Séjour bilan de vie au centre des amis de Gitta Mallasz

par Thérèse Roesch

En franchissant la grille de Touche Noire, mes yeux se posent sur la sérénité émanant du domaine. Je suis accueillie chaleureusement par Josiane, membre de l’équipe bénévole de l’association « Les amis de Bernard Montaud ». Cette association gère les séjours bilan pour toute personne qui souhaite venir faire un « stop » dans sa vie, une retraite, un recul.  Le but est de faire un break hors des sollicitations du monde extérieur pour tenter cette rencontre amoureuse avec soi.

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Une journée dans un rythme juste !
La journée commence par un réveil à son rythme, porté par les rêves de la nuit. Le petit déjeuner, en silence, est disponible jusqu’à 10h. Le début de matinée est consacré à un temps de dialogue intérieur avec cette partie qui sait en nous : qu’on l’appelle l’Ange dans la tradition chrétienne ou notre Intuition Géniale.
Dans la matinée deux activités sont proposées :
un temps d’étude sur l’enseignement de Bernard Montaud. Ce jour-là l’étude portait sur « le cycle traumatique » et m’a donné une logique et une cohérence sur mon propre fonctionnement répétitif.
un temps d’apprentissage de pratique sur un outil de transformation intérieure. Ce même jour il s’agissait de : comment transformer nos « il faut » quotidiens en « j’ai envie ». À midi, nous voilà tous réunis autour d’un repas avec Bernard Montaud. Temps convivial et très animé par toutes les questions posées par les personnes présentes ce jour-là. Nous étions plus d’une trentaine.
Après le repas, un temps de repos. Puis il est proposé quelques activités manuelles pour se détendre (vider la tête !), et ce pendant une heure. À 18h nous nous retrouvons pour ce point d’orgue de la journée, la rencontre avec Bernard Montaud. Sous le grand portrait souriant de Gitta Mallasz, chacun va tour à tour, dans une recherche de sincérité, se présenter tel qu’il est, avant de poser la question qui l’habite.

Qu’est-ce qui se joue dans ces réunions de 18h ?
Bernard Montaud : « Il se joue la répétition de l’expérience des Dialogues telle qu’elle nous fut enseignée par Gitta. Aujourd’hui, cette réunion, toujours facultative, est inclue dans un séjour où toutes les activités sont aussi facultatives mais permettent de faire un bilan de sa vie. C’est si important de savoir faire le point de son existence ! C’est si important de savoir où l’on en est par rapport à ses rêves, de savoir où l’on va, et quel sera le prochain pas pour aller vers la suite de sa vie. »

70-76 REFLETS 12_BAT.inddExtrait…
Bernard Montaud : « Ce sont des séjours où l’on doit pouvoir tout demander, tout entendre, tout vivre sans rien cacher. Ce sont des séjours de Vérité avec soi-même, pour se rencontrer enfin sans concession ! Ce sont des séjours où chacun offre le courage de sa sincérité, le courage de sa miséricorde devant ses propres misères, le courage de son amour envers autrui. C’est une ambiance particulière, vous savez ! Car quand l’humain est beau à ce point, c’est contagieux ! Gitta disait : « La bonne santé est tout aussi contagieuse que la maladie ». Et je crois bien que durant ces séjours nous y sommes parvenus.
Pour lire la totalité de l’article…Revue REFLETS n°12 pages 73 à 76

Etty Hillesum, une vie libre – Maryline Hubaud

Reflets propose une nouvelle rubrique : « destins remarquables » . Son but est de vous faire découvrir la vie de ceux qui ont marqué le XXe siècle par leur engagement lié à leur expérience spirituelle.
Rubrique écrite par Maryline Hubaud.

Jeune hollandaise d’origine juive morte à Auschwitz en 1943, Etty Hillesum a rédigé, durant les trois années qui ont précédé sa déportation, un journal remarquable où elle se révèle être une véritable résistance spirituelle face à l’horreur qu’est le nazisme.

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Extraits…

Au début de la seconde guerre mondiale – les armées allemandes ont envahi les Pays-Bas en mai 1940 -jeune fille délurée, insouciante, elle sort mais sent au fond d’elle un mal-être : « Tout au fond de moi il y a une pelote agglutinée… ». C’est pour se faire aider qu’elle ira consulter Julius Spier, un psychothérapeute disciple de Jung. Il devient très vite son ami, son amant et son maître à penser, ou comme elle dira plus tard « l’accoucheur de son âme ». Julius Spier a au départ une très grande influence sur la recherche intérieure d’Etty. Elle couche les effets de cette démarche introspective sur son journal. Elle a vingt-sept ans. « Toute ma vie, j’ai eu ce désir, si seulement quelqu’un me prenait par la main, s’occupait de moi…/… Je serai tellement heureuse de m’abandonner ».

Dès le début de cette recherche avec Julius Spier, elle écrit dans son journal ce qu’elle ressent, comment elle avance dans ce pas à pas d’introspection « Un peu de paix et d’ordre s’installait en moi…/… Tous les matins avant de me mettre au travail une demi-heure pour retourner vers l’intérieur de moi-même, rentrer en moi-même… L’homme est corps et esprit, une heure de paix, ça n’est pas si simple, cela s’apprend ».
Dans une grande sincérité elle livre cette quête, les outils et les moyens qu’elle se donne. Ce qu’elle aime chez Spier, c’est son combat avec lui-même ; il lui ressemble, à la fois très sensuel et très spirituel.

Et c’est l’alchimie de sa pratique, de sa quête, de ses rencontres, de cette ambition créatrice et de ce dialogue intérieur qui la révèlent dans une profonde spiritualité : « Tu dois prêter l’oreille à ta source intérieure au lieu de te laisser égarer par les propos de ton entourage et par ceux qui prétendent t’influencer…/… tout est à l’intérieur de toi ».

Confrontée à l’épreuve nazie, Etty découvre Dieu comme une réalité intérieure qui la porte et dont elle se distingue à peine : « La couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l’appelle Dieu ». Dans cette couche, elle s’enracine, avec ce Dieu elle converse, l’expérimentant comme source et le prenant pour confident.  » Ma vie est vouée en un dialogue ininterrompu avec toi, Mon Dieu. »

Lire la totalité de l’article… Revue REFLETS n°12 pages 70 à 72