CREER DES LIENS – Rencontre avec André Cognard, maître d’Aîkido

 Rencontre avec André COGNARD, maître d’Aïkido

par Christian Roesch

Après notre rencontre, le monde m’est apparu comme un tissage. La chaîne est commencée depuis le début de la terre. La trame se modifie par les actes présents agissant sur  les liens du passé, comme ceux du futur.La toile est constamment changeante. Pourtant si peu qu’elle semblerait figée. Derrière elle, le tapissier. Serai-je un fil ? Est-ce que  ma liberté est simplement de ne pas casser et d’accepter le peigne qui tasse les liens ?

André Cognard invite à voir au-delà du fil, la beauté de la toile.

 2 André Cognard

… deux extraits de l’article :

…Maître Senseï Kobayashi « Si vous voulez savoir si quelqu’un est vraiment votre disciple, ce n’est pas compliqué, vous coupez tous les liens. S’il reste vraiment, c’est votre disciple parce que le lien spirituel, on ne peut pas le couper. »…

La foi est-elle sous-tendue par une tradition?

André Cognard : S’il s’agit de traditions religieuses, non. Pour moi, la spiritualité n’a rien à voir avec la religion. La religion est un moyen de faire entendre à des collectifs, par des collectifs, quelque chose qui tourne autour de « comment être, pour être en lien avec l’esprit, la divinité ». La spiritualité, c’est être en lien avec l’esprit. Il y a un message très simple qui vient du Christ lui-même, qui dit : « L’homme est fils de Dieu ». Si vous êtes fils de, il suffit de reconnaître votre père pour que le lien existe. Il n’y a pas besoin d’un intermédiaire….

 3 le vrai budo est compassionnel

pour lire la totalité de l’article : Revue Reflets n°7 pages 64 à 72 – Rubrique tradition et spiritualité

CONSTRUIRE LE COUPLE – Père Denis SONET

Le père Denis Sonet nous a reçus dans son modeste appartement où trônent des piles de livres et des cartons remplis de DVD dont il est l’auteur. A 86 ans, le père Denis SONET est un  homme qui  reste un passionné, tourné totalement vers les autres et plus particulièrement vers les couples. Sa vocation au service de la famille, il la doit à quelques couples de sa paroisse, issus de la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne), qui lui ont jadis demandé aide. Il met actuellement tranquillement en place sa relève afin que tout ce travail, cette pédagogie pour les couples, accumulée depuis de nombreuses années, ne se perde pas et surtout, dit-il, « s’amplifie encore ». Combien de couples à la dérive n’a-t-il pas  réconciliés depuis tant d’années !

Portraits FC PERE DENIS SONNET

Pourriez-vous développer les 4 piliers du couple auxquels vous faites souvent référence ?

Ce sont les piliers de toute une construction à réaliser, le couple conjugal. Une construction aux exigences semblables à celles que demande la construction d’un chalet de montagne. Le chalet de l’amour, ce n’est pas du  » tout-fait  », du clefs en main. Il est à faire.

Mise en page 1

Il faut d’abord faire des plans ; faire son plan de vol ! Certains couples se marient parce qu’ils s’aiment, mais sans projet commun. Mariés, ils s’apercevront alors qu’ils ont des idées différentes sur l’argent, les enfants, l’ouverture du foyer, parce qu’ils n’ont pas jugé bon d’en parler auparavant.

 Pour faire un chalet, il faut aussi voir un notaire et un bailleur de fonds : s’engager pour la totalité de l’œuvre. Pas question de dire : faisons la cave, on verra ensuite si on poursuit le travail. Il faut le crier : il n’y a pas de couple sans engagement !

 Pour  faire un chalet, il faut ensuite  un terrain. Dans le cas de l’amour, ce terrain existe, c’est celui des parents. Mais il importe de le viabiliser. Viabiliser le terrain des parents, c’est garder ce qui nous a paru bon, et laisser de côté ce qui a pu nous faire souffrir pour ne pas le projeter sur nos enfants.

 Il faut maintenant faire les fondations. Les fondations, le socle du chalet de l’amour, c’est l’amour de soi, car si on ne s’aime pas, on ne peut pas aimer l’autre! C’est sur ce socle que l’on va bâtir les quatre piliers du couple !

Le premier, très important, c’est la communication. Elle jaillit du manque : l’enfant a parlé la première fois quand il a eu besoin : «  maman, j’ai faim ! ». Le conjoint qui ne partage pas, c’est celui qui vit dans sa bulle, en autosatisfaction. Mais, attention ! La communication, ce n’est pas une discussion théorique, spéculative sur la crise financière ou l’Afghanistan ! C’est l’expression d’un ressenti.  Quand vous lisez ces lignes, vous éprouvez scepticisme, intérêt, culpabilité, espérance, tendresse… Si vous ne pouvez pas mettre un mot sur ces sentiments, que pouvez-vous dire d’intéressant  à l’autre ? Les préparations au mariage ne donnent pas une formation satisfaisante à cette vraie communication.

 Le deuxième pilier, c’est la tendresse. Les gens, dans l’ensemble, sont gentils ! Mais à quoi sert cette gentillesse si elle n’est pas exprimée ?…

Pour lire la suite…. Revue Reflets n°7 pages 32 à 35

ETRE VIVANT AVANT TOUT Interview Bernard CAMPAN

Bernard Campan nous a reçus chez lui ; signe rare de simplicité, de transparence. Ce fut le tempo de la rencontre. C’était une première pour lui de se livrer sur sa foi, sur sa manière de la vivre. Il nous a confié : « Ce que je dis là, je le confie rarement. Je suis déjà content de pouvoir parler de la spiritualité telle que je la pratique. C’est quelque chose que je suis heureux de partager ».

CAMPAN def

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Arnaud Desjardins ?

Ma première rencontre avec Arnaud Desjardins s’est faite à travers ses livres. Son enseignement m’a tout de suite touché au plus profond. A la lecture des premières pages, il m’a montré que j’allais à contresens, que je vivais à contresens de la vie. C’était en 1995. A l’époque il donnait encore quelques conférences ; j’ai assisté  à l’une des dernières probablement. J’étais allé l’écouter avec ma femme, mon beau-frère, des amis. A la fin de la rencontre,  je suis allé le voir. Et là, j’ai senti le chaud et le froid. J’étais évidemment très attiré, mais j’avais très peur d’être rejeté ; j’analysais la moindre de ses paroles. J’étais donc toujours à demi déçu et à demi convaincu. Par exemple, j’étais déçu qu’il me reconnaisse parmi les membres des Inconnus. Comment un sage, un maître spirituel, peut-il s’abaisser à regarder la télévision ? Mes réflexions étaient de cet ordre-là ; c’était ainsi que je recevais les choses. Tout ce qu’il me disait était presque décevant… Pourtant, il y a eu immédiatement une confiance qui ne s’est jamais démentie !

Vous avez suivi sa voie jusqu’à son décès. Comment vivez-vous votre foi ?

C’est un cheminement ; c’est quelque chose de vivant en soi. Je parlerai de l’enseignement et de la pratique plutôt que de la foi. Je ne saurais pas dire exactement ce qu’est la foi. J’ai de plus en plus confiance dans la vie.

…Pour lire la suite de l’article,  Revue Reflets n°8 pages 77 à 81