CINEMA. A VOIR D’URGENCE

 

Maintenant, on va où ?

 

 

Quand à la fin d’un film, les gens ne se lèvent pas avant la fin du générique, qu’ils restent en silence, presque gênés, ne sachant s’il faut applaudir ou rester muet, puis lentement sans bousculade, tour à tour, chacun se lève, le visage transformé….là on est sûr que c’est un bon film !

 

J’avais vécu cela pour « Des hommes et des dieux ». Je l’ai retrouvé à la fin de « Et maintenant, on va où ? »Et maintenant, on va où?

Ce second film de la cinéaste libanaise Nadine LABAKI a remporté le prix du public au Festival International de Toronto.

 

Dans le contexte de la guerre civile au Liban, Nadine LABAKI raconte la détermination des femmes – dont la plupart ont perdu un mari, un père ou un fils – pour que leur village ne s’enflamme pas dans la guerre entre musulmans et chrétiens.

 

Le film raconte avec un mélange de gravité et d’humour, parfois avec la légèreté d’une comédie musicale, tous les stratagèmes des femmes pour que les hommes ne prennent pas les armes les uns contre les autres. Cela va de la confection de gâteaux contenant du haschisch et des somnifères à l’invitation d’une troupe de danseuses de cabaret!

Et plus gravement, une mère n’hésite pas à tirer un coup de fusil sur le pied de son fils pour qu’il ne parte pas se venger car elle vient  de perdre son autre fils !

 

Au-delà du côté anecdotique de ce village,  l’histoire est universelle.

 

Quand les femmes sont capables de donner un tel amour à leurs maris, à leurs fils, elles sont les vraies actrices de la paix. Les femmes donnent vie, et la mort stupide due à des querelles viriles leur est insupportable.

Le ventre des femmes est plus fort que les canons !

 

Ce message mérite d’être entendu…
Ne serait-ce qu’à quelques kilomètres …au-delà de la frontière.

L’humanité est en deuil

Il existe un pays où l’on exécute un condamné à mort, vingt ans après l’avoir jugé. Vingt ans de torture , pour que l’assassin paye à petit feu, car l’exécution rapide ne lui permettrait pas de regretter son forfait.

Vingt ans pour vous faire oublier que vous êtes un homme, pour que vous conveniez que vous êtes une bête (féroce) et que vous devez mourir comme une bête.

Un pays où on emmène la famille de la victime voir l’exécution sans oublier les enfants.

Un pays où on se réjouit que l’assassin soit exécuté. Oeil pour oeil, dent pour dent. C’était un progrès, voici trois mille ans. Il est resté figé dans certaines régions du globe.

Un pays où l’important c’est que la justice soit rendue selon les régles. alors il n’y a rien à redire.

Un pays où les témoins jurent sur la Bible de dire la vérité.

Un pays où l’on juge quelqu’un coupable de meurtre sans preuve formelle , sur la déposition des témoins, où la couleur de la peau contribue à « l’intime conviction »

Un pays où sept témoins sur neuf se rétractant cela ne remet pas en cause le jugement.

Un pays où les témoins peuvent être subornés par la police pour mentir au procès.

Un pays sourd à l’appel des nations , de l’opinion internationale, du pape.

Un pays dont le gouverneur d’un état préfère les statistiques à la justice.

Un pays qui a éxécuté un prisonnier clamant depuis depuis vingt ans son innocence, jusqu’au bout.

Ce pays , ce n’est pas l’Iran des Ayattolahs.

Ce n’est pas la Corée du Nord communiste ou une dictature quelconque.

Ce sont les Etats-Unis d’Amérique, état de Géorgie.

 

TROY DAVIS  a été exécuté ce matin à 5h (heure française)

La Palestine: Une affaire d’état

La Palestine : Une affaire d’état

06/09/2011

A quand un état palestinien ?

Lors de la prochaine assemblée générale de l’ONU, fin septembre, les pays auront à se prononcer sur la proclamation d’un état palestinien.

Il semble que 150 pays environ sur 193 sont prêts à voter pour.

Cependant les pays qui comptent le plus, en particulier ceux qui siègent au Conseil de Sécurité, sont divisés sur la conduite à tenir.

 

Resituons la difficulté :

Un peuple dispersé depuis longtemps qui fut encouragé à s’installer en Palestine après la persécution nazie. Une terre conquise bec et ongles au détriment des autochtones. La menace, l’insécurité ont donné le pouvoir aux « faucons » c’est-à-dire à la manière forte d’asseoir l’état israélien.

 

De l’autre côté, les Palestiniens. Comme dans  toute l’Afrique du Nord, avant les années cinquante  les gens vivaient en bonne entente avec les Juifs jusqu’à la création de l’état israélien. Peu à peu le territoire s’est agrandi de gré ou de force repoussant les Palestiniens , les chassant de leurs maisons, les soumettant au pouvoir israélien, réfugiés dans des camps , des ghettos, à Gaza, privés de liberté.

Ils sont condamnés au harcèlement  pour exister ; payant très cher en vies humaines, en destructions, en représailles les tentatives de desserrer l’étau.

La défiance, la surveillance, la méfiance, la mauvaise foi, la haine sont dans les deux camps.

Pourtant, la guerre est celle des extrémistes dans les deux camps.

Dans les deux camps, de nombreuses personnes souhaiteraient la coopération plutôt que la guerre.

Depuis longtemps, des minorités israéliennes (du MAPAM dès la fin de la guerre de 1967)  préconisent une fédération israélo-palestinienne.

Depuis longtemps, des palestiniens essaient d’entrer en contact avec les israéliens.

Mais pour les durs de Palestine (le Hamas), ce sont des traitres.

Pour les « faucons » israéliens, ce sont des espions.

 

Les attentats, les représailles, les contre-représailles donnent tord aux pacifistes. Et la haine s’amplifie.

 

Mais la situation au proche Orient bouge. Les gens, en particulier les jeunes ont montré qu’ils ne veulent plus des dictatures. Ils veulent la liberté de travailler dignement, d’entreprendre, de vivre à leur guise sans être soumis à la corruption,  à l’arbitraire, aux diktats policiers ou religieux. Ils ont montré qu’ils sont prêts à payer de leur vie pour ça en Lybie, en Syrie ou ailleurs. Est-ce que les jeunes palestiniens ou israéliens veulent autre chose ?

Les gouvernants devraient en prendre la mesure. Les couvercles sur les aspirations légitimes finissent par sauter.

 

Est-ce que « la communauté internationale » va commencer à vraiment chercher une solution ?

Nous pouvons en douter.

Les ministres européens réunis à Sopot en Pologne des 2 et 3 septembre sont restés divisés sur la proclamation de l’état palestinien fin septembre à l’ONU.

Alain Juppé a proposé un compromis qui avait pour but que l’Europe parle d’une seule voix. L’on pourrait en particulier concéder à la Palestine le statut d’Etat observateur aux Nations unies –statut jadis octroyé pendant des décennies à la Suisse avant que celle-ci demande à passer membre de plein exercice. Cela permettrait à la Palestine de participer à toutes les instances de l’ONU y compris probablement de pouvoir se pourvoir devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rejeté la proposition française d’admettre l’Etat de Palestine à l’Onu à titre d’observateur à l’instar du Vatican, rapporte vendredi l’agence palestinienne Maan.

Les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’ils poseraient leur veto au Conseil de sécurité à l’admission pleine et entière d’un État palestinien aux Nations unies.

 

Les Etats-Unis sont pris dans leurs contradictions. Soutien presque inconditionnel à l’état israélien. Soutien aux pays autoritaires arabes et moyens-orientaux pour qu’ils n’attaquent pas Israël.

Ce veto annoncé risque de leur couter cher. A propos de cherté, c’est encore du côté du prix du pétrole que va se jouer la politique. La sagesse indiquerait que la voie pacifique est ouverte. Mais quel poids a-t-elle ?