accident de la route, j’ai dû perfuser rapidement un jeune blessé coincé dans les tôles de la voiture pour empêcher l’arrêt cardiaque. Du fait de mon émotion et de mon incompétence, je ne suis pas arrivé à le piquer et il est mort sous mes yeux. Étant très près de son visage, j’ai vu la pupille se dilater et j’ai perçu une lumière qui émanait de ce regard mais j’ai surtout senti une présence qu’il est difficile d’exprimer avec nos mots terrestres mais qui m’a frôlé le visage sur la droite. C’était à la fois vivant et joyeux. C’est alors devenu une évidence pour moi : on est un esprit incarné et, au moment de la mort, cet esprit quitte le corps. Quand je suis rentré chez moi, ma décision était prise de ne plus être médecin généraliste mais réanimateur. J’ai voulu alors étudier ces fameuses expériences de mort imminente que l’on appelle maintenant expériences de mort provisoire. Je tiens beaucoup à cette nuance. On sait que dans les quinze secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, on a un électroencéphalogramme plat. On a pu le mesurer et dans les conditions optimales de surveillance de l’activité cardiaque dans une unité de soins intensifs de réanimation, on a une période incompressible de deux minutes avant de faire repartir le cœur. Donc pour les cœurs réanimés en SAMU, sur la voie publique ou ailleurs, les quinze secondes sont passées. On peut donc dire aujourd’hui sans se tromper que toutes les personnes qui ont vécu un arrêt cardiaque ont bien été en mort clinique. Dans un certain nombre de cas, elles nous racontent ce qu’elles ont vécu. C’est une expérience complètement transcendante. De l’autre côté, on ne leur dit pas la valeur de leur compte en banque, ni combien de personnes les dirigent dans leur vie, c’est-à-dire toutes les valeurs de notre société matérialiste occidentale que l’on inculque à nos enfants, non. Un être de lumière leur demande : « Qu’as-tu fait de ta vie ? Qu’as-tu fait pour les autres ? ». Alors, je ne sais pas qui est cet être de lumière. Je ne fais pas de prosélytisme. Beaucoup de récits relatent qu’il y a cette confrontation : « Qu’as-tu fait de ta vie ? Qu’as-tu fait pour les autres ? » comme si le plus important sur cette planète était d’aimer les autres et de donner aux autres. Ce n’est pas du tout l’objectif traditionnel. Par conséquent, les croyants, ce sont les autres, les matérialistes. Il n’y a aucun livre qui s’intitule La preuve de la mort au néant. Les croyants sont ceux qui sont intoxiqués par ce dogme matérialiste, qui pensent que nous ne sommes que de la matière, et que, lorsque celle-ci meurt, il n’y a plus rien. C’est une croyance sans preuve.

Est-il important de prouver scientifiquement qu’il y a une vie au-delà de la mort ?
Les preuves existent déjà. Mon livre, Les 7 bonnes raisons de croire à l’au-delà, met en évidence les preuves scientifiques d’une vie après la vie. Seulement, on reçoit tant d’informations stipulant le contraire durant notre enfance, notre adolescence et plus tard, au cours des années universitaires que beaucoup de médecins pensent encore, par idée reçue, qu’il n’est pas possible de revenir de la mort. Il est quand même surprenant que des gens soient capables, avec un cerveau qui ne fonctionne plus ou presque plus, de décrire leur propre réanimation, ce qui se passe dans une autre pièce ou à des kilomètres de là, sans se tromper. Et même s’il y avait une activité résiduelle, elle ne pourrait pas expliquer un hyperfonctionnement. C’est comme si on disait qu’une voiture roule plus vite quand le moteur est au ralenti ou éteint. Ce serait bien alors la preuve que ce n’est pas le moteur qui fait avancer la voiture plus vite. Ici, on a un cerveau qui se comporte comme un récepteur qui capterait des informations depuis ce que j’appelle une conscience intuitive extraneuronale qui serait complètement dissociée de la matière comme le sont les « Iclouds » perçus par nos ordinateurs. Finalement, nos informations sont délocalisées ; elles ne sont pas dans un lieu géographique particulier.

Pensez-vous que les matérialistes athées seront un jour convaincus ?
Oui, je le pense. À force d’entendre ce discours, ils vont peut-être commencer à douter puis à changer leur point de vue, car leur discours matérialiste ne tient pas : le cerveau sécréteur de conscience, glande sécrétrice de conscience, comme le foie sécrèterait la bile, c’est tout simplement impossible.

N’y a-t-il pas une expérience de foi, c’est-à-dire de transformation intérieure, qui donne le goût d’une vie au-delà de la mort ?
En effet, mais la foi est quelque chose de très personnel. Une preuve scientifique démontrable nous met devant l’évidence, quelle que soit notre croyance. Il y a une conscience analytique cérébrale reliée à nos cinq sens qui nous donne la perception de nous-mêmes dans le temps et dans l’espace. C’est la conscience telle qu’on la conçoit traditionnellement. Lorsqu’elle s’éteint, on  a accès à une autre source d’informations qui est la conscience intuitive extraneuronale, ce que certains appellent l’esprit. J’ai  dirigé une thèse de doctorat d’un étudiant en médecine. Pendant trois ans, il a étudié 118 cas d’arrêts cardiaques. La thèse concluait qu’il y avait probablement, compte tenu de toutes ces expériences, une autre forme de conscience qui serait une conscience intuitive extraneuronale dissociée de la matière. On aurait remplacé cette terminologie par le mot esprit ou âme, cela aurait été exactement la même chose. Cette thèse a été validée et, pour une fois, un document officiel de médecine acte cette possibilité comme étant une hypothèse de travail pour expliquer ces expériences. J’ai alors mis en connexion des médiums en bloc opératoire ou en réanimation avec des comateux ou des personnes sous anesthésie générale et les informations rapportées ont pu être validées : les personnes, à leur réveil, pouvaient dire : « Oui, c’est bien ça mais je ne me souviens plus de rien pendant mon anesthésie, c’était le trou noir. Je ne savais pas que j’étais capable de donner ces informations ». Des médiums, dans les box de réanimation vont pouvoir nous dire ce que ressent un comateux, ce qu’il a envie de dire aux autres, ce qu’il a envie de faire de sa vie, et non pas que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Des personnes rapportent que leur vie est très riche d’un point de vue spirituel et que l’on doit les laisser vivre.

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Cette conscience intuitive extraneuronale dont vous parlez est-elle seulement réservée à ceux qui vivent des expériences proches de la mort ? N’est-elle pas déjà une partie de nous-mêmes durant notre vivant ?
Oui, les vivants l’ont aussi, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer également. D’ailleurs, je le dis dans mon livre La mort expliquée aux enfants. Il faut considérer la personne âgée, le comateux, le malade Alzheimer comme s’il était capable d’entendre tous les messages d’amour que l’on peut lui donner parce que, de l’autre côté, ils veulent entendre. Même si le poste récepteur d’informations est un peu cassé, on s’adresse à l’esprit de la personne.

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Pour lire l’article en entier Reflets n° 23 pages 12 à 14

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