Quelle santé pour demain? Professeur Laurent DEGOS

QUELLE SANTE POUR DEMAIN ?    

Professeur  Laurent Degos

 

Laurent Degos est un des principaux acteurs de la médecine d’aujourd’hui. Il a mis en place la Haute Autorité de santé (HAS). Professeur de l’université Paris-Diderot, président de la Fondation Franco Chinoise pour la Science et ses Applications et engagé en faveur du mouvement universel de la responsabilité scientifique (MURS) depuis sa création (1974), sa réflexion porte sur comment faire évoluer et changer notre société. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, destinés notamment au grand public, dont Santé : sortir des crises ? (Le Pommier 2011).

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Quel constat pouvons-nous faire aujourd’hui sur la santé dans notre pays ?

Trois piliers fondent la qualité des soins et celle de la santé : la qualité du système, le soin centré sur le patient et l’aspect durable, solidaire et équitable de la prise en charge. La France et les USA ont, pour ces trois critères, des résultats diamétralement opposés. Ce constat doit nous faire réfléchir.

La France est championne mondiale pour la qualité systémique, liant les trois éléments – efficacité, sécurité, accès aux soins – et les résultats le prouvent. Une étude Britannique, menée deux fois de suite à 5 ans d’intervalle, a classé la France première des pays industrialisés pour la mortalité évitable lorsqu’on a une maladie, le Japon en deuxième place, alors que les USA sont les derniers avec deux fois plus de morts. Une étude américaine, comparant la  qualité des soins de ville traduite par les résultats d’hospitalisation évitable en France, en Grande Bretagne et en Allemagne, a aussi classé la France en tête. La satisfaction du citoyen est directement reliée à l’accès aux soins ce qui explique le soutien de nos concitoyens pour notre système car nous sommes le pays où l’on sort le moins de sa poche, où il y a peu d’attente pour être opéré, et où la haute technologie est accessible à tous. Mais toute barrière (forfait, démographie des médecins spécialistes etc…) érode cet indice de satisfaction.

En revanche, nous sommes les bons derniers pour prodiguer des soins centrés sur le patient : communiquer, informer, éduquer ou partager la décision d’un traitement. Les préférences du patient, son environnement, son état d’âme, sa sensibilité, sont rarement pris en compte…

...Lire la suite Revue Reflets n°8 – Rubrique dossier – pages 40 et 41

La tradition inspirée , 2ème partie – Ramon Junquera

La Tradition inspirée – Ramon Junqera

Vous pouvez retrouver la 1ère partie de l’article sur la tradition inspirée dans  la revue Reflets n°7

Rappel –   Qu’est-ce que la Tradition ?

La Tradition est le nom que l’on donne à un système de transmission de la connaissance que les hommes utilisent depuis l’aube des temps pour faire passer un message d’une génération à une autre.

La Tradition est une incroyable machine à traverser le temps, une sorte de disque dur invisible qui sauvegarde toutes les découvertes que l’humanité a faites depuis qu’elle est apparue sur terre. Elle permet de ne rien perdre des acquis d’hier et de ne pas tout devoir réinventer à chaque fois, libérant ainsi du temps pour que chaque génération puisse être à son tour créative.

La tradition inspirée et le plan de conscience du JE

«  Je pense, donc je suis » dit le Moi…

«  Je sers donc je suis » dit le JE, incarné dans l’Homo Sapien Servens… l’homme qui sait qu’il sert ! Être mieux au lieu de chercher à en avoir plus, tel est le propos central du JE ! L’homme du JE va s’atteler à la conquête d’un nouveau monde : le monde intérieur. Avec quel outil ? Le dialogue intérieur.

Si le MOI nous en a mis plein les yeux, le JE va nous en mettre plein le cœur !

Une insurrection d’amour va le gagner. Un besoin furieux de dialoguer avec lavérité qui vit en lui va naître. Il fera tout pour rencontrer les images intérieures qui enchantent l’homme. Il va découvrir qu’en vérité, il n’y a rien de plus grand que d’aimer sa petitesse, qu’il n’y a rien de plus beau que d’aimer sa laideur et qu’il n’y a rien de plus fort que d’aimer sa faiblesse !

Homo Sapiens Servens est aussi un homme d’actes. Il s’accomplit dans son service, dans sa Tâche individuelle, c‘est-à-dire unique, fruit transformé de son histoire. La Tâche c’est croire à ses images intérieures fulgurantes.

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Pour lire la suite de l’articleRevue Reflets n°8 – rubrique « tradition et spiritualité » pages 73 à 75

Imparfait et heureux – Rencontre avec Bernard Montaud

IMPARFAIT ET HEUREUX 

Rencontre avec Bernard Montaud, par Thérèse Roesch

Ne vous étonnez pas que je tutoie Bernard Montaud. Cela fait presque 30 ans qu’il accompagne ma vie ! « Nous sommes grands, cessons de rester petits ». Combien de fois l’ai-je entendu prononcer cette phrase ! Cette « grandeur » se conquiert jour après jour.  Mais toute seule je n’y serai jamais arrivée. Bernard Montaud se donne sans compter pour accompagner vers leur beauté ceux qui croisent sa route. Il semble vivre dans un autre monde, intense et paisible, le monde « juste à côté » comme il l’appelle. Il nous invite à le fréquenter.

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 Qu’est-ce qui t’a amené à créer Art’As,  cette école de la vie intérieure dont tu fêtes cette année le trentième anniversaire ?

 Je crois qu’au départ de toute vie spirituelle on rencontre de nombreux instructeurs qui nous font faire le début de la route, faire un petit bout de croissance intérieure. Avant de rencontrer le Maître on rencontre plein d’instructeurs, comme avant de rencontrer l’époux on rencontre plein d’amants. C’est un peu comme une puberté spirituelle. Et le dernier grand instructeur qui croise ma route – avant de rencontrer Gitta qui, elle, va bouleverser ma vie – s’appelle Josette Martel. C’est une femme magnifique, sur qui je tombe en allant à l’ashram d’Arnaud Desjardins. Et je trouve cette femme tellement pleine des yeux que je cherche ! Cela fait presque dix ou douze ans que je suis sur un chemin spirituel, j’ai lu d’innombrables livres, j’ai même appris le chinois ancien et l’hébreu. Je vais à l’ashram d’Arnaud Desjardins mais, moi, ce n’est pas Arnaud qui me bouleverse, c’est Josette. Parce qu’elle n’a pas lu, parce qu’elle a les yeux d’amour que je cherche, c’est-à-dire qu’elle est « quelque chose » qui est plein d’amour sans avoir étudié. Et je reste scotché par cette femme, et je vais construire Art’As pour qu’elle vienne y faire des activités, pour que les gens puissent la rencontrer.

Art’As est-elle une voie chrétienne, aujourd’hui ?

Art’As est sans aucun doute une voie à filiation chrétienne, puisque Art’As n’est rien d’autre que ma perception de l’enseignement de Gitta et des Dialogues avec l’ange, le terme d’ange appartenant au vocabulaire chrétien et le livre étant lui-même empreint de symboles chrétiens. Je dirais donc qu’Art’As est une perception du monde affiliée à la chrétienté, oui, bien sûr.

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Si tu devais définir ce qu’est une vie juste pour toi, comment le ferais-tu ?

 Une vie juste, c’est chaque instant accueillir l’imparfait que je suis et tenter de dépasser cet imparfait en un imparfait heureux. On ne dépasse pas l’imparfait en devenant parfait. On dépasse l’imparfait en devenant imparfait heureux. Et j’aime beaucoup la manière dont le pape a commencé ses fonctions en disant : « Je suis un pécheur. » Un peu à sa façon je pourrais dire : « Moi, je suis un pratiquant parce que je suis un imparfait chronique. »

Oui, mener une vie juste, pour moi, c’est rencontrer mon imperfection de chaque instant et tenter de la dépasser pour être meilleur. C’est là mon christianisme ordinaire. C’est là ma façon de dire, comme l’a fait le pape : « Je suis un pécheur chronique, et j’ai dans l’instant qui vient à regarder mon imperfection, à essayer de l’aimer pour avoir le droit d’exister imparfait et heureux. » Le dépassement de l’imperfection, c’est l’imperfection heureuse.

TN def

Lire la suite…. Revue Reflets n°8 – rubrique « tradition et spiritualité » pages 64 à 72