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L’interdiction du glyphosate et les agriculteurs

L’interdiction du glyphosate et les agriculteurs

Alain Pamart

Le glyphosate est l’herbicide le plus commercialisé mondialement notamment sous l’appellation Roundup. Il présente cette particularité de supprimer toutes les plantes sans distinction, excepté celles spécifiquement ciblées et modifiées génétiquement pour lui résister.
Le glyphosate est utilisé massivement en France (9 000 tonnes par an) depuis de nombreuses années par un grand nombre de gros agriculteurs notamment céréaliers, et aussi en jardinerie mais avec un dosage infiniment plus réduit.
Cet herbicide fait l’objet tous les dix ans d’une licence d’utilisation dans l’Union européenne, laquelle expire en décembre de cette année. Il est à souligner que la décision est sortie de la compétence nationale et pour être applicable sur le territoire français, elle est soumise juridiquement à une résolution de la commission européenne.
À l’intérieur de l’Europe, les positions ne convergent pas totalement. Le gouvernement français, sous la pression du mouvement écologiste, semble désormais marquer une volonté d’initier un non-renouvellement de cette autorisation dans un terme court (3 ans). Devant cette perspective d’interruption du recours au glyphosate, de nombreux gros agriculteurs s’y sont spontanément et farouchement opposés en s’étonnant d’une polémique aussi tardive sur un produit aussi largement et ouvertement utilisé depuis plusieurs décennies. Ces agriculteurs, spécifiquement ceux pratiquant une culture intensive, soulignent avec véhémence que cet herbicide est d’une grande efficacité et donc générateur d’économies répondant ainsi à une saine gestion de leurs exploitations. Ils s’insurgent en conséquence devant une interdiction abrupte sans concertation et sans prise en compte des conséquences auxquelles ils vont se trouver confrontés : actuellement il n’existe pas un produit équivalent et de même performance.
Ils se considèrent devant un diktat des écologistes qui portent des anathèmes sur un produit sur lequel encore à ce jour, selon eux, aucune réelle démonstration de sa nocivité n’a été apportée. Enfin ils se réclament porteurs d’une double mission : maintenir des exploitations rentables et introduire sur les marchés des produits en quantité suffisante et de coût compatible avec le niveau de vie du plus grand nombre de consommateurs.
Ils plaident que ce prix compétitif est largement tributaire de l’utilisation du Roundup qui permet d’opérer une récolte non dégradée et une compression des coûts tant en fournitures qu’en moyens humains.
De l’autre côté de l’échiquier, sous l’impulsion de plus en plus tenace et pressante des écologistes, le glyphosate et son affidé le Roundup sont fortement décriés sur la base d’expertises nombreuses ayant mis en lumière les risques sanitaires considérables que leur utilisation génère.
À l’appui de ces études d’experts, ils ne cessent de mettre en relief l’existence de troubles potentiels majeurs par absorption de substances cancérigènes ou par impact entravant les organes de désintoxication de l’organisme, voire plus grave encore, engendrant des répercussions de type génétique. Ils se réfèrent à un faisceau de présomptions qui ne peuvent être, selon eux, honnêtement réfutées. Ils estiment qu’en découle naturellement et objectivement une simple application de bon sens, le recours au principe de précaution sous la responsabilité des pouvoirs publics.
La connivence de certaines publications issues d’officines dites de protection de l’environnement avec l’industrie agroalimentaire et l’existence de pressions exercées sur des expertises indépendantes ont été largement démontrées. Ajoutons que l’État du Salvador et certains états américains ont abandonné le Roundup pour ses risques potentiels et pour s’affranchir du cycle infernal de dépendance avec les industriels agroalimentaires.

Aujourd’hui, de quoi dispose le grand public pour se forger une opinion solide et éclairée ?

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 26 pages 9 à 11

Engagement citoyen,Ensemble pour un pays de lecteurs

Engagement citoyen
Ensemble pour un pays de lecteurs

Le 12 octobre 2017, sous l’égide du Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, une vaste campagne est lancée : « Ensemble pour un pays de lecteurs ».Symboliquement, elle a été dévoilée à l’Académie française en présence de nombreux écrivains qui se mobilisent  pour améliorer l’apprentissage et la pratique de la lecture après des enfants. L’objectif est de faire lire un million d’enfants.

Derrière cette vaste mobilisation, Alexandre Jardin, fort de l’expérience de son association Lire et faire lire avec ses 18 000 bénévoles ayant déjà aidé 660 000 enfants en difficulté de lecture.

Plan Lecture
Son idée : demander aux écrivains français de jouer le rôle de porte-paroles dans la presse régionale française, elle-même chargée de relayer ce mouvement. En déléguant à l’Éducation nationale, aux enseignants par la voix de leur ministre, aux écrivains, à la presse provinciale, cette responsabilité devient l’affaire de tous. Le but est de constituer une nation de lecteurs, en donnant accès à la lecture, à l’écriture aux 20 % d’enfants qui ne maîtrisent pas la lecture en entrant au collège.
Alexandre Jardin : « Par la lecture, ils accèdent au langage, ce qui est mon obsession. Ils accèdent à leur pleine humanité. Je veux vivre dans un pays de lecteurs. Le pays ne sera pas le même. C’est un travail de longue haleine ; c’est sur des décennies que l’on construit ça. Des gens ont commencé, il y a 17 ans. D’autres après moi poursuivront. Un pays de lecteurs sera complètement différent, le rapport à la violence ne sera pas le même. Nous avons le devoir d’intégrer les enfants qui ne maîtrisent pas l’écrit en entrant au collège. Ils sont déjà socialement, économiquement morts. Il est totalement impossible que le pays l’accepte. Ça me paraît la tâche prioritaire nationale que tout le monde puisse accéder au langage, puisse être employable. C’est la source d’inégalité impossible à corriger derrière.
Nous ne pouvons pas laisser un cinquième de notre pays dans cette souffrance, dans cette humiliation. Ces filles, ces garçons, il faut les sauver. Ce minimum doit être établi, c’est la source de tout. La société doit se mettre à aider le système scolaire pour se sauver elle-même. Nous devons créer une dynamique. La presse régionale va y contribuer. »

50 000 bénévoles à mobiliser
Dans les jours suivants, les 13 et 14 octobre 2017, les quotidiens de province ont publié l’appel. À chaque journal était attribué un écrivain pour parler de ce projet.

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L’objectif, rappelons-le, est de toucher, d’ici quatre ans, un million d’enfants stimulés par 50 000 bénévoles. Le principe est très simple. Partout dans les écoles, chaque adulte, chaque retraité est invité à proposer ses services pour lire des histoires aux enfants et leur donner le goût de la lecture, de l’écrit, socle indispensable à l’intégration et à la réussite sociale.

www.lireetfairelire.org

Pour lire l’article en entier, Reflets n°26 pages 35 à 36

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Rencontre avec Éric JULIEN

Rencontre avec Éric JULIEN
LES INDIENS KOGIS 
et LES PRINCIPES DU VIVANT

ON POURRAIT DIRE QUE LA VIE D’ÉRIC JULIEN A EU DEUX COMMENCEMENTS : À SA NAISSANCE BIEN SÛR, ET PENDANT SON SERVICE MILITAIRE EN COLOMBIE, QUAND, ATTEINT D’UN ŒDÈME PULMONAIRE EN MONTAGNE, IL VIT UNE EXPÉRIENCE FONDATRICE. DEPUIS, IL ŒUVRE POUR FAIRE CONNAÎTRE LA CAUSE DES INDIENS KOGIS D’AMÉRIQUE DU SUD, AU TRAVERS DE L’ONG QU’IL A FONDÉE EN 1997, TCHENDUKUA – ICI ET AILLEURS, SPÉCIALISÉE DANS L’ACCOMPAGNEMENT DES PEUPLES « RACINES », LA PRÉSERVATION / RECONSTITUTION DE LA BIODIVERSITÉ ET LE DIALOGUE ENTRE LES CULTURES.

Pensez-vous que nos sociétés modernes puissent apprendre de ces sociétés traditionnelles ?
Les Kogis, société traditionnelle parmi d’autres, ne vivent pas sur la base de lois édictées par des hommes au service des hommes et qui changent quand cela les arrange. Ils vivent en respectant les principes du vivant, qui nous traversent et nous agissent. Ces principes-là sont universels. La difficulté essentielle de ces principes est qu’ils sont parfois difficiles à percevoir, donnant l’illusion qu’ils n’existent pas. Pour les Kogis, le monde tel que nous le voyons est le reflet de principes invisibles, qui fondent les choses et les phénomènes. Quels sont ces principes ? Comment les respecter afin de vivre en harmonie, en accord avec la nature ? Tel est l’objet essentiel de l’enseignement et de l’existence des Kogis. Une façon d’appréhender le monde que l’on retrouve dans nombre de traditions. Quand vous commencez à explorer cet univers, celui de la vie qui vous traverse, de laquelle nous sommes issus, vers laquelle nous retournons à notre mort, nos systèmes classiques de représentation, issus d’une vision du monde extrêmement réductrice, volent en éclat.
Cela questionne cet étrange courant de pensée qui prône l’idée d’un homme augmenté comme moyen de démultiplier nos potentiels. Comment prendre au sérieux des recherches, un discours qui se développent hors du vivant, de la vie et de l’humilité ? Cela ferait presque sourire, si ce n’était pas si dramatique.
Nous sommes à une époque historique où aucun de nos outils, de nos concepts intellectuels ne nous préparent à faire face à ce qui va advenir. Dans ce contexte, au regard de ces enjeux, ces sociétés traditionnelles ayant gardé un lien fort au vivant peuvent nous aider à renouveler notre pensée, décoloniser nos imaginaires, afin d’accueillir le « non encore advenu » dont nous avons aujourd’hui le plus grand besoin. Aurons-nous l’humilité suffisante pour engager un dialogue ? Pourtant il y a urgence.

Ce sont les enfants qui élaborent le cadre et qui en sont les garants.
Les deux questions « comment je sais ce que je sais ? » et « comment faire société ? », que nous pourrons explorer à travers ce dialogue, sont des questions universelles qui se sont toujours posées aux humains. Ce qui varie, c’est l’imaginaire que nous sommes capables de développer pour y répondre. En ce sens, les sociétés « racines » dont font partie les Kogis peuvent nous aider à renouveler notre pensée. Il nous faut inventer une alternative « vivante » entre le communisme qui a échoué et le capitalisme qui nous mène à notre perte.

Parlez-nous de l’école pratique de la Nature et des Savoirs que vous avez créée dans la Drôme. L’école est venue d’un besoin profond, vital, que je ressentais, d’élever mes enfants avec la nature. En 2006, dans la Drôme, nous avons acheté un lieu en montagne, puis ouvert des formations pour adultes. En 2010, c’est la création d’une ferme école permacole à 1 000 mètres d’altitude. En 2012, c’est au tour de Caminando, l’école primaire, de voir le jour. Puis en 2015, Naturilys, l’école de naturopathie. L’élément clé qui traverse ces chantiers est l’expérience des neuf principes du vivant, présents en nous, mais qu’il faut « réveiller ». Un peu comme les cellules imaginales, présentes dans le corps de la chenille, qu’il faut réactiver pour permettre la métamorphose en papillon. La terre enseigne, tout y est écrit. Il faut juste savoir se mettre à son écoute.

Dans la classe unique Caminando, comme dans la nature, il y a des règles à respecter. Avec cette différence qu’elles ne sont pas imposées, mais identifiées et portées par les enfants. Au début de l’année, on leur demande ce dont ils auraient besoin pour se sentir bien. Il y a beaucoup de choses dans les réponses. « Je ne voudrais pas qu’on me tire les cheveux, je ne voudrais pas qu’on me tape, je voudrais que l’on m’écoute… » Il s’agit de les amener à prendre doucement conscience de la relation et de l’espace commun dans lequel se déroule l’aventure scolaire. C’est une prise de conscience qu’il y a quelque chose à mettre ensemble pour que l’aventure se passe bien. Ce sont les enfants qui élaborent le cadre et qui en sont les garants. Cela change tout. À partir du moment où il y a un cadre, la confiance peut s’instaurer, et la confiance est la première condition pour s’engager, se mettre en mouvement, se mettre en-vie.

Pour lire l’article en entier Reflets n° 26 pages 21 à 29

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Pepe Imaz Tennis : la foi au service

Pepe Imaz
Tennis : la foi au service

Christian Geniller

Pepe Imaz est un ancien joueur professionnel de tennis espagnol d’une quarantaine d’années. Très jeune, son parcours a été marqué par la mort de son père alcoolique et la rencontre avec la maladie boulimique. Comme tout sportif, il ne pense qu’à gagner et il se rend compte très vite que cela ne le rend pas plus heureux. À l’âge de 25 ans environ, au plus bas physiquement et mentalement, il rencontre une femme libanaise, Siham, qui va l’aider à changer son existence. En 2012, il aide Marko Djokovic, frère du célèbre Novak, à sortir de la dépression. Depuis, à la demande des deux frères, il est présent sur les grands tournois. Le rôle de Pepe est d’être à l’écoute de Novak dans sa vie de tennisman. Novak est en recherche intérieure, il l’accompagne à vivre heureux dans la victoire comme dans la défaite. La vie va proposer à Pepe un rendez-vous important, fonder une école pour jeunes tennismans où le respect, l’acceptation, l’amour pour soi-même seront valorisés : alors que depuis déjà 15 ans Pepe partageait son expérience d’entraîneur avec des joueurs professionnels, l’académie Amor Y Paz Solidaridad (« Amour et Paix Solidarité ») a vu le jour à Marbella, près de Malaga en Espagne, en 2015, grâce à l’aide de l’hôtel-club de tennis de Puente Romano.

5 juin 2017, jour de Pentecôte. Accompagné par une amie parisienne et mon épouse, je suis près de la porte d’Auteuil où se joue en ce moment même le tournoi de tennis Roland-Garros. Novak Djokovic a joué la veille et rejouera le lendemain. Les bras grands ouverts, Pepe nous accueille dans le hall de son hôtel. C’est un partage en espagnol d’une durée de 3 heures et 30 minutes qui nous attend, dans sa petite chambre d’hôtel qu’il a fait aménager avec attention pour l’interview. Nous ressentons de la joie d’être avec lui. Pepe me l’avait dit : « C’est la vie qui organise tout ». Intimidé, je ne sais comment aborder l’interview. Il me revient mon rêve d’enfant, de jouer sur la terre ocre de Roland-Garros. Les sentiments se mélangent et je lui dis : « C’est un article de l’Équipe Magazine qui m’a permis de te connaître. J’ai vu tes vidéos sur Internet et ça m’a touché le coeur, cette façon de parler de l’amour à ces jeunes tennismans ». Pepe m’écoute avec attention. Le début de l’entretien sera ponctué d’un magnifique et long silence au milieu du vacarme parisien. D’emblée, il propose que toutes les questions lui soient posées. « Ce n’est que mon opinion, ce que je vais vous dire », dixit Pepe. Voici ses réponses.

Nous sommes tous des êtres humains un peu perdus
sur le chemin de l’amour

L’être humain est imparfait sinon il ne serait pas là, sur cette terre. Nous posons des étiquettes dans nos vies pour exister. Ce métier est mieux que celui-là, ce garçon est plus beau que celui-là. L’ego nécessite un lieu d’où je peux me situer et j’y crois, je suis ça. Oui, une partie de l’ego est indispensable pour nous protéger, notre être physique en a besoin. Mais il existe un ego malade qui nous éloigne de notre être divin. Nous sommes tous merveilleux mais nous l’avons oublié ». Pepe parle avec une voix douce et calme et même mes accompagnatrices, qui ne parlent pas l’espagnol, sont touchées par les mots. Je me dis que quand les mots sonnent, tout résonne et peu importe la langue.
J’aimerais entendre Pepe nous parler un peu plus de cet être merveilleux qu’est l’humain. Il continue : « Il y a deux émotions « mères », l’amour et la peur. Toutes nos peurs sont à l’origine de nos jugements et provoquent angoisse, nervosité, rage, colère, envie, stress, anxiété. Ce sont nos peurs qui nous font vivre dans l’ego, car dans l’amour, rien n’est effort, tout est respect, acceptation, compassion. Je crois que la grande transformation de notre être demande la transmutation de ces énergies obscures en lumière. La vie m’a mis ici à côté d’un grand joueur de tennis mais partout je peux apprendre, je suis un apprenti, un étudiant de l’amour. Dénudés de notre ego, nous sommes tous égaux, nous sommes ces êtres de vérité. C’est peut-être ce manque d’amour dans l’air de ce monde qui produit les attentats, et quelque part nous sommes collaborateurs de ces actes quand nous nous jugeons, quand nous pensons du mal de nous et des autres. Je peux comprendre ce monde et en tant qu’être humain, j’essaye chaque matin de m’apporter un peu plus d’amour et de me livrer à la journée qui commence. »

La prière, les religions, l’énergie divine d’amour

Je ressens que ses paroles s’inspirent de son vécu. Aussitôt, des commentaires envahissent mes pensées : où j’en suis moi, avec cette expérience d’amour au quotidien ? (comme une mesure sans jugement). Pepe aime se servir d’exemple pour rendre concret ses propos et par moments, il s’anime : « Quand nous avons de la fièvre et que nous sommes malades physiquement, tout le monde comprend qu’on ne peut pas aller travailler. On a besoin de soins. C’est la même chose d’un point de vue énergétique. Si un être est malade dans son ego, comment pourrait-il aimer ? La réalité est : que pouvons-nous faire nous-mêmes pour croître et apporter un peu plus de tendresse chaque jour dans ce monde ? Je sais que c’est difficile mais c’est le chemin. Quand survient un évènement négatif ou une mauvaise pensée, j’ai à transformer cela en amour. »

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 Pour lire l’article en entier Reflets n°25 pages 68 à 73

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L’alchimie d’une danse intérieure

Masculin Féminin

L’alchimie d’une danse intérieure

Par Béatrice Lhétereau

Quelles sont les polarités féminines et masculines ?
Difficile de définir vraiment ce qui est d’ordre féminin ou masculin, car ces deux énergies se mêlent à chaque instant l’une à l’autre et chaque être humain qu’il soit homme ou femme possède ces deux polarités en lui. Ainsi, toute une alchimie œuvre à l’intérieur de nous-mêmes, jour après jour au gré de notre vie et de nos expériences. Ressentir l’unité et la complétude en moi est une quête qui anime mon âme depuis toujours. Cette aspiration guide aussi mon activité d’artiste et d’auteur. Lorsque j’ai commencé la création du jeu Les Noces Originelles, vers l’union de nos énergies féminines et masculines, je sentais quelque chose qui n’était pas juste dans le fait de vouloir définir « ceci est masculin, ceci est féminin », comme si ma pensée créait elle-même une séparation au sein d’une énergie unie, j’avais le sentiment de créer la division en moi. Je ne souhaitais pas, non plus, poser de cadres réducteurs sur la vie et ses belles subtilités. Pourtant, mon quotidien me reflétait, la présence de conflits internes se jouant visiblement entre mon féminin et mon masculin intérieurs.

Peu à peu, la création de ce jeu a pris forme grâce à la guidance de plusieurs archétypes. L’écriture de leurs messages, la peinture de leur « énergie » en lien avec mes propres expériences relationnelles et intérieures ont mis en lumière ces polarités féminines et masculines que nous portons tous en nous. Je peux aujourd’hui ressentir nettement ces deux énergies en moi, parfois elles respirent simplement côte à côte, ou bien elles s’unissent, s’opposent, s’effacent, un autre jour l’une s’endort et l’autre s’active… Pour moi, l’énergie féminine est reliée à la Terre, à l’intériorité, à la sensualité, à l’image du sexe féminin, chaud, doux, humide, mystérieux, secret, intime. Reliée à l’élément eau, elle est aussi l’univers des émotions, des sentiments, elle est la faculté d’accueillir, de s’ouvrir à soi, à l’autre. Le féminin offre au monde la douceur, la compassion, l’ouverture du cœur, la paix, l’amour inconditionnel.

L’énergie masculine est pour moi reliée au Ciel, au monde extérieur, à l’action, à la virilité, l’image du sexe masculin est aussi très représentative de sa nature. Reliée à l’élément feu, elle permet de concrétiser des idées dans le monde matériel, de fixer des limites pour son propre respect et celui de l’autre. Le masculin exprime la force, la fermeté, il soutient les valeurs d’amour et de paix dans les actions concrètes.

Lorsque j’imagine le féminin et le masculin, je perçois une danse incessante au sein de laquelle deux énergies s’unissent pour ne former qu’une seule et même entité, elles jouent ensuite à s’éloigner pour mieux fusionner à nouveau ; à chaque retrouvaille, les couleurs, les formes, les rythmes sont différents, leur beauté est unique à chaque osmose, à chaque communion.

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Pour lire l’article en entier, Reflets n° 25 pages 54 à 56

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La réforme du code du travail

La réforme du code du travail

Maxime Mocquant

Pendant tout l’été, le gouvernement, les syndicats, le patronat et les députés ont débattu de la réforme du Code du travail. Suite à ces négociations, pour accélérer la procédure sans pour autant négliger en amont les discussions sociales, le gouvernement procédera par ordonnances. C’est le 28 décembre 1910 que le premier recueil intitulé Code du travail a été adopté par une loi. Depuis, il n’a cessé de s’enrichir d’articles pour protéger les salariés et faire en sorte que toutes les entreprises se réfèrent à un texte commun. Plus de 3000 pages définissent les relations individuelles et collectives au travail, la durée du temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité sur les lieux de travail, l’emploi, la formation professionnelle, les dispositions particulières à certaines professions ainsi que le contrôle de l’application de la législation du travail.
Dans cette réforme du Code du travail, deux visions s’opposent. Les uns veulent le simplifier et le rendre flexible pour suivre l’évolution des entreprises, au risque de faire régresser les avantages et les sécurités des employés ; les autres ne veulent pas perdre un seul avantage acquis par des années de luttes ouvrières, imposant l’idée que c’est à l’entreprise de s’adapter aux hommes et non le contraire, au risque de bloquer l’emploi et de rester à un niveau de chômage élevé.
Le monde du travail se transforme avec le développement des nouvelles technologies. La durée de vie des produits et des services se raccourcit, les grandes séries n’existent presque plus. On assiste à la création d’entreprises éphémères, viables avec le produit et le service associé. D’un autre côté, certains grands groupes se constituent et affirment leur suprématie en absorbant tous les concurrents qui dépassent une certaine masse critique. Même à l’intérieur de ces grandes structures, le maître mot est le mouvement, l’adaptation à l’évolution du marché. On constate une course effrénée, où celui qui avance moins vite que l’autre est condamné. Ce que vit aujourd’hui l’entreprise rejaillit sur l’humain qui y travaille. Il n’est plus question de s’adapter, mais d’être initiateur du mouvement, du changement, précurseur des tendances du marché et de la manière de le posséder. Il y a donc de plus en plus de personnes restant sur le bord du chemin, à l’arrêt, aigris et se demandant ce qui leur arrive : « Vingt ans que je travaille pour cette société et voilà comment on me remercie ! »
Le déroulement de la vie professionnelle semble s’orienter vers la succession d’emplois différents, entrecoupés de périodes de formation. Bientôt, choisir un travail conforme à ses aspirations ne sera plus possible, la seule option restante sera de répondre au besoin du moment. Pour cela, nous devrons continuellement nous former, nous adapter à la demande. Ce qui est vrai pour le type de travail, le sera aussi pour l’endroit où nous travaillerons. Déjà, beaucoup de personnes ne sont plus employées sur le site de l’entreprise, mais à domicile, d’autres sont obligées de quitter leur maison, leurs relations sociales, pour un autre lieu. Au regard de tout cela, beaucoup d’éléments sont réunis pour une confrontation entre les deux visions de la réforme du Code du travail. L’automne sera décisif, les opposants ont déjà prévenu que des mouvements sociaux seront organisés pour défendre les acquis. De l’autre côté, le gouvernement et les défenseurs des entreprises veulent aller vite, convaincus qu’en libérant les entreprises de certaines contraintes le chômage diminuera rapidement. Ils savent qu’ils seront jugés à la fin de leur mandat sur les chiffres du chômage.
Les tensions se crispent sur la perte d’une fonction, d’un acquis social. La réaction coutumière est tout d’abord le refus de ce qui évolue. Puis vient la révolte, la confrontation. Si rien ne fonctionne, intervient alors le marchandage, donnant donnant : la formation contre le respect de l’acquis. Cela donne un peu de répit, mais ne change rien au fond. La formation telle qu’elle est proposée aujourd’hui apprend seulement à faire différemment ou à exercer un autre métier. Les pertes et changements à venir seront tout aussi pénibles à accepter qu’aujourd’hui. En revanche, en apprenant à bien vivre les changements professionnels quels qu’ils soient, nous changerions notre vision.

( …)

Pour lire l’article en entier Reflets n° 25 pages 6 à 7

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